Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Kinésithérapie : les bienfaits d’une science clinique ignorée

Kinésithérapie : les bienfaits d’une science clinique ignorée

Elles sont nées parfois avec des handicaps au niveau de l’un de leurs membres, ou ont du mal à utiliser un de leurs membres soit après un Accident vasculaire cérébral (Avc) ou après un accident de la voie publique. Ces personnes ont besoin des soins pouvant leur permettre de retrouver l’usage de leurs membres ou articulations. La plupart font donc recours à la kinésithérapie. Qu’est-ce que sait ?

Par Raymond FALADE (Stag.)

Mardi 28 août 2019 à l’hôpital de zone Sakété/Ifangni dans le département du Plateau. Dans la salle de kinésithérapie, plusieurs appareils sont installés. Une cage de rocher, un chariot d’électrothérapie, un espalier, un appareil de thermothérapie, des ballons de rééducation, des plateaux d’équilibre et bien d’autres matériels. Paulin, 25 ans environ, est allongé sur l’un des lits. A ses côtés, un homme en blouse nommé Raimi Moutinou, chef du service de la kinésithérapie de ce centre sanitaire. Il aide Paulin à faire quelques mouvements et d’autres exercices qui lui permettent de travailler ses muscles, ses articulations et par ricochet tout son corps. 45 minutes après, l’exercice a pris fin. Les deux sont enfin libres pour répondre à nos questions. Le patient de Moutinou a fait un Avc transitoire depuis plus de 4 mois. Après deux mois passé à l’hôpital de Sakété, Paulin a commencé à se retrouver. Mais il éprouve toujours de difficultés à marcher. Il s’est donc retrouvé dans la salle de gym sur proposition de son frère dans l’espoir de retrouver son équilibre. « On m’avait envoyé dans la salle de gym parce qu’en ce moment, il n’y a pas encore le service de kinésithérapie ici », s’est rappelé Paulin. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au service de kinésithérapie. Après trois séances d’exercice, il est content du traitement reçu. « Je sens de l’amélioration. Je sens vraiment de l’amélioration. Le chef même m’a dit que si j’étais pris en charge directement après cet incident, je serai déjà rétabli », a-t-il déclaré.

                                                        Guérir par le mouvement

Le chef service de kinésithérapie de l’hôpital de zone Sakété/Ifangni, Raimi Moutinou est revenu sur cette branche de la santé. Selon le spécialiste, la kinésithérapie est une profession de la santé, une science clinique qui emploie le mouvement dans le but de renforcer, de maintenir ou d’entretenir les capacités fonctionnelles. La kinésithérapie est composée de “kinésie” et de “thérapie”. “Kinésie” veut dire ‘’mouvement’’ en grec et ‘’thérapie’’ signifie ‘’traitement’’. La kinésithérapie se définit donc comme le traitement par le mouvement dans le but de permettre aux sujets de retrouver plus ou moins complètement l’usage des fonctions atteintes en vue d’améliorer le handicap moteur et fonctionnel. La kinésithérapie est souvent assimilée à la rééducation mais elle englobe la rééducation, l’éducation thérapeutique et la réadaptation ou la réhabilitation

La rééducation c’est quand le sujet a perdu l’usage d’une fonction acquise. Dans ce cas, on le rééduque, c’est à dire on récupère la fonction perdue lors d’un accident de la voie publique par exemple ou après une paralysie suite à un Avc. L’éducation thérapeutique c’est quand le sujet n’a jamais acquis la fonction tels que les enfants ayant une infirmité motrice. La réadaptation ou la réhabilitation c’est quand le sujet n’a pas pu récupérer l’usage d’une fonction qu’on met en place des moyens compensatoires. « Beaucoup ignorent le rôle d’un kinésithérapeute », déplore, Raimi Moutinou. Pourtant, la kinésithérapie intervient dès la naissance jusqu’au troisième âge. Par exemple, « un enfant qui naît et pour certaines raisons se retrouve dans le coma a besoin de la kinésithérapie pour travailler ses fonctions motrices et respiratoires pour prévenir les limitations qui pourraient s’installer ou suite à un accouchement difficile on peut avoir une paralysie obstétricale du plexus brachial chez le nouveau-né qui a déjà besoin de la kinésithérapie à partir de 21 jours de vie ». A l’en croire, le mal de dos, les douleurs musculaires, articulaires et autres sont suffisantes pour consulter un kinésithérapeute. Pour Raimi Moutinou, les populations ne font pas souvent des consultations préventives. Ils font recours aux kinés, après que les séquelles sont installées. Or dans ce cas la récupération est lente et parfois compromise. C’est pourquoi il a invité les populations à se rapprocher des services de kinésithérapie lorsqu’ils se retrouveront dans ces cas pour la prévention. « Si le patient est vite pris en charge, il peut retrouver l’usage de ses fonctions » a-t-il rassuré.

 

 

Laisser un commentaire

Top