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Discours sur l’état de la nation : Justice‚ la grande oubliée

Comment se porte la Justice béninoise ? Ne consultez pas le discours sur l’état de la nation. Nulle part on n’y trouve une réponse.

Dans la population‚ les qualificatifs fourmillent‚ souvent péjoratifs. La justice béninoise serait tout sauf impartiale et indépendante. Mais qu’en pense Patrice Talon ? L’homme a fait économie de sa parole ce jeudi à Porto-Novo. Le chef de l’État qui égrène son second mandat‚ a démenti tous les pronostics en n’éludant ce secteur sensible dans son discours. Plus préoccupé par les défis sécuritaire et sanitaire‚ il n’a pas fait allusion à la maison Justice qui a pourtant été au devant de l’actualité ces derniers mois. Notamment avec les procès de Joël Aïvo condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme et Reckya Madougou‚ qui a écopé quant à elle de 20 ans de réclusion devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

Le sort de ces deux figures de l’opposition illustre‚ de l’avis des opposants d’ici et de la diaspora et bien d’autres voix‚ que la Justice béninoise est prise en otage par le pouvoir qui s’en sert pour broyer des voix discordantes.

Le silence de Patrice Talon sur ces observations graves peut s’analyser ainsi : chacun est libre de lire la Justice béninoise comme il voudra ; le gouvernement lui réitère sa foi en une Justice indépendante et assiste‚ tranquille‚ à l’assimilation facile de la culture de la responsabilité à l’instauration de la terreur.

Peut-être que son silence préfigure un salut -la grâce présidentielle- pour ces deux figures et leurs coaccusés condamnés à de lourdes peines.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

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