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Dossier ”Arrestation Madougou” : Ethique politique en lambeaux

Élimination d’une autorité influente de la ville de Parakou pour semer la terreur et faire suspendre le processus électoral en cours. Ces révélations du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) dans le dossier “arrestation de Madougou” sont d’une extrême gravité. Ce plan machiavélique et criminel montre la perte d’éthique de leurs auteurs. Inédit dans un Bénin qui a su toujours vaincre élégamment toute fatalité. Une sanction exemplaire à l’encontre des concernés ne serait qu’une juste éducation du reste.

Tuer ou projeter de tuer parce qu’on a été recalé par la Cena, n’est pas assez déterminant. Le Bénin a besoin de paix et cultive la paix. Tous les combats politiques y ont toujours été menés à l’aune des lois devant les juridictions compétentes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le pays de Gbêhinanzin, de Bio Guéra, du Mgr Isidore de Souza et de Mathieu Kérékou organise une présidentielle. Et ce n’est guère nouveau  que des aspirants à La Marina ont été également recalés sur la base des textes par l’institution en charge de l’organisation des élections. Même à un pas de l’abîme le pays s’est toujours retrouvé miraculeusement à la droite du salut. A l’exemple du fameux K.O historique de 2011 qui a vu Boni Yayi briguer un second mandat. Le perdant, du moins aux yeux de la Cour constitutionnelle, Adrien Houngbédji tout en criant au vol de sa victoire, n’était jamais allé à l’extrême. Il n’a même pas appelé ses militants au désordre. Bien au contraire, c’est à la paix qu’il a étonnamment exhorté.

Même s’il n’a jamais connu la guerre ou du moins une crise électorale, le Bénin a-t-il besoin d’en faire l’expérience avant de savoir qu’elle est amère ? Non. Les cas de la Côte d’Ivoire, du Togo, …l’édifient amplement. Sommes-nous devenus au Bénin subitement insensibles au sort des femmes enceintes, des personnes porteuses de handicap, des enfants, des malades …? Depuis quand mettons-nous nos intérêts égoïstes au-dessus de la stabilité de tout un peuple au point d’invoquer sans vergogne et sans scrupules le pire ?

Le Bénin doit poursuivre et maintenir sa tradition de paix et régler ses différends devant les tribunaux. Engager les procédures. Savoir se plier en cas d’échec. L’amour de la patrie qu’on rêve de présider se définit aussi ainsi. En ce sens, Reckya Madougou et ses acolytes ont manqué d’humilité après avoir perdu de façon publique et contradictoire devant la haute juridiction. Nourrir alors des actes de terrorisme comme dernière solution est d’une lâcheté dégoûtante. Attention ! La paix, condition sine qua none au développement, n’est pas un vain mot mais un comportement.

Par Sènankpon DOSSOU

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