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‘’Formation au bavardage’’ : Vaine indignation !

« Le système éducatif béninois à tous les niveaux nous a formés au ‘’bavardage’’ ». Un citoyen patriote, sincère peut-il s’offusquer de ce diagnostic du président Patrice Talon ? Logiquement, non. Pourtant, des acteurs, pas des moindres, sont en colère face à cette réalité décrite. Talon les a remerciés en monnaie de singe. Il a méconnu et découragé leur ‘’sacerdoce’. Des propos du genre venant de la plus haute autorité de l’Etat, rongent leur dignité. Ils les jugent assez graves. Déverser leur bile sur le réformateur serait donc, bienvenue.

Pourtant ! L’inadéquation de l’offre de formation au Bénin avec les besoins du marché est de plus en plus connue et reconnue, et même décriée. Jusqu’au dernier citoyen même illettré, tout le sait aujourd’hui, que l’école béninoise n’est pas compétitive, qu’elle est caduque et démodée. Quelle fierté, par exemple, de voir le jeune qui a étudié jusqu’au master retourner à la maison, près de 15 ans après, incapable de se prendre en charge à 28 ans, et obligé de devoir vivre au dépens des parents, contrairement à celui dont on a vite écourté le cursus au profit du ‘’garage’’ d’un salon de coiffure ou de couture ? Des enseignants honnêtes reconnaissent ce drame et le disent publiquement.

D’où vient-il alors que certains enseignants fut-il à l’université, s’en offusquent ? Il est scandaleux de voir toute l’Intersyndicale des enseignants des universités nationales du Bénin, pondre une Indignation contre cette réalité notoire. Il est vrai, que bon nombre d’enseignants jouent aux demi-dieux, écrasent les étudiants dans les amphis, les exploitent même économiquement et psychologiquement sans scrupules. Ceux-là, qui sont obnubilés par leurs salaires, peu importe ce qui advient des milliers d’apprenants déversés chaque année sur le terrain et livrés aux affres impitoyables du chômage, peuvent s’indigner que le Chef de l’Etat dise la vérité sans détour.

L’urgence de refonder l’école béninoise est une nécessité largement partagée. Produit lui-même de l’école, Talon ne voudra jamais jeter de l’opprobre sur les enseignants. Seulement, face à ce mal de chômage qui ronge les jeunes, avenir du continent, plus de temps de se caresser dans le sens du poil. Il faut lever la lame de la chirurgie. Talon ne voudra jamais discréditer cette armée de grammairiens, géographes, psychologues, littéraires, juristes…indispensables à l’édification des jeunes. Talon répète un diagnostic global qui n’est qu’un secret de polichinelle. Il ne reste qu’à souhaiter que les actes, la réforme, la refondation s’opère enfin après les mots…

Par Sènankpon DOSSOU

 

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