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« L’accusé de Okouta » : Cinq nouvelles de Comlan Pacôme Alomakpé en librairie

L'accusé de Okouta

Par « L’accusé de Okouta », sa première œuvre éditée, le lauréat du concours « Plumes dorées » en 2011, Comlan Pacôme Alomakpé prend définitivement place dans la Littérature béninoise. Son recueil de cinq nouvelles étalées sur 160 pages paru aux Éditions Savanes du Continent a été dévoilé, mardi 17 mai à Cotonou.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Plus de deux ans de résidence à l’édition. « L’accusé de Okouta » est enfin dans nos mains. Il aura fallu un travail acharné. Beaucoup de détermination avec le sentiment, parfois, de vouloir abandonner, a confessé Rodrigue Atchahoue, directeur des Éditions ‘’Savanes du Continent’’.

 

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Le langage dans le recueil « L’accusé de Okouta » représente une création originale de l’auteur Comlan Pacôme Alomakpé. Il agence les mots usuels tout en obtenant une esthétique incroyable. Aucune grandiloquence ! Une simplicité stylistique qui tranche avec la recherche du sensationnel, les complexifications phraséologiques caractérisant nombre d’écrivains. Ce qui garantit au livre, accessibilité du point de vue lecture et compréhension.

« L’accusé de Okouta », c’est cinq nouvelles croustillantes. La première, éponyme, donne son titre à l’ouvrage entier. Elle est suivie respectivement de « La cour de Dah Avivokin », « Les frustrés », « Monsieur Calpini », et « Yakpé ». Ce recueil « vous livre le Béninois que vous connaissez, mais dans des intrigues qui vous surprendront. Vous le redécouvrirez vautré dans ses contradictions séculaires, ses déchirements identitaires et sa résilience de légende. Vous lirez ses décadences, mais aussi cette ressource sans nom qui fait qu’il refleurit toujours de l’habituelle précarité », apprécie le préfacier Habib Dakpogan, écrivain.

« Des faits de société aux intrigues politiques, l’auteur a voulu ici être témoin de son temps, de ce qu’il a vu et de ce qu’il a vécu, à travers les agissements de l’Homme béninois, de ses travers, mais aussi de ses sursauts d’orgueil », renchérit le présentateur Jean Florentin Agbona, chroniqueur littéraire.

Comlan Pacôme Alomakpé est un jeune actif sur plusieurs questions. Son profil est une synthèse rare entre Droit, gestion du patrimoine culturel et journalisme culturel. Ces trois traits sont assez prégnants dans le recueil. « Dès les premières lignes de l’ouvrage, j’ai vu le gestionnaire du patrimoine culturel que je connais, le juriste préoccupé par les questions de droits humains, le jeune leader dévoué à la cause citoyenne », témoigne le présentateur.

À travers des personnages sciemment créés, il insuffle le paradigme d’une jeunesse responsable, active et créative. L’image en couverture en donne le ton. Cet homme exécutant la « danse sur bambou », est le symbolise même que « la jeunesse, pour aller au sommet de la gloire, a besoin de concentration, de travail…. », insiste le nouvelliste.

Au fil des pages, le lecteur est donc forcément impressionné par des jeunes béninois leaders qui font montre d’une prise de conscience exceptionnelle quant aux défis et enjeux de leur vie. Ces derniers inscrivent et vouent leur existence à la résilience et à la restauration des valeurs sclérosées et étiolées du fait de l’ordre social délétère et scabreux. Adambi dans « L’accusé de Okouta » incarne cette jeunesse qui gravite les échelons et réussit leur vie par l’effort, la compétence et le travail constant. Ce modèle de leadership est mis dans son rayonnement le plus exemplaire par le jeune Yakpé. Ce héros s’est fait non seulement adepte de la reconversion dans un système éducatif déficitaire, mais aussi chantre de la résilience contre la facilité, la délinquance et le mal.

 

« La richesse de l’œuvre s’observe par la singularité des noms que portent les personnages, la présence des paroles incantatoires, des proverbes, des invocations bien connues chez nous. Des noms comme Odoun, Doguè, Yakpé, Howa, Ehinhoun, Etinkpon, Zogbéton, Dah Avivokin ne vous laisseront certainement pas indifférents. Il en est de même avec les formules sacrées qui sont parsemées dans le texte »

 

Mieux que l’action d’un leadership exemplaire, la jeunesse célébrée dans « L’accusé de Okouta » est celle qui réfléchit, pensent objectivement et se pose les bonnes questions. Le jeune Maître de « Les frustrés » en est un prototype. Il consacré toute sa personne à la réflexion. Il pense profondément sur le pourquoi et le comment des tristes réalités sociales auxquelles la jeunesse doit apporter des approches de solutions.

Cette jeunesse active et réfléchie, franchit la peur et l’égoïsme dans les actes qu’elle pose. Elle est prête pour le sacrifice suprême, capable de s’offrir vaillamment, au nom de la justice et du bien-être de la communauté, en sacrifice afin d’expier le mal social. C’est ce que représente le jeune Ehinhoun dans « Monsieur Calpini ».

Anthroponymie

L’autre aspect frappant dans l’œuvre, c’est le « consommons local », la promotion du patrimoine touristique et culturel national. Comlan Pacôme Alomakpé est connu pour ses initiatives en faveur du patrimoine immatériel comme matériel. Récemment, il a été au cœur de la mise en place du Circuit touristique du Mono (Cirtoum) financé par l’Union européenne. Sans occulter les nombreuses excursions qu’il a organisées en vue d’amener les béninois à découvrir leur pays, plutôt que d’être obnubilés par les lointaines destinations occidentales.

Impossible d’éluder « …les nombreuses références aux sites historiques, culturels, et naturels, aux valeurs traditionnelles, aux savoir-faire ancestraux et à la sagesse africaine. Un voyage touristique qui vous conduit notamment à Ouidah, à Abomey, dans le Mono, ou encore à Dassa pour découvrir ce qui nous relie à notre passé, à notre histoire, ce qui fait la spécificité de notre culture », révèle justement Florentin Agbona, chroniqueur littéraire.

À une époque où les peuples s’accommodent de l’acculturation surtout en Afrique subsaharienne, l’auteur rame à contre-courant. Il n’a pas flanqué ses personnages de noms de calendrier qui n’ont aucune valeur identitaire chez l’ex colonisé spirituel et politique. Dans « L’accusé de Okouta », les acteurs ont souvent leurs noms en langues nationales. Ils n’ont pas honte de les porter et ne les cachent pas sous leurs initiales. Même si leur francisation graphique–déplorable- est à souligner dans le livre, alors que lesdites langues ont désormais leurs propres alphabets.

Ces noms, les porteurs les incarnent véritablement dans le rôle à eux attribué. « La richesse de l’œuvre s’observe par la singularité des noms que portent les personnages, la présence des paroles incantatoires, des proverbes, des invocations bien connues chez nous. Des noms comme Odoun, Doguè, Yakpé, Howa, Ehinhoun, Etinkpon, Zogbéton, Dah Avivokin ne vous laisseront certainement pas indifférents. Il en est de même avec les formules sacrées qui sont parsemées dans le texte », récapitule si bien le présentateur.

 

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Au reste, et comme l’a lancé le chroniqueur littéraire Jean Florentin Agbona, « Un bon livre se passe de présentation ». Alors, faites comme si je ne vous ai rien dit, lisez le livre, et laissez-vous emporter par la plume de Pacôme Alomakpé ».

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