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Droits humains lors des législatives de 2023 : L’Ong Changement social Bénin livre les résultats de son monitoring

Droits humains - législatives 2023

Une « logistique électorale défaillante », l’« utilisation d’espaces privés inappropriés », « une logistique et une ergonomie électorales inadaptées » aux personnes en situation de handicap… L’Ong Changement social Bénin a dévoilé à son siège, lundi 9 janvier 2023 à Womey dans la commune d’Abomey-Calavi, les résultats de son monitoring ciblé sur les droits humains lors du scrutin du dimanche 8 janvier dernier. La déclaration de presse a été lue par Gilbert Kingbè, responsable du programme “Élection et Démocratie”.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

En matière de droits humains, il y a à dire sur la tenue des élections législatives du dimanche 8 janvier 2023. L’Ong Changement social Bénin a observé, par l’entremise de ses quatre-vingt-cinq (85) points focaux ès qualité moniteurs /trices droits humains déployé.es sur le terrain, des faits et gestes contraires à six (06) principes structurants les droits subjectifs électoraux convenus et consacrés aussi bien dans les conventions internationales ratifiées par le Bénin que dans la Constitution béninoise.

Ce sont les principes de liberté de choix, d’égalité et non-discrimination, de transparence, le suffrage universel, la liberté de mouvement et l’égalité de tous devant le suffrage. En la matière, les moniteurs (trices) de l’Ong ont rapporté- en fin de journée électorale- trois cent cinquante-quatre (354) situations particulières concernant cinquante-deux (52) communes.

Logistique électorale défaillante

Premièrement, l’Ong assure que la liberté de choix des citoyens a été entravée par « une logistique électorale défaillante » et l’utilisation d’espaces privés inappropriés ». Autrement, sur l’ensemble des 77 communes, le vote ne s’est pas toujours déroulé « dans un lieu public pour davantage garantir l’expression du choix dans un espace neutre sans influence de convictions religieuses, politiques ».

Tel est le cas du Poste de vote (Pv) 2 à Gbanin/Gogounou installé devant une boucherie ouverte ou encore soit dans un lieu de culte comme à la place publique Zangbeto vali de Porto-Novo précisément à Dowa Dèdomè. Dans le département de l’Atlantique, précisément à Sèhouè dans la commune de Toffo, deux (02) postes de vote ont été installés dans la cour d’une église (Hangar face église catholique de Gueme), selon la déclaration de presse.

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L’Ong Changement social Bénin va plus loin et rapporte des cas, par endroit,  d’ « une logistique électorale au rabais » avec le manque d’isoloirs appropriés pour garantir le secret du vote comme au PV2 de l’Epp Kaobagou à Kérou. Pire, même des postes de vote étaient sans isoloir comme au PV3 Demanou, PV 2 Epp Yadikparou Groupe B à Banikoara, au Pv2 École publique Sntn à Parakou, et au Pv2 Epp Thio à Glazoué. « Dans certains cas, des isoloirs ont été réalisés avec des tables bancs des écoliers ou du matériel de fortune ne garantissant pas le secret du vote comme c’était le cas à Glazoué (Pv5 Epp Akitigbo) ou à Boukoumbé (Pv2 Epp Kounadogou) », assure l’organisation de la société civile.

« les handicapés visuels n’ont pas droit de vote »

Secundo, les personnes porteuses de handicap, à en croire Changement social Bénin ont souffert le martyre pour exprimer leurs voix. Face aux difficultés des personnes handicapées moteurs, par exemple, l’accompagnement professionnel des agents électoraux a fait défaut. Ceux-ci « sont restés passifs ». Ce problème s’est posé entre autres au PV01 de l’Epp Podji Ague (Sèmè kpodji) ; Pv1 Epp Bakabaka (Bassila), Pv3 à l’Epp Sinaourarou (Pehunco), Pv2 Epp Alekpare G/A Madina et Pv1 Ceg 3 à Kandi ; Pv1 Chèdè Tofo (Adja-Ouèrè), à Ouidah et à bien d’autres endroits. Lesdits « agents électoraux ont professionnellement fait preuve de discrimination vis-à-vis des personnes handicapées moteur adaptant la logistique et l’ergonomie électorale par endroit à l’électeur handicapé et par endroit observant passivement ce dernier incapable de surmonter les difficultés physiques ». Ainsi, des mandataires de partis politiques ont dû leur témoigner leur bienveillance sans « manqué de paraître suspects dans cet élan d’humanité ».

Quant aux handicapés visuels, « un citoyen aveugle s’est vu tout simplement incapable d’accomplir son devoir citoyen face à la passivité des agents électoraux qui s’en expliquent comme suit : « D’après la formation reçue, les handicapés visuels n’ont pas droit de vote. Ils sont venus … on leur a interdit de voter…ils n’ont pas droit de voter…Nous avons reçu ici une personne qui n’a pas voté ». Gilbert Kingbè cite là un agent du PV1 de l’Epp Dokon à Abomey, dans l’arrondissement d’Abokpa.

La troisième et dernière irrégularité liée au scrutin du 8 janvier, notée par l’Ong Changement social Bénin touche à la transparence et l’égalité de tous devant le suffrage.

« Au poste de vote 3 à Natitingou, collège Sion l’urne a été scellée avec du fil électrique. A Glazoué après le passage au poste de vote 2 (EPP Orokoto) d’un quidam identifié superviseur sans autres formes de précision, il a été permis à des votants détenteurs de Cip –certificat d’identification personnel- de personnes supposées empêchées, de pouvoir voter pour ces dernières. Toutes choses ne répondant pas des exigences légales du vote par procuration. Il eut fallu le rappel par notre observateur des exigences de l’article 78 et suivant du code électoral aux agents en poste afin que la pratique soit arrêtée du moment de sa présence », a détaillé Gilbert Kingbè.

L’Ong se félicite tout de même que « Dans l’ensemble, l’interaction efficace de nos superviseurs répartis dans les départements avec les agents de la police républicaine a permis des réponses rapides pour les alertes reçues des moniteurs relativement à la sécurité des personnes et des biens pour les cas signalés ».

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Ces faits « ressortent …les principaux défis à relever de façon structurée les années à venir dans la perspective du prochain cycle électoral », conclut l’Ong Changement social Bénin, point focal de la Coalition pour une Cour africaine efficace et Observateur accrédité auprès de la Commission africaine des Droits de l’Homme (Cadh).

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