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Edmond Houinton, Ddestfp Atlantique : « Il y a lieu de créer une école pour les handicapés sensibles »

La question de l’éducation inclusive préoccupe tous les acteurs de la société. Au Bénin, les pouvoirs publics avec l’aide de leurs partenaires ne cessent de mener des actions pour une éducation de qualité à chaque enfant quelle que soit sa situation. Malgré ces efforts, des difficultés subsistent au regard de certains types de handicap considérés comme les plus sévères. Une situation qui amène parfois l’opinion, surtout les associations et organisations de défense des droits de personnes handicapées, à crier à la discrimination. Mais, tel n’est pas cas, rejette le Directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle (Ddestfp) Atlantique. Dr Edmond Houinton apprécie la situation des personnes atteintes d’albinisme‚ les amblyopes à l’école béninoise. Il expose dans cet entretien les actions menées par l’État béninois en faveur de l’éducation inclusive et évoque également les difficultés et fait des propositions pour une éducation véritablement inclusive.

Propos recueillis par Raymond FALADE

Bénin Intelligent : Aujourd’hui au Bénin, l’éducation est-elle accessible aux apprenants vivants avec un handicap ?

Dr Edmond Houinton : Oui. L’État béninois a ratifié tous les accords de l’Unesco. L’État béninois depuis des lustres a démontré que tous les citoyens béninois doivent aller à l’école à travers d’abord la Constitution, l’éducation pour tous. L’Unicef, les Ong internationales et autres ont pu demander à nos États africains et au Bénin de tout faire pour que l’éducation pour tous soit une réalité. Et vous savez que les personnes handicapées font partie intégrante de notre système, c’est-à-dire des acteurs du système éducatif. Et vous avez vu beaucoup d’écoles aujourd’hui réservées à ces personnes. Même dans l’école publique ou dans l’enseignement général comme dans le technique, vous voyez des personnes portant un handicap. Donc, notre État accepte bel et bien les handicapés.

Comment l’État soutient-il ces personnes vulnérables ?

Écoutez, les handicapés comme je le disais tout à l’heure, font partie intégrante de notre système. Et comme tous les accords ratifiés, il y a un prisme au niveau des handicapés. Comme le stipulent les articles de la Constitution, les handicapés doivent faire l’objet d’un regard particulier au niveau de l’État. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. Vous devez avoir constaté que les handicapés, lorsque l’on construit, on fait leur rampe. Par exemple, les handicapés moteurs, les handicapés visuels, etc. Il y a plusieurs possibilités qui leurs sont offertes. Et il y a plusieurs offres qui leurs sont faits. L’État béninois demande aussi des aides étrangères et vous constatez que beaucoup d’Ong militent dans ce sens. Beaucoup d’Ong viennent à nous ici au département de l’Atlantique. Nous avons un service social. Et ce service social lutte pour l’amélioration des conditions des handicapés.
Et mieux, le ministère des Affaires sociales et de la microfinance œuvre pour que les personnes handicapées ne soient pas du tout négligées. Vous avez vu aussi que si les enfants handicapés doivent être au milieu de leurs camarades non handicapés, vous allez constater qu’il y a toujours une part belle qui leur est faite. Il y a que, ils sont surveillés. Moi je fais cours dans certaines universités privées ici par exemple, où il y a des handicapés. Mais, allez voir comment ils sont bien traités ! Nous constatons que leurs camarades leur donnent d’importance. Ils sont petits oignons parce qu’on sait que ceux-là ne sont pas capables de faire ceci ou cela. Vous allez voir des jeunes filles les prendre pour aller les installer dans leur vélo moteur aménagé. Parmi les enseignants handicapés, c’est la même chose. L’année dernière on a appris qu’un enseignant handicapé n’a pas été retenu pour surveiller à cause de son handicap. Vous avez vu ce qui s’est passé immédiatement ? Voilà.

De nos investigations, il ressort que les enseignants même ne sont pas aguerris pour comprendre‚ assister et adapter leurs cours aux apprenants en situation de handicap. C’est le cas de cet albinos au Ceg La Verdure qui ne voit pas au tableau mais qu’on n’a pas autorisé à s’asseoir devant. On lui a dit de se débrouiller‚ nous a-t-il confié. Aussi un inspecteur s’est opposé au noircissement du tableau en vert alors que c’est pour permettre aux apprenants atteints d’albinisme de voir clairement ce qui est écrit conformément à la recommandation de l’Utss (Under the same sun). Votre réaction ?

