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Dr. Flavien Edia Dovonou : « il faut demander à l’Etat central de prendre des arrêtés pour protéger nos cours d’eau et plans d’eau »

La communauté internationale célèbre chaque 22 mars la Journée mondiale de l’eau. A cette occasion, le Dr Flavien Dovonou, spécialiste en management environnemental et qualité des eaux, aborde les difficultés de certaines localités du Bénin dans l’accès à l’eau potable et montre l’importance de la préservation des cours et plans d’eau dans la protection des écosystèmes aquatiques.

Propos recueillis par Sabirath AWO (Stag.)      

 

Bénin Intelligent : Quel est le thème retenu pour la célébration cette année ?

Dr. Flavien Edia Dovonou : Chaque 22 mars nous célébrons la Journée mondiale de l’eau. Le thème retenu cette année, c’est « La valorisation de nos ressources en eaux ».

L’eau c’est la vie, l’eau est indispensable pour l’agriculture, la pêche. Elle intervient aussi dans la production de l’énergie électrique, on parle de l’hydroélectricité.  Aujourd’hui, l’eau sert de voie de navigation, on parle de trafic fluvial. Tous ces services que l’eau nous rend, les valeurs écosystémiques de l’eau très souvent, nous n’arrivons pas à bien les cerner et à bien les exploiter.

Quel est l’état des lieux des ressources en eau au Bénin ?

Pour l’état des lieux, il faut dire que le Bénin est un pays très arrosé. Nous avons les eaux de surface, les plans d’eau et les cours d’eau qui sont bien renouvelés chaque année. Nous avons aussi les eaux souterraines qui sont contenues dans les aquifères c’est-à-dire les formations géologiques qui ont la double propriété de stocker l’eau et de les restituer.

Le problème que nous avons aujourd’hui en matière de l’état des lieux de l’eau c’est l’estimation de la ressource d’eau souterraine. Très souvent, nous n’avons pas les vraies valeurs, les chiffres sur la capacité des gisements que nous avons en matière de ressource en eau souterraine dans notre pays.

Que peut-on retenir en matière de chiffre dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable au Bénin ?

Le taux de desserte en matière d’eau potable en milieu rural au Bénin s’est établi à 70,16 % dans les années 2020 selon nos recherches et entre 63,10% en 2019. Ce bond quantitatif augure de l’atteinte à brève échéance de l’accès universel des populations au liquide vital avec les projets lancés par l’État béninois, dont l’ambition est de donner l’eau potable à toutes les communautés béninoises. Selon le programme Solidarité et eau, il a été prouvé que deux béninois sur cinq ont accès à l’eau portable en milieu rural surtout parce qu’en milieu urbain le problème ne se pose pas avec acuité. Mais il faut dire que tant qu’il reste à faire rien n’est encore fait. Par exemple les populations du village ‘’houeligaba’’ dans l’arrondissement d’Adja-Ouèrè qui n’ont pas de forage, pas de puits, mais qui boivent de l’eau de ruissellement et de l’eau stagnante au bord des voies. La même est utilisée par les bétails. Nous avons aussi les populations de Ganvié dans la commune de Sô-ava qui ont de l’eau, mais qui n’ont pas de l’eau potable parce que l’eau qu’ils boivent est issue des forages qui ne sont pas assez profond. On dit aujourd’hui qu’il faudrait environ 70 forages afin de les mettre à l’aise. Il y a également les populations de l’île d’Agonvè dans l’arrondissement de Kpédékpo dans la commune de Zangnanado où il n’y a qu’un seul forge pour 2000 habitants et ce forage ne capte que la nappe phréatique, qui est une nappe contaminée par l’eau du lac Azili qui les entoure.

Que préconisez-vous pour la sauvegarde des écosystèmes aquatiques ?

L’eau c’est la vie. Les écosystèmes aquatiques sont des endroits où la biodiversité est très élevée, et qui disposent de sources de protéine animale que sont les poissons, les crabes, les crevettes, les huitres. Lorsque ces écosystèmes sont transformés en poubelle, en y jetant des déchets solides comme liquides, des polluants chimiques, des matières organiques c’est contaminer les espèces animales qu’ils comportent et  qui constituent une source de protéine indispensable pour notre croissance et notre développement. Aussi il faut demander à l’Etat central de prendre des arrêtés pour protéger nos cours d’eau et plans d’eau en délimitant des périmètres de protection parce qu’ils sont agressés par les hommes.

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