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Fermeture des frontières nigérianes : Des solutions d’avenir pour la tomate béninoise (Les explications de Anicet Codjo, coordonnateur de la FéNOMa-Bénin)

Depuis le 20 août le Nigéria a fermé unilatéralement ses frontières avec le Bénin et le Niger. Les maraîchers Béninois souffrent depuis lors le martyr puisque leurs produits, qui étaient écoulés au Nigéria, pourrissent sur place sans preneurs. Que faire pour éviter une situation pareille à l’avenir. Anicet Robert Codjo est le coordonnateur de la Fédération nationale des organisations de maraîchers du Bénin (FéNOMa-Bénin). Il nous parle des tractations et des approches de solutions.

Propos recueillis par Sêmèvo Bonaventure AGBON

 

BI : A combien de tonnes peut-on estimer la quantité de tomates victimes de la fermeture unilatérale des frontières nigérianes ?

Codjo : La quantité dépasse 20000 tonnes

A part la tomate, quels autres produits maraîchers sont frappés par la mesure ?

Plusieurs spéculations sont touchées dont nous pouvons citer par ordre d’importance : le piment, la carotte, le concombre, le chou, le crincrin, la pastèque etc.

Le Bénin produit-il déjà assez de tomates qu’il doit exporter ?

La tomate est une plante photosensible et la période allant de juin à septembre lui offre les conditions de production idéales au Bénin. Ceci se justifie même aux alentours de nos maisons où les plantes de tomates se produisent aux bons soins de la nature. Ainsi le Bénin produit énormément dans cette période pour le marché nigérian dont la production locale est un peu plus retardée et insuffisante

Anicet Robert Codjo, coordonnateur de la Fédération nationale des organisations de maraîchers du Bénin (FéNOMa-Bénin)

On a vu une délégation ministérielle au chevet des producteurs. Quelle a été le soutien du gouvernement dans cette épreuve de la fermeture des frontières nigérianes ? Que retenir de vos rencontres ou concertation avec le gouvernement ?

C’est vrai. Si plusieurs secteurs de notre économie souffrent de la situation de la fermeture des frontières, le secteur agricole et particulièrement le sous-secteur de production maraîchères est la plus grande victime du fait du caractère très périssable des produits. Le premier jour de la fermeture avait déjà causé des pertes de plus 1000 tonnes de tomates qui était à la frontière. Ainsi, conformément à notre rôle de représentation des producteurs maraîchers de tout le pays, nous avons été interpellés par nos membres. Ceci nous avait contraint malgré nos moyens à faire une tournée pour constater les faits et évaluer rapidement les dégâts. Un compte rendu a été fait à L’Atda qui a pris très au sérieux la situation. Ainsi le 10 Septembre, le ministre de l’Agriculture a organisé une rencontre au ministère pour écouter les acteurs du sous-secteur. Suite à cette rencontre le gouvernement a dépêché une délégation composée du ministre de l’Agriculture et celui du Commerce pour rencontrer à nouveau les différents acteurs pour une recherche de solution dans une démarche participative le 17 septembre 2019.

Plusieurs propositions ont été faites dont je retiens ici celles portées par la FéNOMa. Il s’agit de :

-la prospection de nouveau marché dans la sous-région pour sauver ce qui reste de la production de tomates dans un meilleur délai et surtout le piment de la vallée orienté vers le marché nigérian qui sort bientôt ;

-la mise en place d’unité de conservation déjà expérimenté par d’autres pays de la sous-région que nous avons proposé de visiter pour partager leur expérience en la matière ;

-Enfin la mise en place d’unité de transformation.

On espère depuis un dénouement qui ne vient pas. Quelles sont vos approches pour sauver les tomates béninoises des marchés nigérians désormais fermés ?

Nous tenons ici à remercier le gouvernement qui accompagne fortement la FéNOMa dans le règlement à court, moyen et long terme.  Le ministre de l’Agriculture depuis Grand-Popo a instruit pour que des dispositions soient prises sous huitaine pour amorcer la résolution du problème. À ce jour, un plan d’action qui prend en compte nos différentes propositions a été proposé et un comité de suivi prenant en compte les différents acteurs a été mise en place. Tout se passe bien jusque-là. Les différents partenaires sont mis à contribution et si tout va bien, d’ici le 15 octobre, les visites de prospection vont démarrer.

Une fois encore la fermeture des frontières nigérianes a relancé la question de la transformation des produits alimentaires au Bénin. Quel est l’état du pays en la matière ? Et l’usine de Kpomassè ?

En dehors de quelques initiatives prises çà et là par de petit groupement avec des unités de transformation artisanale, nous sommes encore à la case départ. Tout reste à faire et à travers les échanges que nous avons eu avec l’autorité, il en prend la mesure. Nous allons souhaiter juste que cette volonté affichée d’en finir ne soit ébranlée en cours de route.

Quant à l’usine de Kpomassè, vous en savez certainement mieux que moi. Vous êtes journaliste d’investigation et je suis convaincu que vous avez votre réponse. Je ne suis pas politique et je crois que ce sujet doit avoir une connotation politique. Ce que je sais par contre, c’est que l’usine devait être en relation avec la FéNOMa pour garantir son approvisionnement en matière première. Mais à ce jour aucun maraîcher du Bénin n’a encore livré à cette usine. Les indiscrétions parlent de moules non adaptés aux variétés locales.

Que doit-on faire pour gagner la bataille de la transformation des produits alimentaires ?

Cette bataille nécessite plusieurs niveaux d’action.

1- la disponibilité de l’énergie électrique de façon permanente et à moindre coût ;

2- la présence d’investisseurs pour implanter ces usines qui nécessitent un peu de moyen ;

3-la promotion du made in Benin, etc.

Merci

2 thoughts on “Fermeture des frontières nigérianes : Des solutions d’avenir pour la tomate béninoise (Les explications de Anicet Codjo, coordonnateur de la FéNOMa-Bénin)

  1. C’est une bonne initiative. Que le tout puisant nous aide a atteindre les objectifs fixés. Merci a notre président de la république, merci monsieur le coordonnateur de la FéNOMa-Bénin. Dieu vous accompagne .

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