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Education : Les séries scientifiques et technologiques meurent…

Quoiqu’ils aient donné 50,10%, les résultats du Bac 2019 mettent à nu un problème profond : la désertion des séries scientifiques à la base.

Par Sêmèvo B. AGBON

Au Bénin forme-t-on plus au bavardage que dans des filières techniques porteuses d’avenir ? C’est ce que pense le professeur Ogoubi Dainou, universitaire généticien et ancien directeur de l’Ecole normale supérieure de Natitingou. Il s’est défendu au moyen des résultats du Bac 2019. Il fait observer, en effet que sur 100024 candidats, on enregistre au titre des formations de nature scientifique/technique, 3334 en série C, 22 en série E, 164 en série F1 et 57 en série F2. Pendant ce temps, le nombre de candidats est bien impressionnant dans les séries A2 : 34541, et B : 16737. « Au vu de ces chiffres, je me permets de penser et d’affirmer que nous sommes loin, sinon très loin d’offrir à notre jeunesse et, par ricochet, à notre pays la moindre chance de s’en sortir. Nous sommes réellement sur une voie de garage », a-t-il conclu.  Thierry Dovonou, secrétaire général du Syndicat national des professeurs permanents et contractuels (SyNaPPeC-Bénin) fait la même analyse. « Série à caractère scientifiques et technologique (C, E, F1 et F2) : 3577. Séries Animation de rue (A2) et de Bavardage creux (B) : 51278 sur environ 100.000 candidats au Bac ! Ces séries conduisent au chômage avec un taux de réussite de 99,99%. Qu’est-ce qui nous arrive ? », s’est-il interrogé. Selon lui, les enseignants-scientifiques doivent se remettre en cause. « Est-ce que nous scientifiques nous enseignons véritablement ? Il faut creuser cette interrogation. Parce que nous n’allons pas permettre que nos enfants perdent leur temps à faire la série A et la série B. Il faut qu’ils aillent dans les séries scientifiques et technologiques, qui sont les séries C et E. Ce sont elles qui donnent des débouchés ».

Des séries sont-elles alors inutiles qu’il faut supprimer ? Oui, tranche le professeur Ogoubi Dainou : « Il est des séries dont l’inutilité est criarde. La plus illustre d’entre elles est la A2 qui, pour l’année qui s’achève, a mobilisé plus du tiers des apprenants des classes terminales de notre pays (34541/100024=34,53%). Cette série mérite d’être abolie, car, au bout, elle n’offre rien de bon aux apprenants ». La refonte du système éducatif est alors urgente, pense le secrétaire général. Car « L’avenir de notre nation dépend de la formation que nous donnons à nos enfants. Les séries A2(Animation de rue) et B (Bavardage creux) mettent en péril. Nous devons vite trouver les solutions, sinon, c’est la mort de notre Nation. Mobiliser, chaque année, et depuis 1960, des milliers de formateurs pour de telles offres de formation est une marque de grande indigence intellectuelle et un grand signe d’irresponsabilité. Il est nécessaire et urgent d’y mettre fin ».

Le professeur Ogoubi Dainou recommande donc que la dynamique insufflée au secteur de l’éducation soit maintenue et renforcée, avec plus d’attention à la formation technique et professionnelle. « Je pense que nos autorités ministérielles doivent prendre conscience de l’urgence de mettre fin à cette aberration », espère-t-il.

 

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