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Festival combat culturel (Fcc) : Les artistes abordent le défi de leur professionnalisation

Les artistes réunis au sein du ‘’Réseau des artistes’’ ont tenu leur ‘’Festival combat culturel’’ (Fcc) le dimanche 24 février à la Place des fêtes Superman city de Hèvié Adovié. Au-delà des réjouissances et des décorations honorifiques, le festival s’est surtout penché sur ce mal qui ternit le secteur culturel béninois : l’amateurisme.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Musiciens, plasticiens, comédiens, cinéastes, managers…Les artistes foisonnent de plus en plus au Bénin. Pendant ce temps les productions de bonne facture se raréfient. Les acteurs eux-mêmes en sont conscients. « Si on compare les productions d’il y a 20 ans, 25 ans, c’est-à-dire des Poli rythmo, Vivi l’international, Sènan Joy, Vincent Ahéhéhinnou… la différence, en termes de qualité, est nette par rapport aux productions des jeunes artistes. Aujourd’hui nous ne réfléchissons plus profondément. Quelqu’un se lève, il va dans un studio, raconte ce qui lui passe par la tête. Avec 10 000F ou 15 000F on est titulaire d’album aujourd’hui », a déploré Aldous Azon, acteur culturel. Autrement dit, « Plus la technologie évolue et met à notre disposition des appareils sophistiqués pour avoir de bons sons et des images de qualité, plus les gens paressent », a fait remarquer Calice Evolution, musicien et président du comité d’organisation.  C’est pourquoi les artistes du creuset, estimés à plus de 250, ont voulu faire du ‘’Festival combat culturel’’ une journée de réflexion et de formation. « Pour ton essor, il y a des choses dont tu dois être informées en tant qu’artiste », a insisté Aldous Azon. Pour atteindre cet objectif et bien d’autres, huit conférences-débats animées par des personnes averties : « Rôles et avantages des maisons de production », par Aristide Agondanou ; « Vente et communication des œuvres artistiques », par le Pdg Tam-Tam d’Afrique ; « Arrangement de sons », par le professeur de musique Marcel Padey ; « Management artistique », par Auguste Amoussou ; « Rapport ancienne gloire et nouvelle génération », par Sènan Joy ; « L’importance du digital en milieu artistique », par Aboubakar Sadikou ; « Contrat et négociation de marchés artistiques », par le Pdg Paapa records » ; et « La femme en milieu artistique », par Assy Kiwa. Ces communications permettront aux artistes, croit Calice Evolution, de savoir comment vendre leurs œuvres, comment communiquer sur leurs œuvres, quelle relation avec les anciennes gloires. « D’où il s’agit d’un combat culturel pour que ce secteur rayonne », a-t-il conclu.

Des conseils forts

Chaque conférencier s’est évertué à édifier les artistes. Pour le professeur de musique Marcel Padey, même si les ‘’home studio’’ peuvent permettre à l’artiste de s’entrainer à domicile, ils ne peuvent pas être utilisés pour enregistrer des sons de qualité, exportables. Lors de sa communication sur l’arrangement de sons, il a prodigué des conseils et livrer des vérités aux artistes. Premièrement, il est, dit-il, important que les musiciens sachent lire et écrire une chanson. Cela leur fait défaut, et beaucoup d’entre eux composent des chansons avec des sons inappropriés. Conséquence, des difficultés pour accéder à l’international. Deuxièmement, la maîtrise de la voix et surtout la prise de son. Sur ce point, il est illusoire, dit-il, de penser qu’on peut avoir son studio chez soi avec quelques micros et s’improviser ingénieur de son. « Un studio répond à une architecture », a-t-il souligné. Troisièmement, dans une chanson il faut aller à l’essentiel, a conseillé Marcel Padey. Ainsi, il faut laisser de la place aux instruments, éviter donc les paroles à n’en point finir. En clair « on n’est pas obligé de tout dire dans la même chanson ». Enfin, composer des chansons courtes (environ 5 minutes) est recommandé si l’on veut être promu, joué par les médias. Il a cité en exemple GG Vickey.

Des distinctions honorifiques

Le Pdg de Tam-Tam d’Afrique a dans son développement, condamné la course à la facilité et l’amateurisme. Pour mieux vendre son image et ses œuvres, il n’y a pas d’autre secret que la qualité, a-t-il insisté. Celui qui fait un son à 15000F aura également un succès de 15000F, a-t-il prévenu. Parlant des contrats, il faut une bonne entente entre l’artiste et son manager, et l’artiste doit respecter et faire confiance à son manager, selon Papa records.De nos jours, le Showbiz ne peut plus se passer du digital. Aboubacar Sadikou recommande alors aux artistes d’avoir leurs pages et savoir quel type d’information y publier pour ne pas détruire leur image et carrière. Quant à Aristide Agondanou, il a insisté sur la maîtrise et le respect de la charte de la maison de production. Tant que l’artiste ne maîtrise pas ses rôles et droits il sera sans doute arnaqué, a-t-il lancé. Augustes Amousou soutiendra qu’aujourd’hui un artiste sans manager est un aveugle sans guide ; il peut donc se perdre à tout moment. Aussi, a-t-il demandé aux artistes de bien choisir leurs managers car, un manager c’est celui qui entre dans la vie de l’artiste et contrôle tout. Enfin Sènan Joy très remontée contre l’actuel style vestimentaire de la nouvelle génération d’artistes. Cette grande figure du monde artistique demande estime par ailleurs que la femme artiste doit arrêter l’adultère et la prostitution en milieu artistique.

Des anciennes gloires ont été décorées pour tout ce qu’elles ont fait pour la renommée de la musique béninoise. « Nous n’allons pas attendre décorer leurs tombeaux. Elles jouiront de nos reconnaissances de leur vivant », a justifié le président du comité d’organisation. Au nombre des bénéficiaires, entre autres Vivi l’International, Sènan Joy et Rek Zousa. Pour ses soutiens et appuis financiers aux artistes, l’astrologue Rabbi Tan, le parrain du festival a été également honoré.

 

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