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Justice sociale : Le feu du racisme brûle les États-Unis (Le monde proteste, l’Afrique choquée)

Menotté et plaqué au sol, face contre terre, genou du policier Derek Chauvin solidement posé sur le cou, son nez a saigné et il a uriné dans son pantalon. En l’espace d’environ neuf minutes, l’Afroaméricain George Floyd, 46 ans, a connu un tel calvaire auquel il a succombé par suffocation, lundi 25 mai. Et depuis, les manifestations ne faiblissent pas aux Etats-Unis pour réclamer justice.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Voitures de police immobiles sous un feu ardent, boutiques, magasins de luxe pillés et commissariat brûlés, banques défoncées et incendiées… Aux Etats-Unis la foule de manifestants en furie est loin de venger uniquement George Floyd, accusé d’avoir voulu écouler un faux billet de 20 dollars et dont la mort cruelle a été filmée par un passant. La scène choquante a inondé la toile et fait exploser la révolte longtemps contenue contre le racisme séculaire et cruelle au pays de Donald Trump.

Depuis lundi, plusieurs villes américaines sont embrasées. De Minneapolis, ville du Minnesota où s’est produit l’incident meurtrier, la colère s’est étendue à New York, Philadelphie, Atlanta, Los Angela, Chicago voire Miami. Armées de balais et munies de pancarte aux messages anti-ségrégation raciale, les populations réclament justice et dénoncent les bavures policières disproportionnées contre les Noirs. L’arrestation, vendredi 29 mai pour ‘’homicide involontaire’’, du policier blanc auteur de l’assassinat ne les a pas calmées. Elles exigent son inculpation pour homicide volontaire. « Inculpez les policiers partout dans les villes américaines où les nôtre ont été assassinés », exige une afroaméricaine.

Des policiers déployés, dont plusieurs blessés, ont repoussé les manifestants à coup de fumigènes et de grenades. Le couvre-feu imposé a été bravé. Les agents des forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations. Le président républicain dans la course pour un second mandat a jeté la poudre au feu en traitant les manifestants de criminels. « Nous ne devons pas laisser un petit groupe de criminels et de vandales détruire nos villes », a-t-il déclaré.

A Washington, dimanche 31 mai, Donald Trump a dû être placé en sécurité dans le bunker de la Maison Blanche. De nombreux manifestants ayant violé le couvre-feu et envahi même la demeure présidentielle gardée par la garde rapprochée et les services secrets. Une première dans l’histoire, que le palais présidentiel le plus sécurisé au monde vit une telle situation.

Le monde proteste, l’Afrique choquée

Ailleurs, d’autres dirigeants politiques ont également exprimé leur indignation face au meurtre du Noir et la réalité du racisme institutionnalisé aux Etats-Unis. L’explosion des manifestations dans plusieurs villes est le signe de la « gravité du problème du racisme et de la violence policière aux Etats-Unis », a commenté devant la presse Zhao Lijian, au nom du ministère chinois des Affaires étrangères. L’Iran a aussi envoyé ses cris « aux fonctionnaires et à la police américaines : arrêtez la violence contre votre peuple et laissez-le respirer », a déclaré Abbas Moussavi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.

En Afrique, la première réaction officielle émane du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Qualifiant de « meurtre » la mort de Floyd, le diplomate Tchadien « réaffirme et réitère fermement le rejet par l’Union africaine des pratiques discriminatoires incessantes envers les citoyens noirs des Etats-Unis » et a exigé des autorités américaines « d’intensifier leurs efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination basées sur la race ou l’origine ethnique ».

Le Zimbabwé a convoqué l’ambassadeur américain dans son pays. Après sa condamnation, le président Ghanéen espère « que la mort tragique et malheureuse de George Floyd inspirera un changement durable dans la façon dont l’Amérique affronte de front les problèmes de haine et de racisme ». Au nom du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernement d’Afrique dont il est le vice-président, Nicéphore D. Soglo, ancien Président de la République du Bénin a été plus ferme dans le ton. « Le Forum …est profondément choqué, indigné et dévasté par les crimes à répétition dont est victime la communauté noire aux Etats-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré. Et de poursuivre que le Forum « est solidaire et apporte son appui à toutes les mesures que le mouvement noir américain « Black Lives Matter », les responsables et les élus noirs jugeront utiles de prendre pour mettre un terme à ces provocations répétées et à la barbarie filmée à dessein par les suprématistes blancs ».

Le racisme aux Etats-Unis est aussi vieux que l’esclavage. Les manifestations suite à la mort de George Floyd interviennent au moment du 99e anniversaire de ce qui est appelé les émeutes raciales de Tulsa ». Il s’agit d’une ville noire prospère massacrée dans le sang par la communauté blanche en 1921.

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