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Master Ked : « les parents étaient contre que je fasse de la musique au point où je sois expulsé »

Aujourd’hui, nous aimerions vous faire découvrir l’un des magnifiques talents du Bénin. Il s’appelle Master Ked, “Mister Dintrolo”. On l’a connu à peine un an passé, mais ce talent existait depuis 10 ans en arrière. Voici l’histoire de sa musique…

 

Propos recueillis par Odette SAVI (ext.)

 

Bénin Int : Qui est Master Ked et que doit-on retenir de sa carrière artistique ?

Master Ked : A l’Etat civil, je m’appelle Keitchion Abdul. Je suis originaire d’Abomey (centre du Bénin) mais ma maman est de Dassa. Juste après mes études secondaires, je me suis inscrit dans l’audiovisuel, ce qui m’a permis d’ailleurs de devenir un ingénieur de son réalisateur vidéo. Déjà au collège, en classe de 5e j’avais commencé par chanter lors des activités culturelles du collège. En cette période, on avait formé un groupe qui s’appelait « Akny krou », un groupe qui avait connu un véritable succès dans le temps et c’est de là qu’on en a pris goût. Mais quelques temps après, le groupe s’est dispersé. J’en ai encore créé d’autres qui s’appelaient « Black book » qui était composé d’au moins 10 membres avec un mélange de styles de musique, ce qui m’a permis de naviguer un peu dans la musique. Après ce groupe, j’ai créé « Black Sexion » où on était 3 membres et on avait fait le remix du son « romantique » de Koredo Bello et Tiwa Savage qu’on avait intitulé « Love Sodabi ». Après cette longue aventure sans succès, on a décidé chacun, de continuer en solo pour que chacun puisse voler de ses propres ailes. Retenez que, avant qu’on ne puisse prendre cette décision, moi j’étais déjà à 10 ans de carrière artistique. Alors, une fois en solo, j’ai sorti mon single « Ma musique » qui n’est pas officiel. Je voulais lancer « dokpo dokpo » quand le Label Zik promo m’a tendu la main et on a lancé « dokpo dokpo », qui n’a pas fait ‘’feu’’. C’est après ça que j’ai composé « Auto Auto » qui a vraiment pris et qui a confirmé le Master Ked que je suis aujourd’hui, c’est une chanson que tout le monde aime aujourd’hui, qui est devenu une chanson tube. Il y a d’autres singles que j’ai faits mais qui n’ont pas pris comme Auto auto mais actuellement, il y a « Vovowê » qui prend déjà l’allure de « Auto Auto ».

Quelle est ta relation aujourd’hui avec tes parents qui entre temps, t’ont expulsé de la maison à cause de la musique ?

C’est vrai qu’au départ, les parents étaient contre que je fasse de la musique au point où je sois expulsé de la maison. Mais aujourd’hui, ils sont fiers de moi. Aujourd’hui j’ai compris qu’ils ne voulaient que mon bien, je ne l’avais pas compris. Vous savez, il faut parfois des situations pareilles pour relever le défi. Et vraiment, ça m’a permis de prendre les taureaux par les cornes et de me prendre en charge et c’est tous ces évènements qui m’ont motivé à persévérer et à avoir aujourd’hui ce nom. Aujourd’hui, papa et maman sont fiers de moi, quand ils me voient à la télé, ils m’appellent et prient pour moi. On tisse de très bonnes relations, on n’a plus de soucis, tout va bien.

D’où est partie l’idée de ton single « Auto auto » Alias Dintrolo qui t’a révélé sur la scène béninoise et qui fait toujours le buzz dans nos différentes villes ?

« Auto auto », c’est le résumé bref de tout le parcours artistique que j’ai fait. De la base jusque-là. Vous imaginez quelqu’un qui fait 10 ans, 11ans de carrière artistique sans avoir de succès. Il faut avoir un mental fort, un mental d’acier pour continuer à espérer. A un moment, je me suis dit, mais il faut que ça change, j’ai tant espéré le succès mais rien. Maintenant je dois demander à Dieu qu’il faut que ça marche. Et c’est de là que j’ai sorti « auto auto » et mes vœux sont exaucés et voilà le single a pris effectivement

Parle-nous de ton aventure avec le Label Zik promo. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Ce n’est pas le moment de jeter le tort sur quelqu’un. Au départ, tout allait bien jusqu’au moment où les choses ont commencé par balancer. Moi je suis un artiste chanteur et je ne peux pas perdre tout mon temps sans prendre des décisions. Après 12ans de carrière et Dieu me donne la chance d’avoir un bout de succès, il faut que j’enchaine, que je continue à chanter et à faire plaisir à mes fans et comme c’est un contrat qu’on a signé, on était obligé de résigner le contrat. Je ne pense pas trop détailler. Mais c’est des gars que je respecte beaucoup et en retour, je mérite le même respect.

Après le succès de « Auto auto », tu as aligné plusieurs flops avant de nous sortir « Vovowê » qui semble accrocher un peu plus le public même si ça n’a pas encore le même succès que « Auto auto ». A quoi est dû tout cela ?