C’est vrai, les enseignants n’ont pas été éduqués dans ce sens. Il n’y a pas un cours spécial qu’on fait aux enseignants pour pouvoir prendre en charge les handicapés au milieu de la grande masse. Non ! Mais le bon sens devait aussi guider la raison. Le bon sens devait guider nos comportements. Tout le monde est plus au moins sensible aux handicapés. Surtout lorsqu’on est en milieu scolaire. Les élèves déjà le sont. C’est vrai qu’entre eux, ça bavarde surtout avec les albinos et autres. Mais l’enseignant, lui, sait que forcément, on ne doit pas faire du mal à l’handicapé. Et tout le monde le sait ainsi. Il ne faut pas voir que partout ils seront toujours très bien traités. Il y en a qui ne taille pas d’importance aux handicapés. Est-ce que vous voyez ? Ce sont des brebis galeuses. À la direction départementale Atlantique de l’Enseignement secondaire technique et de la formation professionnelle (Ddesftp), nous faisons un effort pour demander aux chefs d’établissement de tout faire pour que ces personnes, ces apprenants portant un handicap soient plus ou moins bien traités.
Pour ce qui concerne le Ceg La verdure, je connais très bien le cas. Je connais très bien l’élève. Mais, vous savez, c’est des situations qui se passent. Il s’est fait que la classe n’était pas très bien éclairée d’abord. Les professeurs ont toujours demandé que l’apprenant reste devant. Mais lorsqu’il faut aller chercher les tables, parce que nous évoluons en système de salle volante, les premiers sont ceux qui occupent les places et il faut aller chercher soi-même sa table. Vous comprenez très bien que ceux-là qui vont chercher premièrement les tables vont rester devant. C’est quand quelqu’un va dire “ah attention, donnez la place à notre ami !’’ c’est en ce moment-là que l’albinos peut rester devant. Sinon, je ne peux pas aller chercher ma table, revenir et aller m’asseoir derrière. Quand lui va venir, peut-être il va trouver place derrière, c’est à l’enseignant de plaider son cas. Je crois que la directrice a déjà bien réglé ce cas-là et désormais il est toujours devant, il est très bien traité, il est aux petits oignons de tout le monde parce qu’on a compris la situation.
Quant à l’inspecteur, en réalité, il n’avait pas trop tort. Vous savez, la pratique ici c’est d’avoir l’ardoisine noire. Donc, un tableau noir. C’est ce que nous faisons pour la plupart du temps dans nos classes. Vous avez été à l’école et vous avez vu que très souvent, c’est les tableaux noirs. C’est quand on va dans les universités privées, dans certains établissements privés que souvent nous avons l’ardoisine verte. Donc, le tableau vert. Ça c’est la vérité. Si ces établissements sont fixés, on pourra le faire pour l’albinos. Là on saura que dans cette classe va rester l’albinos. Nos classes sont volantes, cela veut dire que c’est là où on trouve une place, c’est là on fait cours. Il va falloir alors mettre l’ardoisine verte sur tous les tableaux. Ce qui revient très cher aux établissements. Ça pompe le budget. Donc, c’est ce qui s’est passé en réalité. Je connais très bien l’Utss. En tout cas, progressivement, ça va rentrer dans les mœurs pour pouvoir permettre aux albinos de suivre les cours ainsi. Il faut aussi créer des écoles où des conditions spéciales seront faites pour ces personnes portant ce handicap. Là, ça va les aider. C’est comme l’école des handicapés d’Akassato. Là-bas, c’est l’État même qui supporte. Il y a des financements extérieurs, il y a les Ong qui viennent et on les aide. C’est la différence.

Est-ce que les mettre ensemble ne retarde pas la transmission du savoir aussi bien chez les handicapés que chez les “normaux” ?

