Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Formation en journalisme : De Savalou à Abomey-Calavi, l’unique école publique Enstic a 10 ans

Formation en journalisme : De Savalou à Abomey-Calavi, l’unique école publique Enstic a 10 ans

7 février 2011-7 février 2021 ! Le temps passe vite ! Anciens comme nouveaux étudiants de l’Enstic s’en sont rendu compte. Cela fait 10 ans que ‘’leur’’ école a été créée par décret N°2011/182/MERS/CAB/DC/SGM/DRFM/ST-REGIE du 7 février 2011. Ce texte fondateur confère à l’Ecole nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic) la mission « d’assurer la formation des techniciens supérieurs en vue de l’obtention d’une licence professionnelle en communication ».

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Deux étapes marquent ce parcours. D’abord installée à Savalou au quartier N’Gbèhan, elle a été placée à sa création sous tutelle de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) puis de l’Université polytechnique d’Abomey (Upa) –aujourd’hui Unstim, de 2011 à 2016. Au cours de ces cinq ans dans les Collines, feu Fernand Azokpota (journaliste à la Radio nationale), Edgard Couao-Zotti (ancien DP de ‘’La Nation’’), les journalistes Jean-Luc Akplogan et Didier Samson de Rfi, les Professeurs Raphaël Yébou, Pierre Mèdéhouègnon, Fernand Nouwligbèto, Julien Gbaguidi, le dessinateur Ponce Zannou, le photojournaliste Gontrand Housounou de La Nation…  devaient renoncer au confort de Cotonou pour un séjour d’enseignement à l’issu d’un long trajet.

A son avènement au pouvoir, le gouvernement de Patrice Talon délocalise, ensuite, l’école à Abomey-Calavi. L’Enstic réintègre ainsi la tutelle de l’Uac où elle vit désormais dans l’amphi Téléthon.

« Je revois ces visages en qui on lisait le rêve et l’espoir de devenir au bout de trois années de formation de brillants journalistes et spécialistes multimédias, pas plus. Mais c’est sans compter, qu’ils démarrèrent une aventure chaotique. Des jours lugubres et des années sombres se sont enchaînés dans la vie et le parcours de ces jeunes aventuriers à Savalou. Tant leur formation était devenue trop théorique teintée d’imbroglio autour même des contenus, des offres -scénarisation multimédias- (…) Je repense à certains de ces enseignants en mission, traversant le calcaire de la route Cotonou-Savalou dans l’ultime but d’aller donner le savoir », se souvient avec beaucoup d’émotions Achille Fatondji, ancien étudiant aujourd’hui journaliste à la Radio nationale.

L’école a connu comme tout premier directeur le linguiste-journaliste Jean-Euloge Gbaguidi (Maître de conférences/Cames). Le géographe Bernard Fangnon l’a aussi dirigée et actuellement Alexis Gnanguenon. Ils sont un peu plus de 300 jeunes à y être formés. Certains ont pu s’insérer dans la presse béninoise et exercent aussi bien au niveau des Télévisions que des radios sans oublier la Presse écrite et la presse en ligne. Leur travail est bien apprécié, salue Wenceslas Mahoussi, actuel directeur adjoint (Da) de l’école.

Abandonnée à son sort

« L’Enstic fait son chemin bon an mal an et traîne toujours beaucoup de ses défaillances et insuffisances comme des boulets aux pieds. Enstic parent pauvre ! 10 ans sans équipements de formation digne du nom, 10ans sans studios Radio télé pour une école de journalisme -vaut mieux en parler tout bas- mais très haut pour toquer à la bonne porte », ironise un ancien étudiant. C’est dire, qu’à l’occasion de ces noces d’Etain, les (anciens) étudiants sont très remontés contre l’Etat. Ils ont l’impression qu’il a abandonné l’école à son sort après sa création. Ils ont pour argument, le manque criard de matériels et de moyens financiers dont elle souffre. « Nous avons beaucoup attendu une télé-école. Mais elle n’est jamais venue jusque-là », déclare, déçu Fidel H., ancien étudiant. Pire, « En 2020, l’Etat a recruté des élèves-professeurs graphistes. Chose surprenante, l’Enstic qui forme des graphistes à travers la scénarisation multimédia, ne figure pas sur la liste des écoles dont les étudiants sont autorisés à postuler. J’ai lu par exemple l’Epac –Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi », constate Stanislas L., étudiant de la première promotion 2011-2014.

Dix ans d’existence, de nombreux défis à l’horizon. Ils ont pour noms : visibilité, insertion professionnelle des diplômés et équipement. « Je me dis franchement que ce n’est pas possible qu’après dix ans tu dis Enstic et on te demande c’est quoi ça ? », relève Ghislain, journaliste et ancien étudiant. N’est-il pas scandaleux que le chômage soit le lot de la grande masse des produits de l’unique école publique de formation en journalisme surtout que nombreux ont reçu des bourses de l’Etat pendant trois ans ? L’actuelle administration est consciente des défis. Elle prévoit les aborder au cours de plusieurs jours de réflexion et de projection de films réalisés par les étudiants de l’école qui ont remporté plusieurs prix aux plans national et international. « Les défis que l’école doit relever aujourd’hui, c’est d’être dans trois ans une école de référence en Afrique francophone subsaharienne. Et c’est possible au regard de ce que nous avons pu faire. Notre équipe est à la tête de l’Enstic il y a seulement deux ans. En deux ans nous avons pu poursuivre l’œuvre de nos prédécesseurs. Dans trois ans, exactement en 2024 on peut amorcer pas mal de choses : les défis de l’équipement, les défis de la radio école, les défis de la diffusion-école parce que nous avons déjà relancé le journal-école », a énuméré Wenceslas Mahoussi.

Depuis la dernière rentrée académique, trois masters professionnels sont disponibles au niveau de l’Enstic.

Laisser un commentaire

Top