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Liberté de la presse au Bénin : Joël Atayi-Guédégé invite à libérer « l’aide aux médias »

Le dernier rapport de l’organisation internationale Reporter sans frontières (Rsf) continue d’agiter l’opinion. Le Bénin, autrefois l’un des pays où règne la liberté de la presse, a connu une régression ces dernières années au plan mondial et surtout africain.

Par Raymond FALADE

Le sujet a été abordé, lundi 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. En effet, de 2016 et 2021, le Bénin a perdu 36 places. Selon le classement 2021 de Rsf, le pays occupe désormais la 114è place. Une situation qui devrait interpeller tous les acteurs, qu’ils soient des médias ou des pouvoirs politiques ou encore de la société civile pense Joël Atayi-Guédégbé, acteur de la société civile et président de l’Ong Nouvelle éthique. Il est vrai que des efforts ont été faits de part et d’autre, « mais il subsiste encore malheureusement des aspects de la législation qui ne sont pas favorables à la pleine expression de la liberté de presse » a-t-il affirmé. Des situations qui certainement selon l’organisation « ne donnent pas la meilleure image possible de la presse béninoise », a estime Joël Atayi-Guédégbé. Pour lui, les différents acteurs doivent tout faire pour que « la presse recouvre son indépendance. C’est du moins le plus possible qu’aux pouvoirs politiques, aux pouvoirs économiques voire religieux ».

La situation est préoccupante. Elle doit donc faire réfléchir et interpeller la conscience de chacun. « On ne peut pas être fier d’avoir été déclassé. Tout le monde aimerait figurer dans le palmarès de tête. Donc, on ne peut pas tirer fierté d’un déclassement », a-t-il commenté. Et d’ajouter qu’il en est de même pour ceux qui ne considèrent pas ce rapport. « On peut contester les indicateurs utilisés par Reporter sans frontières. On peut déplorer que Reporter sans frontières ne fasse pas suffisamment d’investigation. Mais il y a des situations également qui sont adressées à juste titre à Reporter sans frontières. Les difficultés, les situations qui fâchent dans notre pays par la liberté de presse » a-t-il évoqué. Les acteurs à divers niveaux, a-t-il lancé, doivent savoir qu’il leur reste « beaucoup à faire et que nous n’avons pas fait suffisamment pour mettre les médias en situation de donner le meilleur d’eux-mêmes ».

Joël Atayi-Guédégbé invite le gouvernement à libérer « l’aide aux médias qui était relativement une chose acquise depuis les années 96, 98 » mais qui malheureusement « semble s’émousser ». Ce qui a « des répercussions inimaginables sur la qualité du secteur médiatique dans le pays ». Le président de l’Ong Nouvelle éthique a insisté que cette situation soit revisitée, « et que le Fonds d’appui pour le développement des médias qui a été institué et voulu par la profession soit soutenu comme il faut par l’État béninois comme il s’y est engagé pour les partis politiques ». Car, conclut-il, « On parle de démocratie aussi quand on parle de liberté de presse ».

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