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Législatives 2019 : L’impossible union

Sur fonds de souhaits mitigés, d’un engagement branlant et d’une unité fissurée, ils sont néanmoins parvenus à annoncer la nouvelle à grand renfort médiatique: “la proclamation de Vidolé” à travers laquelle les Fcbe, la Rb aile Soglo, l’Usl et autres partis de l’opposition s’engagent à aller en rangs serrés et donc sur une liste unique aux prochaines législatives. À première vue, c’est une initiative louable puisqu’apparement, elle semble épouser la vision du nouveau code électoral qui incite aux grands regroupements. Mais, légalement cette option telle qu’envisagée est totalement en déphasage avec les exigences du code électoral et expose irrémédiablement l’opposition au rejet pure et simple de sa liste par la Cena. Tenez, l’alinéa 2 de l’article 44 de loi portant code électoral, dispose que : « les alliances électorales ne sont pas autorisées à présenter des listes de candidature ». Il ressort de ce qui précède que seuls les partis politiques légalement constitués pris individuellement peuvent être porteurs d’une liste. Or, au nombre des partis politiques préssentis pour constituer cette liste unique de l’opposition, figurent plusieurs qui se sont déjà constitués légalement ce qui confère à l’ensemble en gestation, le caractère d’une alliance de partis, ce qu’interdit expressément l’article susmentionné. La Céna, pour ce motif évoqué va certainement rejeter la liste électorale annoncée. ” Mais nous sommes en règle du moment où allons aux élections avec une liste sous la bannière des Fcbe” pourrait brandir l’opposition qui va s’appuyer sur le fait qu’aucun des partis politiques de cette alliance à l’exception des Fcbe ne s’est encore mis en conformité avec la nouvelle charte des partis et donc, peuvent librement se mettre sous le couvert des cauris. Mais là aussi, le problème se pose. Nonobstant le fait qu’on serait dans ce cas, en présence de deux régimes juridiques incompatibles au sein du consortium constitué d’une part de partis politiques encore soumis à l’ancienne charte des Partis politiques et les Fcbe, soumis aux au régime de la nouvelle charte, le seul fait d’avoir proclamé publiquement l’intention de cette liste unique des partis de l’opposition, le 16 janvier dernier, rend officielle la création de cette alliance des partis de l’opposition. La Céna pourra également tenir compte de ces paramètres pour invalider la liste unique annoncée. L’institution chargée des élections pourra enfin retenir contre cette liste unique, la fraude à la loi portant nouvelle Charte des partis politiques au motif que des partis politiques en porte à faux avec la nouvelle loi, se sont accoquinés aux Fcbe pour constituer une liste. Conséquence: une invalidation de la liste ainsi confectionnée. En définitive, à moins de vouloir faire un forcing qui va indiscutablement se révéler suicidaire pour elle, l’opposition doit se rendre à l’évidence que la liste unique qu’elle entend porter pour les législatives prochaines n’est en fait qu’une alliance électorale ce qui est interdit aussi bien par la charte des partis politiques que par le code électoral. Coincés dans les dédales de leurs querelles de leadership, leurs tergiversations, Boni Yayi, Nicephore Soglo, Sébastien Ajavon et autres n’ont aujourd’hui d’autre choix que de recourir à la seule alternative qui leur reste: abandonner alors qu’il est encore temps, le projet de liste unique des partis de l’opposition et que chacun des partis politiques élabore sa liste pour affronter les législatives prochaines. C’est là le prix à payer pour les improvisations successives qui ont jalonné leur parcours. C’est aussi là, l’un des meilleurs cadeaux que le zodiaque politique pouvait leur faire à la veille des prochaines joutes législatives qui s’annoncent palpitantes.

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