Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Lutte contre la drogue au Bénin : A Café média plus, les spécialistes en parlent

Lutte contre la drogue au Bénin : A Café média plus, les spécialistes en parlent

« La nécessité d’opérer des réformes dans les politiques de lutte contre l’abus et le trafic de drogue au Bénin ». C’est le thème qui a fait l’objet des échanges au cours de la deuxième causerie de Café média plus du vendredi 25 juin entre les professionnels des médias. Ce panel offert par Social watch Bénin à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre les stupéfiants a permis de faire l’état des lieux de la lutte au Bénin.

Par Raymond FALADE

Pendant environ deux heures, les acteurs engagés dans la lutte contre ce fléau ont passé au peigne fin, les réformes opérées pour venir à bout de la consommation de la drogue au Bénin. Ainsi, le professeur directeur du Centre national universitaire psychiatrique de Cotonou Magloire Gansou, le commissaire de police, secrétaire permanent de la de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes Bachirou Sidi Ibrahima (Sp-Silas) et Dr Lise-Hélène Pourteau Adjahi, responsable de mission du projet de réduction des risques de l’Ong Médecins du monde en Rci, ont partagé avec les professionnels des médias le rôle qu’ils jouent pour une lutte farouche contre la consommation de la drogue.
Sur la thématique objet des échanges, Bruno Houessou, responsable suivi-évaluation et communication de Social watch Bénin a expliqué que cela « pose une problématique de santé publique mais aussi de développement ». Et parlant du développement, il s’agit d’une affaire de tous. Ce qui fait dire au professeur Magloire Gansou que « la lutte contre les stupéfiants est une lutte que chacun doit mener ». Au Bénin, trois axes de prise en charge ont été mis en place par le Silas. Il s’agit explique le secrétaire permanent du Silas, le commissaire Bachirou Sidi Ibrahima, de la réduction de l’offre, la réduction de la demande et la prise en charge des risques liées à la consommation.
Ainsi ajoute-t-il, le Silas est « l’interface entre le gouvernement du Bénin à travers le ministère de l’Intérieur et la communauté internationale. La commission interministérielle est un ensemble de 15 ministères avec un comité permanent composé de 5 ministères ».
A l’en croire, le chanvre indien est la drogue la plus utilisée au Bénin parce que très souvent, on ajoute de l’alcool. « Dans nos statistiques, nous avons plus de 50% de consommateurs de drogue qui ne consomment que le chanvre indien » a-t-il révélé. Selon ces statistiques, les couches les plus touchées aujourd’hui sont les artisans et les conducteurs de Zémidjan. Enumérant les causes qui poussent beaucoup à se ruer vers les stupéfiants, il a cité le mimétisme, la mauvaise compagnie, les parents qui ne surveillent pas leurs enfants, le divorce entre les parents qui fait que parfois l’éducation de certains enfants prend un coup.
La drogue, c’est toute substance naturelle dont la consommation modifie les sensations et le comportement de l’homme. Aujourd’hui, on la retrouve dans plusieurs produits comme dans les bonbons, les biscuits, les toffis etc. Ainsi, soulignent les spécialistes, « celui qui consomme la drogue est un malade et non un délinquant ».
Depuis des années, l’Ong Médecin du monde travaille pour la réduction des risques liés à la consommation de la drogue. Selon la responsable de Mission du projet de réduction des risques de l’Ong Médecin du monde en Rci, Dr Lise-Hélène Pourteau Adjahi, « la réduction des risques est une approche qui vise sur des problèmes qui sont inexplicables avec des composantes répréhensibles ». De ce fait, l’Ong n’est pas là pour dire c’est bien ou pas.  Il s’agit pour elle, de dispenser les meilleures techniques pour prendre en charge les personnes qui seraient dans un usage de substance. « Les consommateurs souffrent 9 fois de la tuberculose que les autres. Lorsqu’on les arrête par exemple, ils vont en prison avec leur tuberculose. C’est un véritable problème de santé publique » a-t-elle indiqué.
Comment venir véritable à bout de ce phénomène ? C’est désormais l’objectif des différents acteurs engagés dans la lutte. Pour le professeur Gansou, il faut « coordonner nos activités de riposte, renforcer la prise en charge par les formations continue des personnes former spécialement à la prise en charge des citoyens consommateurs de substances psycho-actives ».

Laisser un commentaire

Top