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Léandre Houngbédji a/s création tout azimut de partis politiques : «La vocation de la réforme du système partisan n’est pas de limiter les partis politiques»

La réforme du système partisan et du Code électoral est l’une des grandes réformes opérées par le président Patrice Talon au cours de son premier mandat. À partir de cet instant, ce sont les grandes formations politiques à couverture nationale qui peuvent animer la vie politique et gérer le pouvoir d’État. Toutefois, «La vocation n’est pas de limiter les partis politiques» ou «d’interdire de créer les partis»‚ a précisé le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji le vendredi 21 janvier lors d’une séance d’échange avec les journalistes à Cotonou.

Par Raymond FALADE

Au lendemain du vote de la loi sur la charte des partis politiques au Bénin en septembre 2018, la réforme du système partisan et du Code électoral portée par le gouvernement de la Rupture est devenue réalité. Conséquence, les anciens partis politiques ont disparu sur le plan juridique. Il n’y avait donc que les deux nouveaux blocs de la mouvance à savoir l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br) nouvellement créés. Ces partis, à couverture nationale réunissaient chacun en ce qui le concerne, une centaine partis politiques. Les anciens partis, certains après un moment de résistance, ont fini par se conformer et d’autres ont été créés conformément aux nouvelles dispositions en vigueur. Malgré cette volonté du gouvernement d’avoir de grands partis politiques à couverture nationale, il est de plus en plus constaté la naissance de nouvelles formations politiques qui visiblement sur le terrain, ne sont pas animées sur toute l’étendue du territoire national. Aujourd’hui, plus d’une dizaine de partis ont été créés et ont leur récepissé pendant que d’autres sont également en attente des leurs. Ce qui fait dire à certains que la réforme du système partisan a été un échec. Mais tel n’est pas le cas‚ objecte le Secrétaire général adjoint du gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji. À l’en croire, la vocation de la réforme du système partisan n’est pas de limiter le nombre des partis politiques au Bénin ni d’en interdire. «En France, vous avez plus que les trois partis qu’on voit. Il y en a des centaines de micros. Même aux États-Unis, vous avez les deux gros. Mais vous savez qu’il y a en dessous. Quand vous avez cette lecture de la réforme du système partisan, vous ne pouvez pas comprendre ce qui est fait et vous allez toujours mal nous juger»‚ a-t-il déclaré.
Revenant sur le but de cette réforme, Wilfried Léandre Houngbedji a expliqué qu’avant 2019, l’Assemblée nationale comptait 43 partis pour 83 députés. Mais désormais, il y en aura plus que 10 conformément aux nouvelles exigences de la loi. «Vous observerez que le parlement béninois avec 83 députés en 2015, il y avait 42 partis politiques représentés à l’Assemblée nationale. Et ces partis étaient seuls ou en alliance. Et vous savez que tel que cela fonctionnait avant, chacun d’eux considérait que c’est un bon cadeau. Il faut me donner ma tranche. Donc, même le parti qui est allé en alliance avec neuf autres et qui pour faire élire même le député, a peut-être apporté 500 où bien 1000 voix, considère qu’il a droit à quelque chose. Il va dire : donnez moi telle direction, donnez moi telle société. 42 pour 83, avec cela, vous ne pouvez pas conduire une nation politique cohérente homogène qui impact la qualité de vie»‚ a démontré le porte-parole du gouvernement. Il a fait savoir que dans les communes à l’époque, il y a des conseils communaux de 21 membres mais qui proviennent de 5, 6 ou 7 partis politiques. Conséquence, à l’Assemblée comme dans les assemblées communales, il est noté une «majorité à géométrie constamment variable et une instabilité politique». C’est pour corriger tout cela‚ a-t-il indiqué, que cette réformée a été opérée. «Désormais, nous voulons qu’il y ait de grands partis politiques au Bénin. On n’a pas dit qu’on ne veut plus qu’il ait de partis ou qu’on limite. On veut qu’il y ait de grands partis politiques à couverture nationale‚ a professé Wilfried Houngbédji.
Aussi, la réforme a-t-il prévu des mesures pour accompagner les partis politiques. Il s’agit du financement public pour ceux d’entre eux qui sont effectivement représentatifs et représentés. Mais pour en bénéficier, il faut remplir certaines conditions. «C ‘est au titre de ces conditions qu’on a dit pour qu’un parti soit appelé au partage des sièges lors des communales ou des législatives, il faut qu’il justifie d’avoir réuni 10% des suffrages au niveau national. Donc, la somme des suffrages qu’il va avoir dans toutes les circonscriptions doit nous donner au moins 10%. A défaut, dans sa circonscription de prédilection comme avant, il peut faire 10%. Mais si au plan national, il est à 9%, 9,50%, il n’aura pas des sièges»‚ a-t-il expliqué.
Le Secrétaire général du gouvernement a rappelé qu’avec la réforme du système partisan, les partis politiques ne peuvent plus aller aux élections en alliance. Sur la création de nouveaux partis politiques malgré la réforme, Wilfried Léandre Houngbedji n’y trouve pas d’inconvénients. Pour lui, «si vous avez créé, c’est que vous estimez que vous êtes forts». Tous les partis qui sont créés n’ont pas vocation à gouverner. «Ils peuvent servir juste à être des agitateurs d’idées. Cela aussi contribue au débat démocratique. C’est leur option»‚ a-t-il relevé. C’est pourquoi, il a invité les uns et les autres à ne pas s’offusquer de voir «une quinzaine de partis politiques aujourd’hui ni même demain que nous passions à 100 ou à 1000». Car‚ souligne-t-il, le peuple sait maintenant, contrairement à avant 2019, qu’il y ait des balises qui sont posées pour que seuls les vrais grands partis émergent, animent la vie politique, dirigent et rendent compte de leurs actions. Léandre Houngbédji a soutenu que la réforme du système partisan et du Code électoral a été un succès. Pour lui, c’est une dynamique positive qui est en cours et que beaucoup ne s’en rendront compte davantage que dans 10, 20 ou 30 ans.

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