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Interdiction de la chaussée bitumée aux motocycles : Mesure bafouée, les Zem grognent

Suite à la recrudescence des accidents de la circulation sur la Rnie 2, section Zè-Plaque-Akassato de la voie quittant Akassato pour Calavi, les motocyclistes en direction de Cotonou sont depuis le 1er mars obligés à passer sur une piste cyclable en terre rouge. Mais la décision est peu respectée suivie. Les contrevenants justifient leur rébellion par l’état poussiéreux de la piste.

Par Raymond FALADE & Sêmèvo Bonaventure AGBON

Mardi 2 mars 2021. Nous sommes dans le village Agovè, un village de la commune d’Abomey-Calavi. Sous le soleil d’aplomb, Madame Zossou s’avance, un récipient en plastique dans la main.  Elle vient arroser une bonne partie de la piste en terre rouge passant devant son petit commerce. Objectif, réduire un tant soit peu la colonne de poussière qui se dégage au passage de quelques rares motocyclistes. La majorité de ces derniers n’ont que cure du communiqué en date du 25 février et signé du directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et des transports, Joseph Ahissou. En provenance d’Allada, ils disputent comme d’habitude la chaussée bitumée avec les voitures. Pourtant, « C’est pour le bien des usagers qu’on leur a dit de passer par cette piste en terre rouge aménagée. Même si c’est compliqué on va faire avec. C’est pour notre sécurité », défend Madame Zossou. Et de proposer toutefois « qu’on arrose la voie régulièrement pour réduire un peu la poussière ». Sinon, les nuisances frappent aussi bien les passagers que les riverains. Eugène, vendeur d’essence frelaté au bord de cette ‘’nouvelle voie’’ en est une victime. Il témoigne que les concernés n’observent pas (encore) massivement ce nouveau plan de circulation. « C’est face à une présence policière qu’ils se ruent sur la terre rouge », nous rapporte-il. Il a évoqué lui aussi les problèmes liés à la poussière et demande que la voie soit arrangée et régulièrement arrosée. « Nous qui sommes au bord de la voie, la poussière est devenue notre casse-tête. « Nous ne sommes pas à l’aise », s’est plaint Eugène.

Grogne des Zémidjan

« La voie qu’on nous a faite là, ce n’est pas bon. Avant de quitter ici pour Glo, tes habits seront couverts de poussière. La poussière t’embête. Tu n’arrives même pas à bien voir », a critiqué Alexis Lokossou, conducteur de taxi-moto dans la localité. Et d’avouer que « comme la voie est remplie de poussière, arrivé à un niveau donné, fatigué on remonte sur la voie bitumée». Mais c’est sans compter sur la détermination des forces de l’ordre. « Les policiers nous dérangent. Parfois, ils vous assènent des coups de bâton ou on t’arrache ta moto. On te fait souffrir avant de te la retourner ».

Son collègue Guillaume Ahouansou salue cette décision. Il reconnaît certes la portée pour leur sécurité. Mais la poussière qui se dégage constitue la seule difficulté. « Il faut qu’on y trouve de solutions pour que nous pussions circuler sans problème sinon il y a risque pour notre santé. Nous sommes déjà enrhumés. L’argent que nous cherchions avant, nous n’arrivons plus à faire cette recette. Et les policiers nous obligent à passer dans cette poussière. Si tu ne passes pas dedans, ils vont arracher ta moto. Ce que font les policiers, c’est bon. C’est pour sauver notre vie. Mais il faut qu’on trouve une solution à cette poussière » a-t-il insisté.

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