Il faudrait identifier les handicaps. S’il y a des attardés, c’est à dire ceux-là qui sont malades et qui ne peuvent pas vite comprendre ; s’il y a des non-voyants ou des amblyopes ou encore les handicapés moteurs et des gens qui sincèrement sont malades d’une manière ou d’une autre, il faudra faire d’abord cette différence parce que les handicapés moteurs peuvent très bien rester avec la masse. Cela dépend. Mais jamais les non-entendants, ceux-là qui ne voient pas correctement. Ceux-là ne peuvent pas être mis avec les “normaux” parce que comme vous l’avez dit, cela retarderait la transmission du savoir. Car, à tout moment, il demanderait à savoir ou bien même, ils auraient honte de demander. Donc, il faut d’abord souligner les cas avant. Je trouve tout simplement que si le handicap ne donne pas lieu à ce qu’on aille dans des écoles des handicapés, on peut toujours rester dans les masses. Et je le disais tout à l’heure, toutes les constructions des modules de salle de classe aujourd’hui disposent forcément d’une rampe. Par exemple, dans nos établissements ici, vous allez voir que pour les handicapés moteurs, il y a toujours une rampe. C’est comme dans les Église aujourd’hui. On peut aider l’apprenant handicapé à entrer en salle et suivre normalement son cours dans son fauteuil. Ça c’est réel. Ils peuvent rester ensemble. Je m’en vais vous dire que ceux-là sont plus éveillés que ceux que vous nommés les “normaux”. Vous savez, la nature, c’est comme ça. Lorsqu’on perd quelque part, on gagne de l’autre. C’est toujours comme ça. Il y a une compensation. Peut-être c’est à ce niveau qu’eux autres suivent correctement. Vous êtes dans une classe où c’est l’handicapé moteur qui est le premier. Et il est parfois gêné de son handicap et pour cela, il se met réellement au travail. C’est ça. Donc il n’y a pas à faire ceci ou cela part. Tout ce que moi je vais demander, c’est que comme l’État l’a déjà fait pour certains types d’anomalie, et il y a des écoles-types qui sont créées, vous avez vu que ces enfants vont dans ces établissements. Vous allez vous demander peut-être si ces écoles sont accessibles aux pauvres ou si elles sont disponibles dans tous les quartiers ou dans toutes les villes. C’est normal, cela ne peut pas être possible parce qu’on ne trouverait pas assez de gens pour aller dans ces établissements. Et c’est pourquoi ces écoles régionales ou communales ou départementales à des moments donnés les gens envoient leurs enfants de n’importe où pour y rester parce qu’il y a des internats.

Parlons des handicapés visuels, nous avons rencontré quelques non-voyants et malvoyants au Ceg Sègbeya. Ils se sont plaints en dehors des difficultés énumérées plus haut, du manque de documents en écriture braille. Plusieurs ouvrages au programme sont en écriture visuelle, ce qui ne leur permet pas d’étudier ces ouvrages comme leurs camarades voyants alors qu’ils sont soumis lors des devoirs et examens aux mêmes épreuves. Quelle est votre réaction ?

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui se passe au Ceg Sègbèya. Pas du tout. Les parents ne doivent pas mettre ces enfants-là parce que l’écriture du braille n’est pas l’écriture cursive, notre écriture normale. Non ! non et non ! Ils doivent aller dans une autre école où il n’y a pas l’enseignement tel que cela se passe dans les écoles ordinaires. Je l’ai dit un peu plus haut. C’est les écoles spécialisées qui devraient les recevoir. Je n’en dirai pas plus. Ils ne peuvent jamais comprendre. Ça c’est impossible ! Ils seront soumis aux mêmes épreuves. Comment vont-ils écrire ? Ils vont le faire oralement ? Non ! non. Je trouve que ce n’est pas bon. Ce n’est pas du tout bon. On doit revoir la copie.

Faut-il créer des établissements réservés aux apprenants vivant avec un handicap ? En tout cas, les associations de défense des droits des personnes handicapées y voient une forme de discrimination.

Moi je crois qu’il y a lieu de créer une école pour les handicapés sensibles. L’école est faite pour éduquer. L’école est pour un temps. On ne saurait mettre des apprenants portant un handicap sévère, les malvoyants, les amblyopes et autres avec des apprenants “normaux”, jamais. On ne peut pas. Je dis bien on ne peut pas se mettre au même rythme. Les handicapés malvoyants, amblyopes et les autres apprenants “normaux” ne peuvent pas rester ensemble pour étudier parce que les cours c’est pour un temps et l’assimilation ne peut pas être la même. L’écriture n’est pas la même, les conditions d’apprentissage ne peuvent pas être les mêmes. Vous savez que pour certains handicaps, il faut des enseignants spécialisés. Ce n’est pas discriminé. Pas du tout ! Ce n’est pas de la discrimination. Non ! Cela veut dire qu’on va dire que l’école des handicapés d’Akassato, c’est grave on ne doit pas la créer ? Cela veut dire que l’école qui est à Sègbèya, on ne doit pas la créer ? J’ai bien dit aussi que ceux-là qui portent un handicap simple moteur, ceux-là peuvent rester avec la masse. Cela ne gêne pas. Si quelqu’un n’a pas un bras, quelqu’un n’a pas ceci ou bien c’est une malformation des jambes et autres, cela n’empêche pas que les gens soient ensemble pour étudier. Pas du tout. Cela doit même aider l’handicapé et ça doit aussi fait réfléchir celui qui est “normal”. La vie est faite de tout et on doit frotter tout. C’est cela. Un handicapé moteur par exemple peut rester avec les autres. Mais pas un malvoyant, ce n’est pas possible.

