Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Dr Alamou Gado à propos du cancer du sang : « La guérison totale sans risque peut exister, mais… » 

Dr Alamou Gado à propos du cancer du sang : « La guérison totale sans risque peut exister, mais… » 

Le cancer du sang est une maladie qui soulève beaucoup d’inquiétudes. La guérison totale dépend de certains facteurs, apprend Alamou Gado. Le docteur en médecine décline les facteurs de risque, les symptômes et parle des types de traitements disponibles.

Propos recueillis par Catherine NOUMAVO (Stag.)

Bénin intelligent : C’est quoi le cancer du sang ?

Dr Alamou Gado : Il s’agit d’une maladie provoquée par la transformation anormale des cellules qui échappe au contrôle de l’organisme et prolifèrent de façon excessive en empêchant le bon fonctionnement de l’organisme ou de l’organe dans lequel se déroule ce phénomène.
En rappel, il faudrait savoir que le sang contient un certain nombre de cellules comme les globules rouges, les globules blancs, les plaquettes. Toutes ces cellules peuvent donc connaitre une transformation anormale conduisant à un cancer du sang. Il faut préciser que chaque cellule sanguine donne un type de cancer donné.

Comment peut-on développer un cancer du sang ?

Le cancer n’est pas comme les autres maladies qui sont dues à un germe.
Mais Il faudrait souligner que certains cancers sont dus à des germes comme les HPV qui sont incriminés dans le développement du cancer du col de l’utérus chez la femme et le cancer de la gorge.
Mais dans la plupart du temps, c’est un phénomène qui survient pour une raison ou pour une autre, et qui favorise la transformation des cellules que j’ai décrit plus haut.
Rappelons qu’il existe aussi des facteurs de risques c’est à dire des comportements alimentaires, ou des gènes hérités de nos parents qui peuvent augmenter la probabilité de survenue d’un cancer.
Il n’y a pas un germe donné qui peut entrainer le cancer du sang. Certains cancers du sang sont dus à des éléments qui peuvent favoriser leur développement. C’est ce qu’on appelle Facteurs de risques. Mais il faudrait souligner que certaines personnes ne présentent aucun facteur de risques, mais malheureusement développent le cancer, notamment le cancer du sang qui nous intéresse.

Quels sont ces facteurs de risque du cancer du sang ?

Parmi les facteurs de risques développés dans la littérature nous avons : le surpoids ; le tabagisme ; certaines maladies génétiques comme le syndrome de Down, le syndrome de Li-Fraumeni, l’anémie de Fanconi, l’ataxie-télangiectasie, le syndrome de Bloom.
L’exposition à certaines substances chimiques ou physiques peuvent augmenter la probabilité de survenue de ce cancer. Il s’agit du benzène, les rayonnements ionisants, les pesticides ; certains virus comme le virus d’Epstein-Barr ou de l’hépatite (C, principalement) ou le HPV ; certains médicaments utilisés pour la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Quels sont les signes ou les symptômes du cancer du sang ?

Nous avons une altération rapide de l’état général et une association de symptômes qui traduit l’incapacité de la moelle osseuse à fabriquer les cellules normales du sang, en raison de la prolifération des cellules sanguines ;
L’anémie qui est la diminution du nombre de globules rouges dans le sang, responsable d’une pâleur des muqueuses, d’un essoufflement, d’une fatigue, d’une accélération du rythme cardiaque… ;
Des saignements de toutes nature notamment au niveau des gencives, du nez, qui s’expliquent par la diminution du taux de plaquettes (thrombopénie) qui sont impliqués dans le phénomène de coagulation, c’est-à-dire empêchent les saignements ou la perte de sang à la suite d’une blessure ;
Parfois ces saignements, peuvent survenir au niveau du cerveau et de l’estomac. Le patient peut présenter des hématomes (bleus) de façon spontanée ;
Les infections à répétition qui s’expliquent par la réduction du nombre de globules blancs matures (leucopénie) chargé de défendre l’organisme contre les germes.
D’autres signes, moins fréquents, peuvent aussi apparaître comme : l’augmentation de la taille des ganglions, l’augmentation de la taille de la rate ou du foie, l’inflammation de la gencive.

Quels sont les traitements sont adaptés au cancer du sang ?

Les traitements du cancer du sang varient en fonction du type de cancer du sang, de son stade d’évolution, de l’âge, et de l’état général du patient.
Ils consistent le plus souvent en une chimiothérapie dont le but est de détruire les cellules anormales et parfois d’une radiothérapie qui utilise les radiations ionisantes pour atteindre les cellules tumorales. Les progrès de la recherche ont permis au cours de ces dernières années de développer des nouveaux médicaments, appelés thérapies ciblées. Il s’agit de traitements qui agissent spécifiquement sur les cellules cancéreuses en les empêchant de se multiplier et en limitant le développement des cellules cancéreuses.

Comment prévenir le cancer du sang ?

Selon la société canadienne de cancer, la prévention du cancer de sang passe essentiellement par l’arrêt du tabac, la lutte contre l’obésité ou le surpoids, éviter de respirer du benzène et du formaldéhyde, éviter d’être en contact pendant une longue période avec le benzène et le formaldéhyde.
La prévention passe souvent par une action sur les facteurs de risques modifiables.

Pensez-vous qu’on peut totalement guérir du cancer du sang ?

Cette question soulève le pronostic des cancers du sang. Il faut rappeler que nous avons trois grandes familles de cancer du sang : les leucémies, caractérisées le plus souvent par la présence de cellules anormales circulant dans le sang ; les myélomes, qui se manifestent notamment par les lésions osseuses, et les lymphomes qui touchent principalement les ganglions.
La guérison totale sans risque peut exister, mais cela dépend du type du cancer, de l’âge de la personne, du type de traitement, de la surveillance par rapport aux traitements et si la personne prend réellement son traitement ou pas. Je vous donne l’exemple d’un catcheur américain atteint de leucémie. Il s’agit de Roman Reigns qui a fait son retour à la division de la WWE quelques mois après l’annonce de sa leucémie, en raison de la rémission de son cancer. Et il continue par catcher comme avant. C’est pour ainsi dire que la guérison est possible.
Mais il faudrait évaluer chez ces patients la survie nette qui représente la probabilité de survivre au cancer en l’absence d’autres causes de décès. Au Canada, selon les statistiques de la société canadienne de cancer, la survie nette après 5 ans pour la Lmc est de 60 %, ce qui signifie qu’environ 60 % des personnes ayant reçu un diagnostic de Lmc survivront au moins 5 ans.

Avez-vous une idée des statistiques des personnes souffrant du cancer du sang au Benin ?

Je ne dispose pas de statistique exacte sur les cancers du sang dans notre pays. Mais il faudrait souligner que chaque année, on assiste à une augmentation des cas de cancer.

 

Laisser un commentaire

Top