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Fiacre Gbèdiga, photographe, à propos du ‘’nude’’ : « Nous ne flashons pas la femme dans une intention exhibitionniste »

Des parties fraîches du corps imbibées d’effets de lumière succulents. Bouts de seins, courbe de hanche éclatante, fesses ou cuisses plantureuses…De plus en plus, la photographie perce pour donner à voir, des traits féminins normalement circonscrits à l’intimité. Cet érotisme dans l’art en vogue soulève des questions éthique et sociétale. Fiacre Gbèdiga, jeune photographe passionné du ‘’nude’’ (mot anglo-saxon signifiant « nu ») défend cette tendance contemporaine.

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON et Nadège S. WANGNANNON

 

Bénin Int. : Comment est née chez vous la passion de la photographie ?

Fiacre Gbèdiga : Cette passion est née depuis la classe de seconde. Un grand frère m’avait donné un appareil avec lequel je m’amusais à prendre des photos. Avec le temps, j’ai senti la nécessité que je fasse une formation pour me professionnaliser et bien m’en sortir sur le terrain. Alors j’ai proposé à un ami photographe de m’encadrer chez lui, et il a accepté. De retour de l’école, j’allais désormais chez lui tous les soirs suivre des cours en photographie jusqu’à son déménagement, environ six mois après. L’aventure s’arrête donc pour moi à ce niveau. Je me suis alors contenté de mes études jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat. Une fois à Cotonou, je me suis inscrit en Audiovisuelle pour une formation complète. J’ai fait la photographie, le cadrage, le montage, et tout ce qui a rapport avec l’audiovisuelle. Je faisais le cadrage en bonne et due forme. Mais comme ma passion était uniquement la photographie, j’ai recommencé à faire petitement les photos en 2015. Professionnellement parlant j’ai commencé à publier de bonnes œuvres en 2017. Voilà comment tout le monde est arrivé à me reconnaître aujourd’hui comme photographe.

Quelle est précisément votre spécialité ?

J’ai touché à tout déjà dans la photographie.  Je fais le portrait, le blanc-noir, la couverture des évènements, le nude. Je ne me suis pas vraiment limité à un domaine. Je suis un touche-à-tout en photographie. En ce qui concerne l’audiovisuel, j’ai à mon actif d’avoir réalisé le récent album de l’artiste Prince Guédéssi, en vogue actuellement dans la ville.

Revenons au nude. Vous en avez une grande passion. Mais pourquoi exposer la nudité sacrée de la femme ?

Ce n’est pas que nous exposons la nudité de la femme. Vous allez constater sur nos photos que nous n’exposons pas tout de suite le sexe de la femme. Les photos sont prises dans un contexte où on montre au public que c’est de l’art. Après une longue analyse vous allez comprendre. Ce n’est pas que la femme vient nous étaler son sexe que nous flashons dans une intention exhibitionniste. Nous ressortons le côté artistique tout simplement. La femme avec sa beauté, regorge de l’art. C’est ce que nous essayons de montrer.

Généralement le corps de la femme est réservé ou destiné à son partenaire. Comment arrivez-vous à en dénicher qui acceptent de se mettre nue devant vous ?

Ce n’est pas facile. Aller à la quête soi-même c’est compliqué. Elles objectent souvent qu’on veut les amener sur un autre terrain. Certes il y en a dans notre pays qui sont payées pour le faire. Mais si le photographe découvre que telle femme peut lui offrir une séance nue pour l’avoir déjà fait avec un collègue photographe, il ne contacte pas directement la fille qui a posé le modèle. Il prend par le biais du collègue, d’abord pour avoir l’adresse, puis créer grâce au concourt de ce dernier, le lien requis pour enfin discuter de la requête. Sinon écrire directement à une fille ou l’approcher et lui proposer de se mettre nue pour être photographiée, c’est difficile voire méprisant. Je n’en ai pas encore fait en tout cas. Par contre, si au cours d’une séance shooting la posture et l’aspect d’une fille me rassurent, je m’approche discrètement d’elle et lui fais la proposition de photos sexy, des photos nudes. Si elle accepte c’est bien parti !

Seules les femmes sont-elles sujets du nude ?

Non ce n’est pas seulement les femmes qui font du nude. Mais moi j’aime le faire plus avec elles dans le but précis d’attirer l’attention du public.

Comment gérez-vous l’identité des femmes photographiées nues ?

Ce n’est pas du tout compliqué. Nous cachons leur identité en faisant des plans qui excluent leur visage ou les traits qui pourraient amener à les reconnaître par leurs connaissances.

Au regard de toutes les photos nues que vous avez prises, pouvez-vous conclure que c’est risqué ? Autrement, est-ce que sans le vouloir on peut finir parfois au lit ?

(Rire). Je savais que vous finirez par en venir à cette question. Mais rassurez-vous : cela ne peut jamais finir au lit puisque le contrat sur lequel vous vous êtes entendus au départ n’étais pas de finir au lit. Pour moi personnellement ce n’est pas possible. Venir chez moi pour une séance photo signifie que nous sommes dans le cadre du boulot. Je ne peux pas mélanger boulot et sentiments. C’est pourquoi aussitôt la séance terminée, aussitôt elle rentre chez elle.

Dans quel cadre vous prenez souvent ces photos ? A la maison ou au studio ? Et est-ce qu’une femme mal intentionnée peut passer par là pour vous prendre dans les pièges de ses bras ?

C’est justement pour cela que je ne me laisse pas. Dans le cas où la femme même t’écrit et demande si tu peux lui faire des nudes, tu ne sais pas si elle a une idée derrière la tête ou c’est quelqu’un qui l’a envoyée pour t’éprouver. Raison pour laquelle je fais très attention. La majorité des nudes que j’ai réalisées, c’est dans ma chambre, et j’avoue que, que ce soit chez moi ou au studio le Sujet et moi ne finirons jamais au lit.

Quelles doivent être les qualités d’un bon photographe du nude ?

Un photographe du nude doit avoir beaucoup de concentration, une conscience professionnelle aiguë et le sens du beau.

En faisant du nude y a-t-il des parties du corps que vous vous interdisez quand même de prendre ?

Non. Avec la garantie de l’anonymat, le sujet ne craint rien.

Qu’advient des photos prises ? Quel usage vous en faites ?

Après la séance, il revient au photographe de voir s’il faut les mettre en blanc noir ou couleur lors de la retouche. Ensuite, il pense à comment les rendre public, soit à travers une exposition ou il les publie simplement sur sa page pour avoir l’avis des internautes.

Pour finir, quels sont vos projets ou ambitions dans votre carrière de photographe ?

C’est de partager notre savoir-faire avec toutes personnes désirant se faire former dans le domaine de l’audiovisuel. Pour cela, nous avons actuellement un centre de formation en cours d’installation à Bohicon.

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