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Immigration clandestine : Des jeunes prêts à tout malgré le risque

Traversée clandestine, risque d’expulsion, de torture, de brimade, d’incarcération, de rançonnage sans oublier la possibilité d’être victime d’une tragédie, ne sont plus des soucis pour ces jeunes gens candidats à l’immigration clandestine.

Par Arnauld KASSOUIN

Cette aventure parfois périlleuse à laquelle s’adonnent les citoyens du continent noir s’explique par les nombreuses causes qui lui sont rattachées. Au Bénin, ces raisons sont les mêmes que dans tous les autres pays où se trouvent les candidats à l’immigration. Manque d’emplois, absence d’opportunités réelles, le rêve d’avoir de meilleures conditions de vie, l’envie d’aller se chercher ailleurs. L’envie de découvrir d’autres parades et horizons du globe terrestre, sans oublier l’envie de vivre le rêve européen ou américain. Voilà bien en substance les différentes raisons qui poussent, jeunes et adultes à se jeter dans le vide, à se jeter dans la mer et dans l’errance. Le tout sans aucune garantie, ni aucune certitude de réussite.

‹‹Selon une enquête actuelle d’Afrobaromètre, 20 % des béninois résidant au pays songent fermement à quitter le Bénin. Les personnes les plus intéressées par la migration sont les jeunes et les individus fortement instruites.›› Cette situation que déplore ” la voix des migrants béninois “, un projet coordonné par la fondation Friedrich Ebert Stiftung demeure la triste réalité, pas seulement au Bénin, mais aussi dans plusieurs pays du tiers-monde.

Aux nombreuses causes énumérées précédemment, s’ajoutent le chômage grandissant, l’environnement juridique inquiétant, l’insécurité sévissante, les conditions de vie exécrables, les difficultés sociales, mais aussi la cherté de la vie. Pendant ce temps, certains pointent du doigt les dirigeants. Ces derniers cités, pour plus d’un, sont les principaux responsables de ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier, du fait de leur mauvaise gestion des ressources; mais aussi de leur mauvaise politique de gouvernance. Un rapport de l’Onu publié il y a quelques années faisait état de plus de 500 000 ressortissants béninois à l’étranger ; toujours dans le même sillage, selon les données fournies par les Missions diplomatiques et consulaires (Mdc) il y a un an, près de quatre millions (4 000 000) de ressortissants béninois vivent à l’étranger.

D’une histoire tirée du projet ” Voix des migrants béninois ” projet réalisé grâce à la témérité de deux éminents journalistes, Afouda Vincent AGUE et Léonce Gamaï; Hamed un natif de Djougou, regrette l’insuffisance au Bénin des entreprises et des industries dans lesquelles les jeunes pouvaient travailler et gagner de quoi subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Ce qui justifierait plus tard son départ du Bénin pour une immigration vers Tripoli ( capitale de la Libye ) dans le but de traverser la méditerranée pour atteindre le vieux continent.

Sur son chemin, l’accueil qui lui a été réservé fut carcéral dans une prison à Sabha où il a passé des mois. Fouetté tous les matins, et privé de nourriture, le jeune aventurier âgé de 26 ans après sa libération et son rapatriement sur sa terre natale des mois plus tard, affirme ne pas se faire prier pour retenter l’aventure si l’occasion lui était donnée d’y retourner.

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