Les malvoyants rencontrés ont indiqué également qu’ils n’arrivent pas à s’inscrire dans les séries scientifiques quand bien même ils ont la volonté. Pour cause, il y a trop de schémas dans les matières scientifiques alors qu’eux ne voient pas. Que faire dans ce contexte selon vous ?

Monsieur le journaliste, vous avez vous même parlé des malvoyants. Malvoyants vous avez dit, qui n’arrivent pas à s’inscrire dans les séries scientifiques. Vous savez que c’est très bien difficile également. Malvoyant, il ne peut pas suivre au même rythme que les autres. Regardez tout simplement parmi les élèves, ceux-là qui n’arrivent pas à très bien voir au tableau. Ils ont des problèmes. Et si leurs amis ne les aident pas, ils n’y arrivent pas. Vous comprenez très bien que, il faut des écoles spécialisées pour ces gens. Et vous n’allez pas voir des malvoyants qui sont de grands scientifiques. Mais la pléthore dans les classes aujourd’hui et la densité des programmes, est-ce que le malvoyant quand il sera dans les écoles ou Ceg tels que nous les voyons c’est-à-dire dans les cycles normaux-là, vous pensez qu’il pourra bien suivre ? Il ne pourra pas bien suivre même s’il a la bonne volonté. Il ne pourra pas. Et ne fais pas une série scientifique qui veut mais ceux qui ont la capacité, les compétences. Alors que lorsqu’ils vont dans les écoles spécialisées, on leur dispense les mêmes cours avec beaucoup de souplesse. C’est comme ça. Ils ne peuvent pas faire. Ils ne peuvent pas continuer. C’est pourquoi, beaucoup abandonnent. Les parents qui n’ont pas les moyens pour les mettre dans ces établissements spécialisés là, est-ce qu’on va dire qu’ils n’ont pas les moyens parce que l’école au niveau de ces établissements ce n’est pas cher. C’est parce que peut-être les parents ne sont pas sensibilisés, ils n’ont pas compris, ils ne savent pas. Ceux qui le savent, leurs enfants vont à l’école normalement. Si c’est le cursus normal, c’est-à-dire le Ceg, cycle normal avec des effectifs raisonnables dans certaines classes et qu’on voit que tel a des aptitudes de scientifique et qu’il est malvoyant, ça peut se comprendre. Mais dans la grande masse, ça va être très difficile. Cet handicap va retarder tout le monde et les autres vont commencer à l’insulter. Ce n’est pas qu’il ne peut pas faire les schémas et autres seulement mais il ne peut pas bien voir. C’est pourquoi nous demandons au chef d’établissement aujourd’hui d’éclairer les salles de classe. Mais combien d’établissement sont électrifiés. C’est encore là un autre problème. Et c’est pourquoi, nous remercions le président de la république qui dit aujourd’hui que tous les établissements à commencer par les établissements à second cycle doivent être électrifiés. Il doit avoir de l’eau. Et le chef de l’État met tous les moyens pour que les matières scientifiques soient de mise, aient un autre regain maintenant. Donc c’est pour tout le monde.

Isidore Nonvignon Ahouangbato est un non voyant tardif. La cécité l’a rattrapé alors qu’il était en année de maitrise en Sciences économiques et de gestion à l’Université d’Abomey-Calavi. Il a été admis au Centre de promotion social des aveugles de Sègbèya. Durant sa réadaptation, il a fait le braille intégral, le braille abrégé, l’informatique adapté, la mobilité, etc. Il décide maintenant de faire la kinésithérapie à la Faculté des sciences de la Santé (Fss), mais on lui a dit qu’on n’a pas les moyens pour sa prise en charge en raison de son handicap et on l’a orienté vers d’autres pays de la sous-région. Il crie à l’injustice et pense que son droit à l’éducation a été bafoué. Quelle est votre réaction ?

