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Législatives 2019 : Les journalistes aguerris pour une couverture professionnelle

Le gouvernement a maintenu les élections législatives de 2019 au 28 avril malgré les résistances de l’opposition qui s’estime exclue. Des journalistes et webactivistes ont donc été formés à Cotonou du 4 au 5 avril à l’initiative du Ministère de l’économie numérique et de la communication pour une couverture professionnelle en vue d’un scrutin pacifique.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Ce sont des journalistes de l’Ong ‘’Afrika stratégies France’’ (Asf), bardés d’au moins une dizaine d’année d’expérience dans le métier, qui ont dispensé la formation ayant pour thème : « Couverture médiatique en période électorale, cas des législatives 2019 au Bénin ».  Les bénéficiaires : environ quarante-quatre professionnels des médias du Bénin formés pour la plupart « sur le tas ».

Le démarrage des échanges a été précédé d’une cérémonie de lancement à la salle de conférence du Centre de documentation et d’information juridique (Cdij) de la Cour d’appel de Cotonou, dans la matinée du jeudi 4 avril. L’importance d’une telle initiative en cette période sensible a été défendue à cette occasion dans les différentes allocutions. La première vice-présidente de la faitière des journalistes, l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Zakiath Latoundji a exprimé ses gratitudes au ministre, Mme Aurélie Adam Soulé Zoumarou qui a initié le projet. Il permettra, a-t-elle salué, aux journalistes d’améliorer leurs connaissances. Elle invita alors ses confrères à « rester très attentifs à ces modules de formation et surtout à utiliser les acquis sur le terrain afin que tout ce que nous aurons à faire tout au long de la période de couverture soit des productions de très bonne qualité ». En période électorale, a renchéri Brice Kodjo, responsable formation d’Asf, le traitement et la diffusion de l’information exigent plus de rigueur et de précaution car « le travail des médias et des acteurs web est prédominent sur les populations ». C’est pourquoi cette formation, a-t-il indiqué, « entend renforcer la capacité et la professionnalisation de ses bénéficiaires ».

Représentant du ministre empêché, le secrétaire général du Ministère de l’économie numérique et de la communication, Serge Koudjo a donné le coup d’envoi officiel de cet atelier de recyclage. « C’est la veillée d’arme dans tous les états-majors impliqués dans cette élection », a-t-il souligné pour conscientiser les hommes et femmes de médias sur la délicatesse de la période. « Nous aussi, acteurs de la communication, l’heure a donc sonné pour nous d’affûter nos armes et de revisiter nos reflexes pour offrir des prestations dignes de notre profession, des prestations en total harmonie avec les circonstances », a-t-il poursuivi. Ce qu’il espère donc des bénéficiaires, en cette période de floraison d’information encouragée par l’appétence exponentielle des populations en information, c’est « plus de précautions et de mécanismes particuliers dans la diffusion et le traitement des informations » pour la promotion de la paix. Ce qui, a-t-il insisté, passe par le respect scrupuleux des normes et règles encadrant la profession. Le Code de l’information et de la communication, la loi sur la radiodiffusion numérique, le Code de l’éthique et de déontologie dans les médias et la loi portant Code du numérique sont donc des instruments juridiques que les professionnels doivent se réapproprier. « Je vous exhorte en ces circonstances à vous retremper dans le contenu de ces différents textes, en posséder l’esprit et en maitriser la lettre », a-t-il lancé.

Après les déclarations, cap sur deux jours de formation. La première journée a été consacrée à deux communications sur l’écriture journalistique et la déontologie, par Max-Savi Carmel, rédacteur en chef d’Asf et l’écriture web et médias sociaux, assurée par Fabbi Kouassi. Ainsi jusqu’à 16 heures du jeudi 4 avril, les participants ont été, dans une démarche interactive, édifiés sur les types d’articles de presse et les démarcations entre eux afin d’éviter les mélanges, les spécificités et caractéristiques de l’écriture web et des conseils pour des contenus web irréprochables. La dernière journée, le directeur général des médias, Levy Ayeyemi s’est ajouté aux deux autres formateurs. Au centre de sa communication, le nouveau Code de l’information et de la communication en république du Bénin. « Nous continuons de nous comporter comme si le Code n’existait pas », déplora-t-il d’entrée. Avant de rappeler que ce texte a été voté en 2015 et est depuis lors entré dans le droit positif béninois. Il présentera ensuite à son auditoire, les innovations de ce Code et les délits de presse qu’il punit et que les professionnels doivent donc éviter. Quant à Fabbi Kouassi et Max-Savi Carmel, ils ont entretenu les journalistes aussi bien sur la couverture médiatique en période électorale (fonctionnement des rédactions, modes de traitement de l’information, les sources d’information pendant la campagne, l’attitude du journaliste, le vox populi) et la sécurité des journalistes.

Les deux jours de formation ont été des moments de rafraichissement de mémoire, de rappel de notions, et de partage d’expériences tout en humour. A la fin, les bénéficiaires ont été amenés à apprécier l’atelier. Les notes confidentielles qu’ils ont attribuées librement sur des boues de papiers varient de 12 à 18 sur 20. La somme divisée par 44, soit le nombre de participants, a donné comme moyenne 16, 33. Preuve que les formateurs de l’association française Asf ont comblé leurs attentes. La formation a été sanctionnée par une remise d’attestation aux participants.

Il est donc possible de soutenir que s’il ne tient qu’aux journalistes et webactivistes, les législatives du 28 avril prochain se passeront dans la paix au Bénin. Afin que ce pays d’Afrique de l’ouest honore une fois encore sa démocratie jusqu’ici exemplaire en Afrique.

 

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