Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Faïzatou Gbian Moukaïla : « Le gouvernement pose les fondations d’une industrie touristique »

Faïzatou Gbian Moukaïla : « Le gouvernement pose les fondations d’une industrie touristique »

Faïzatou Gbian Moukaïla est Conseillère technique au tourisme et à l’hôtellerie du ministère du Tourisme, de la culture et des arts. En marge de l’acte 25 du Forum culturel du Bénin, samedi 7 décembre au centre Artistik Africa à Cotonou, elle s’est prêtée à nos questions. Elle parle des actions, projets et fondations que met en place le gouvernement de la Rupture pour que d’ici 15 ans, la destination Bénin soit très fréquentée et génère des emplois et de la richesse.

Propos recueillis par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Bénin Int : Comment se porte aujourd’hui le secteur touristique au Bénin ?

Faïzatou Gbian Moukaïla : Le secteur touristique se portera bien très bientôt parce que, aujourd’hui le gouvernement est en train de mettre en place les projets structurants à travers le Pag. Ceci grâce à l’avènement à la tête de ce pays de Patrice Talon qui a une vision très ambitieuse et très réaliste pour le secteur touristique au Bénin. Le but de ce programme est de créer une industrie touristique à part entière, un secteur qui nourrit ses acteurs, privés et publics, et qui puisse bénéficier aux localités dans lesquelles les aménagements seront faits et ensuite créer de l’emploi et générer de la richesse sur toute l’étendue du territoire. Enfin, contribuer au PIB de l’économie.

La contribution du tourisme au PIB est-elle donc faible pour le moment ?

On le quantifie à environ 2 à 5 %. Parce qu’on n’avait pas mis en place des outils professionnels pour mesurer l’impact, la part du tourisme dans l’économie nationale. En novembre 2019 nous avons lancé un plan d’action qui vise à mettre en place un plan stratégique du tourisme. Il s’agit d’instrument qui permet de mesurer la part du tourisme dans le secteur de l’économie en général. Vous savez que l’économie est un secteur transversal sur plusieurs d’autres secteurs. Il implique l’hôtellerie, la restauration, le transport, etc. Autant de secteurs connexes qui sont utilisés une fois qu’on fait du tourisme. Donc pour mesurer la part réelle du tourisme dans l’économie nous sommes en train de mettre en place le plan stratégique du tourisme. Ce plan de déroulement a commencé le 4 novembre passé et sera sur 22 mois au bout desquels nous aurons un outil statistique fiable pour quantifier le pourcentage réel du tourisme dans l’économie.

Quel est le type de tourisme que vous privilégiez ?

Nous avons différent type de tourisme privilégié. Il y a le balnéaire avec le projet Avlékété, le tourisme mémoriel avec de gros projets à Ouidah, Porto-Novo, Abomey, on a aussi le safari avec le Parc de la Pendjari. Nous développons autour aussi, différents types de tourisme. Nous sommes en train de mettre en place la Route des couvents, un itinéraire touristique qui va définir un nombre de couvents sur toute l’étendue du territoire avec une phase pilote bientôt mise en œuvre. Il y a la route des Tata Somba au nord. Nous développons tous ces produits pour diversifier l’offre parce qu’avant, le diagnostic posé a révélé que l’offre n’était pas diversifiée, qu’elle était presque uniforme partout. Nous sommes en train de travailler à diversifier cette offre, à la rendre authentique et personnalisable selon la cible de touristes que nous visons.

L’innovation au niveau des acteurs du privé, est-ce envisagée ?

Oui, bien sûr. Le tourisme est un secteur très dynamique. Le touriste s’adapte aux changements démographique et économique. A cause de cette particularité l’innovation doit être au rendez-vous. Forcément. Qui dit tourisme dit innovation. Dans les tendances mondiales aujourd’hui on ne peut plus parler de tourisme de masse. Beaucoup de personnes ne veulent plus. Ce que nous envisageons pour notre Destination c’est donc un tourisme très particulier. Le touriste qui viendra visiter nos sites fera une expérience authentique, privilégiée et personnalisée, et que le touriste qui repart du Bénin ait le sentiment d’avoir vraiment vécu la vie des Béninois et des localités qu’il a visitées.

Que retenir de la politique du gouvernement depuis 2016 ?

Le gouvernement est en train de mettre en place le cadrage règlementaire, les aménagements, tout ce qu’il faut pour les fondations d’une industrie touristique au Bénin.

Quid de la professionnalisation des acteurs ?

Ce qui revient des diagnostics aussi, c’est que la qualité du service n’est pas au rendez-vous. Donc le gouvernement avec les ministères de la culture et l’enseignement (secondaire, technique et professionnel, le Supérieur) nous travaillons de concert pour améliorer les programmes de formation en tourisme, hôtellerie et restauration afin de les mettre en adéquation avec les besoins du marché. C’est en cela que nous impliquons les acteurs privés dans tout le processus. Il y a un comité sectoriel qui vient d’être créé en tourisme, hôtellerie et restauration pour servir de veille, orienter les programmes de formation délivrés à nos apprenants et en même temps, mettre un cadrage pour que les organismes de formation puissent avoir un minimum de pratique. Aujourd’hui on part sur plus de 80% de théorie, 20% de pratique. Donc nous sommes en train d’œuvrer à la mise en place d’une école d’application pour que le niveau de formation soit plus élevé et réponde aux normes internationales quand les touristes viennent.

Quand peut-on espérer le démarrage des travaux de construction des deux musées prévus ?

Le démarrage est prévu pour 2020. La plupart des projets commence en 2020 parce que les études de faisabilité ont été faites, de même que le redimensionnement et la requalification des projets qui avaient été élaborés en début de mandat pour mieux répondre à nos réalités, et d’avoir une offre pérenne et que l’on puisse vraiment impulser une industrie touristique à partir d’aujourd’hui. A partir de 2020 vous verrez le commencement des travaux de même que des réformes. Tout est déjà prêt.

Le bilan des classes culturelles est-il encourageant ?

Concernant les classes culturelles nous sommes à l’étape de la formation des encadreurs. Il y a une présélection qui avait été faite et des encadreurs sélectionnés. Nous sommes à l’étape où il faut les former pour qu’ils aillent diffuser leurs savoirs. Les classes culturelles portent notamment sur les disciplines que sont la danse, théâtre, les arts plastiques.

Laisser un commentaire

Top