Non. Son droit à l’éducation n’est pas du tout bafoué. Vous savez, chaque système avec ses critères et exigences. Vous ne pouvez pas avoir quitté le braille et tout cela parce que vous êtes rattrapé par la cécité et continué dans un établissement où il n’y a pas le braille. Non; non et non ! Ce n’est pas possible. Sinon, comment vous allez étudier ? Comment vous allez lire ? Les livres qui sont à la Fss, est-ce que c’est en braille ? Est-ce qu’il peut voir ce qu’il fait ? Les nombreux schémas et autres. On a dit Fss. Comment va-t-il opéré ? En tout cas pour le peu que je sache, je n’ai pas vu un handicapé visuel opéré quelqu’un. Je ne sais pas. Je peux l’apprendre maintenant. Je ne l’ai jamais su. Donc, notre ami ne peut pas aller s’inscrire à la Fss. Il y a des universités spécialisées que nous n’avons pas encore au Bénin et là, quand il va à la Fss, il y a des spécialités qu’il va apprendre pour sa volonté d’étudier. Mais là encore, lorsqu’il aura fini, il va guider. Parce que lorsque vous devenez médecin, mais vous devez pratiquer ce que vous avez appris. Il y a des médecins cliniciens qui n’ont jamais gardé le bistouri c’est vrai parce que ils portent un handicap. Ceux-là, on les met au bureau et ce sont eux qui sont des consultants et autres. Ça c’est vrai. Mais ici, il n’y a pas ça. Est-ce qu’il ira rester en salle les bras croisés pour écouter et suivre le cours et c’est fini ? Je ne le crois pas. Il faut forcément des supports. Il faut des supports de cours. La mémoire n’est pas aussi fidèle pour tout garder. Non ! Il lui faut une autre école.

Les personnes handicapées peuvent-t-elles compter aujourd’hui sur les acteurs éducatifs béninois pour une éducation véritablement inclusive tenant compte leurs spécificités ?

Je voudrais dire que les personnes handicapées peuvent compter sur les pouvoirs publics aujourd’hui pour une éducation inclusive. Et vous devez avoir constaté que dans toutes les écoles, les apprenants portant un handicap évoluent normalement. Et vous aurez constaté que même dans le primaire aujourd’hui, ces gens font l’objet d’une attention particulière. Et dans le secondaire, c’est pratiquement la même chose. Les surveillants généraux et les responsables administratifs sont instruits dans ce sens. Vous comprenez que ces personnes handicapées et leurs pairs qui ne portent pas de handicap, vous voyez qu’il y a une symbiose entre eux. Pendant la récréation, moi je vois des gens qui trimbalent les autres où bien qui vont acheter à manger à ces apprenants qui ne peuvent pas sortir de leur salle. A midi, ils les aident ainsi de suite. Les gens sont même allés jusqu’à nommer les personnes handicapées comme responsables de classe. Ils les ont même mis dans le gouvernement scolaire. Le ministère des Affaires sociales est très exigeant là-dessus. Et le gouvernement du président Talon est très exigeant là-dessus également. Il y a des projets et Ong qui font beaucoup aujourd’hui pour une éducation inclusive. Il n’y a personne à discriminer. Je ne crois pas. Et de plus en plus, beaucoup d’accords, beaucoup d’aides sont faites aux écoles des handicapés. On ne peut plus dire aujourd’hui que parce que tel porte un handicap, il ne pourrait pas aller à l’école. Non ! On peut aller à l’école. On peut inscrire son enfant portant un handicap à l’école. Ça ne pose aucun problème aujourd’hui, pourvu que l’enfant ait la volonté de travailler et tout est terminé. Donc, le monde évolue, tout est dynamique. La question des handicapés aussi connait un autre essor. Ce n’est pas comme il y a des années derrière nous où il y a de la stigmatisation. Plus de stigmatisation au niveau des handicapés. De plus en plus, vous allez constater également que les apprenants handicapés n’en souffrent plus. C’est-à-dire, ne se sentent plus lésés, ne se sentent plus abandonnés. Pour les questions des albinos et autres, il va falloir trouver d’autres stratégies parce que à des moments donnés, ils sont malades, à des moments donnés, ils ne voient pas, à des périodes de la journée ils ne voient pas très bien, etc. Ceux-là ne sont pas des personnes à discriminer, c’est encore d’autres personnes à aider. Lorsque moi je les vois dans la rue, il y en a qui vendent de l’essence et ou qui vendent ceci ou cela. Et dans nos services administratifs, on a plein d’albinos et même des personnes handicapées qui travaillent pour le bonheur de nos sociétés. C’est des gens bien calés. C’est des gens qui réfléchissent très bien contrairement à ce que l’on pense, c’est des gens bien portant.
Merci beaucoup. Merci à votre journal. Merci à vos lecteurs.

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