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Échec de l’élection du maire de Sakété : Le triomphe de l’orgueil et de la division

Les nouveaux conseillers élus de la commune de Sakété ont été installés le vendredi 29 mai. La prochaine étape, l’élection du maire, ses adjoints et les Chefs d’arrondissement n’a pu être effective faute de consensus et de discrimination ethnique.

Par Raymond FALADE

La commune de Sakété compte 25 conseillers au total. À l’issue des élections communales du dimanche 17 mai dernier, le parti Union progressiste (Up) est sorti majoritaire et & donc droit à 14 sièges contre 11 pour le Bloc républicain (Br). Ce qui permet d’office à l’Up de proposer le candidat au poste de maire. Lors de l’élection du vendredi 29 MAI, un jeune de Takon (il serait le plus jeunes des conseillers élus) a été proposé pour être le prochain maire de Sakété. À l’issue du vote, 20 conseillers ont voté contre et 5 pour. Après la suspension de la séance pour 15 minutes par le préfet, l’élection a été reportée.

La question que beaucoup se posent est de savoir comment les conseillers peuvent-ils choisir un candidat au poste de maire et manquer encore de lui accorder leurs voix au moment opportun ? Des sources renseignent que le candidat présenté leur serait imposé par certains responsables du parti Up dans le département du plateau qui se disent proches du président Talon. Du coup, le candidat n’a pas recueilli un consensus au sein de sa famille politique dans la commune. Pourtant, c’est la population qui élit les conseillers qui, à leur tour élisent le maire et autres. « Mais chez nous, il faut imposer quand bien même on ne connait pas la réalité du terrain », critique un jeune de la commune. Et de poursuivre qu’autant nommer directement le maire au lieu d’appeler les populations aux urnes pour leur imposer finalement celui qu’ils veulent ; sinon lorsque le maire est mal élu, c’est le développement qui prend un coup.

L’effet division

La cérémonie d’installation des conseillers a drainé du monde à la mairie de Sakété. Tous voulaient être témoin oculaire de la séance. Les populations de Sakété centre (arrondissement 1 et 2) ont battu le record de la mobilisation.

Après l’échec du jeune candidat natif de Takon, l’un des arrondissements de la commune, des chants hostiles et des expressions de haine ont éclaté. Les vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent des populations très en colère, avec des branchages d’arbre en mains. « Takon veut prendre le pouvoir, ce jour n’arrivera pas. On ne veut pas élire un …(telle ethnie) », chantaient-elles. La commune est en effet peuplée de Nago, Goun, Fon…

Dans un micro trottoir réalisé par un média en ligne à Sakété à propos de cette élection, on peut entendre des phrases suivantes. ‹‹ On ne veut pas amener notre mairie à Takon. Nous voulons quelqu’un de chez nous ici. C’est à cause de lui que nous avons voté ››. Des éléments qui montrent que Sakété est divisé il y a longtemps. Et nombreux sont-ils, à concevoir la mairie comme un patrimoine exclusif de Sakété centre. Grande ignorance ! La commune de Sakété compte 6 arrondissements : Ita-Dèbou, Takon, Yoko, Aguidi et Sakété 1 et 2. Par conséquent, le maire de Sakété peut provenir de l’un de ces arrondissements. Mais certains pensent à tort que la mairie leur appartient. Car les impôts collectés au marché de Takon ou de Ita-Dèbou, les palmeraies d’Aguidi, les recettes en provenance de Yoko font partie des richesses de tout Sakété.

L’heure de la repentance

De l’imbroglio dans l’élection du nouveau maire à la division évidente au sein de des populations, Sakété a besoin de se repentir et de s’unir. Un impératif qui exige que le prochain édile soit un rassembleur. Son premier défi doit être celui de réunifier les filles et fils de tous les arrondissements de Sakété sans distinction aucune pour le bonheur de tous et pour hisser cette commune au rang des grandes communes du Bénin. Rien de bon ne se fait dans la division.

 

One thought on “Échec de l’élection du maire de Sakété : Le triomphe de l’orgueil et de la division

  1. 👉 *Et si sakété refusait de se développer*

    Il pourrait laissé le poste du Maire vacant et demandé aux conseillers élus dans chaque arrondissement de gérer son arrondissement.
    Les élus de Takon pourront gérés les impôts de leur marché.
    Ita-djebou, fera de même pour le marché *ôbada*.
    Sakété 1&2 pourront également s’occupés de leurs rivières respectives ( *déguê-tôkpa* et *odo-ôba*).
    Aguidi gardera ses palmeraies et Yoko leurs recettes.
    Vous n’êtes pas sans savoir que Sakété compte 6 arrondissements à savoir: Ita-Dèbou, Takon, Yoko, Aguidi et Sakété 1 et 2.
    Retenez aussi que :
    Takon a fait 12 ans à l’Assemblée nationale.
    Yoko dira quoi: juste 4 ans passé à la mairie de sakété.?
    Et si Aguidi se levait ?
    Sakété 2 ne va pas se calmer puisque Sakété 1 n’est pas encore rassasié.
    Dites moi, Ita djebou, n’a pas faim ou soif ?

    👉 *Une nomination échoué* ou *une imposition déjouée*???

    Lorsque les règles élémentaires de la démocratie sont méprisées on ne peut qu’assister à de pareilles situation. Pour éviter ces genres de situation dans un parti politique il suffit de procéder à des élections primaires qui permettent de dégager un candidat de concensus. Mais chose faite, sans consensus bien sûr, Mr Nestor a réuni 5 voix sur les 25 conseillers. Ce qui veut dire qu’il n’a pas été désigné à l’unanimité de la majorité. J’ai l’impression que c’est une imposition depuis un haut qui n’a pas de début. Si tel n’était pas le cas, le préfet pourrait demandé d’autres propositions au lieu de procéder à un report car l’article 189 du code électoral en son alinéa 2 dit:
    *Le candidat aux fonctions de maire ou d’adjoint au maire est présenté par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers.* Et à l’article 190 de bien préciser : *Pour chacune de ces fonctions, en cas d’absence de majorité absolue lors du premier tour de scrutin, il est procédé, en cas d’égalité de voix, à autant de tours qu’il sera nécessaire pour que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés soit déclaré élu.*
    Mais puisque la politique politicienne continue toujours de nous gouverner,je les trouve raison.

    _Boniface B. AMANDO._

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