Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Journée mondiale du Coton : Les prouesses et insuffisances du Bénin en débat

Journée mondiale du Coton : Les prouesses et insuffisances du Bénin en débat

Lancée le vendredi 1er octobre, la 2e édition du mois du Consommons Local se poursuit. A l’occasion de la commémoration de la 3e Journée mondiale du coton (Jmc), les ministres de l’Industrie et du commerce Alimatou Shadiya Assouman et de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche Gaston Cossi Dossouhoui ont animé un panel sur les prouesses et insuffisances de ce premier produit d’exportation du Bénin, le jeudi 7 octobre à Cotonou.

Par Sènankpon DOSSOU

« Variétés et usage du coton béninois, performances depuis 2016, débouchés et perspectives… ». Ce sont là les principaux aspects abordés par les acteurs du coton au cours du panel intitulé « Le coton sous toutes ses formes ». Ce moment d’échange a permis aux participants de se rendre compte des prouesses réalisées par le coton béninois, mais aussi de ses promesses et difficultés.
Dans son intervention, le ministre Gaston Dossouhoui, a indiqué que le coton est la locomotive qui tire le Bénin sur la voie du développement. Et sa progression depuis 2015 dans le sens du rendement n’est pas hasardeuse. A l’en croire, cela résulte d’une organisation cohérente et méthodique tant au niveau de l’État central que de l’interprofession. En ce qui concerne les usages du coton, le ministre confié qu’en dehors de la fibre, ses graines, coques, tourteaux, huiles, tiges, déchets, sont autant de produits exploités sur le coton. Toutefois, a-t-il fait remarquer, le maillon faible de la chaîne reste la faible industrialisation qui contraint à l’exportation d’une grosse part de la production. Ce qui n’offre pas, regrette-t-il, une grande marge de plus-values.
Mais ces insuffisances seront corrigées bientôt, a rassuré la ministre de l’Industrie et du commerce Alimatou Shadiya Assouman. Elle a fait savoir que le gouvernement du président Patrice Talon travaille résolument à la mise en place d’un outil industriel avec une chaîne de valeurs rémunératrice. Car, souligne-t-elle, un accompagnement conséquent est disponible pour les industriels qui veulent s’installer au Bénin surtout avec la construction en cours, de la Zone industrielle de Glo-Djigbé.

Des prouesses mais…

Les autres panélistes ont également fait des propositions pour que le coton béninois puisse contribuer à son développement. Pour Constant Adonon de « Territoires tissés », il faut que les artisans soient véritablement consultés avant l’installation au Bénin des entreprises de filature de coton. A en croire Roland Riboux de Fludor-Bénin, les huiles à base de graines de coton produites au Bénin se vendent bien à l’export, ce qui augure d’une belle ère de prospérité pour le coton béninois. Le gouvernement envisageant atteindre la barre de 800.000 tonnes pour la campagne en cours, il pourra dès lors conserver sa place de premier producteur africain de coton. Il a indiqué qu’en 2015, la moisson était en deçà de 300.000 tonnes.
Mais avant et dans le cadre de la célébration de la 3e Journée mondiale du coton (Jmc), la ministre de l’Industrie et du commerce a rappelé l’importance de célébrer ce produit pour son poids économique et social au Bénin et ceux du C-4 que sont le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad. Car, a-t-elle justifié, il « contribue à la réduction de la pauvreté, à la satisfaction des besoins d’éducation, de soins de santé, à la garantie de la paix, de la dignité, de la prospérité… ». Cela participe selon la ministre à l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). Elle a fait savoir que les pays du C-4, les autres pays africains producteurs de coton et les pays les moins avancés travaillent à ce que la concurrence soit moins déloyale du fait des soutiens que les pays développés apportent à leurs producteurs. Ce qui crée des distorsions à la production et à l’exportation du coton. Alimatou Shadya Assouman a souhaité que la 12e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du coton (Omc) prévue pour le mois de décembre prochain apporte « un résultat substantiel, concret et mesurable pour le bonheur de plusieurs milliers de producteurs et des autres acteurs qui vivent du coton… ».
Tout en remerciant les partenaires techniques et financiers qui accompagnent les pays du C-4, la ministre les a invités à financer la « Route du Coton », un programme intégrateur initié par le C-4. Elle a insisté sur le choix du gouvernement qui porte, entre autres, sur le développement de l’industrie textile. Ce qui vise selon lui, à améliorer les résultats dans la chaîne de valeurs du coton, et à bonifier les valeurs non encore révélées des sous-produits du coton.
La 2e édition du Mois du consommons local prend fin le 31 octobre. Cette période sera marquée par des dégustations de mets locaux, des expositions tournantes dans les supermarchés, des expositions d’innovations et des foodtrucks dans des établissements d’enseignement.

Laisser un commentaire

Top