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Implication de la Police dans les cas de violence domestique : 53% de Béninois contre

La violence domestique est une affaire privée qui doit être traitée et résolue au sein de la famille. Telle est l’opinion de 53% de Béninois selon les données du round 9 d’Afrobaromètre publiés le vendredi 18 mars.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

La majorité des Béninois est opposée à l’implication de la Justice dans les affaires de violence domestique. Le réseau panafricain de recherche par sondage Afrobaromètre a soumis entre le 9 et 22 janvier 1.200 adultes béninois à deux affirmations. La première affirmation est plus proche de l’opinion de 53% des enquêtés, à savoir que : « La violence domestique est une affaire privée qui doit être traitée et résolue au sein de la famille ». 46% de Béninois estiment par contre, que « la violence domestique est une affaire pénale dont la résolution complète nécessite l’implication des forces de l’ordre ».
Même si le rôle dissuasif de la police n’est pas nié, 40% des personnes rencontrées donnent primauté à la « sensibilisation » comme la meilleure stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre au Bénin. Les autres actions qu’elles préconisent ensuite sont la « répression » (26%) et la « dénonciation » (18%). L’information et la prise en charge des victimes, ferment la manche avec respectivement 6% et 2%.

Perception

Les Béninois ont une perception plurielle sur la question des violences domestiques. Chez 17%, c’est « toujours justifié » lorsqu’un homme bat sa femme. Ceux-là sont écrasés par la grande masse (53%) qui estime que rien ne saurait justifier qu’un homme utilise la discipline physique sur sa femme. Toutefois, une bonne partie, soit 40% de la population pensent que la violence domestique se justifie au moins « parfois ». Globalement, la plupart des Béninois affirment qu’il n’est pas courant pour les hommes d’utiliser la violence contre les femmes et les filles à la maison.
Le communiqué de presse relatif aux résultats précise que « Les données ont aussi permis de jauger le premier dispositif pénal mis en place par les pouvoirs publics », la police républicaine. De l’avis de la quasi-totalité des Béninois, 92%, il est « très probable » pour une femme qui se présente à la police pour signaler un incident de violence fondée sur le sexe de voir sa situation prise au sérieux par la police.
Au Bénin, la lutte contre les violences basées sur le genre s’est renforcée avec la prise de lois et la mise en place de l’Institut national de la femme (Inf). Ces données viennent informer des actions à mener pour endiguer le phénomène.

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