Ce n’est pas que je manque d’inspiration, seulement que j’étais sous la pression du public, parce qu’ils veulent écouter une chanson qui serait lourde comme Auto Auto. Et déjà en tant qu’être humain, nous savons l’effet que la pression pourrait faire sur nous. Je pense qu’ils nous ont eu sur ce coup. Mais après « auto auto », nous avons lancé officiellement « Espoir 2000 », c’est un son qui n’est pas du tout mal mais ça n’a pas pris parce que ce n’est pas dans le même feeling que « Auto auto ». Comme je n’avais que « Auto auto » pour les prestations, j’ai sorti « Hotahan » qui est un Freestyle pour juste assurer les podiums. « Vovowê » qui est déjà lancé, n’a pas encore tout ce que « Auto auto » avait mais je pense que c’est sur la voie de connaître le même succès que « Auto auto ». Au Bénin, quand un son n’est pas bon on connait déjà la réaction de nos frères mais par rapport à « Vovowê », tout le monde apprécie déjà et ce n’est pas pour me vanter.

Tu as toujours le soutien de plusieurs artistes à chacune de tes sorties. C’est quoi le secret ?

Si les artistes, surtout les ainés me soutiennent, c’est d’abord parce qu’ils aiment la musique béninoise et ils aiment ce que je fais et en guise d’encouragement, ils me soutiennent. Mais le vrai secret, c’est le respect que j’ai pour eux et le respect que j’ai pour ce qu’ils font depuis des années. Je pense que c’est cette considération que j’ai pour eux qui les motive. Ce n’est pas donner à tout le monde, sinon combien d’artistes le font ici au Bénin ? C’est aussi la façon dont je les aborde. Moi qui suis ici, je suis très simple et je n’ai de problème avec personnes.

Combien de femmes tu as eu grâce à Auto auto ? Est-ce que tu es toujours un cœur à prendre ?

Rire ! Je n’ai pas eu de femmes grâce à auto mais j’ai plutôt eu de fans. Si je fais de la musique, ce n’est pas pour avoir beaucoup de femmes mais pour avoir beaucoup de fans. Maintenant, si je vous dis que je suis un cœur à prendre, je suis sûr qu’à partir du moment où l’article sera publié, il y aura des messages de demande en mariage sur mon compte Instagram, Facebook etc…

Tes différentes distinctions nous intéressent. Combien en as-tu déjà eu ?

Les distinctions, on n’en a pas eu beaucoup. Après le prix du Bénin Top 10 en 2018, on a eu le prix de la révélation de l’année, meilleur artiste sur Radio univers et d’autres.

Il est constaté que la musique béninoise n’est pas classée parmi les meilleures au monde. Que penses-tu de cela ? Penses-tu que le Bénin arrivera un jour à imposer sa musique au Bénin ?

Le constat que moi j’ai fait sur la musique béninoise est qu’on n’a un petit souci ici au pays, si je peux le dire ainsi. Selon moi, la musique béninoise peut bel et bien s’imposer. D’abord, avant de t’imposer, faudrait qu’on sente une originalité dans ce que tu fais. Et quand on parle d’originalité, il y a la langue parce que rien ne peut être plus originale que la culture. Donc la langue fait partie de la culture. Mais si on continue à tout le temps chanter en Français, en anglais, nous voulons avoir quelle originalité ? Si moi Master Ked, je chante en fon, ce n’est pas parce que je ne comprends pas le français, ce n’est pas parce que je ne peux pas chanter en français. Mais beaucoup de gens ne comprennent pas, ils disent que c’est parce que je ne peux pas chanter en français ; c’est faux. J’ai au moins deux de mes singles qui sont chantés entièrement en français tels que “Ma musique” et «Hotahan». Donc, si on ne crée pas la différence à partir de notre culture, on veut avoir quelle originalité, comment on veut s’imposer ? On ne peut pas le faire. Les grands artistes béninois qui ont évolué, ont chanté dans leur langue. Je prends l’exemple de notre maman Angélique Kidjo ; elle a chanté en langue nationale, le doyen Sagbohan Danialou, il a chanté en fon, le doyen Nel Oliver a aussi chanté en fon, en Yoruba avant d’ajouter d’autres langues. Je pense que quand les artistes béninois vont comprendre ce côté de la chose, la musique béninoise va décoller. « Auto auto » que j’ai fait qui est chanté complètement en fon à part une petite partie en français, a été joué sur Dbm, sur B-Black, et les gens ont aimé, j’ai eu assez de retour sur You Tube, des fans à l’international, au Brésil, au Canada, etc. Et ce sont des gens qui ne comprennent même pas le « fon » Ils m’appellent, me félicitent qu’ils aiment bien ce que je fais, bien qu’ils ne comprennent pas la langue mais qu’ils aiment le feeling, la mélodie, que ce sont des choses qui les accrochent. C’est ce qu’il faut d’abord comprendre. Ensuite mixer beaucoup plus sur la production, la réalisation du clip et la communication autour. Prenons l’exemple des autres pays africains, observons leur manière de réaliser les clips, les décors utilisés… Il faut beaucoup investir aussi dans la réalisation.

A quand ton premier album ?

L’album est déjà disponible mais n’est pas encore officiel. C’est l’album « Dintrolo » Mais d’ici-là, je vais le lancer en plus de l’album « Vovowê »

Actuellement, que fais-tu à part la musique ?

D’abord, je dirai que la musique est aussi un métier. C’est vrai qu’au Bénin la musique ne donne pas comme cela se doit mais je souhaiterais qu’à partir de maintenant, tous les acteurs du showbiz béninois se disent que la musique est aussi un métier. Même si tu as un métier que toi-même tu ne considères pas en tant que métier, il ne pourra jamais te nourrir. C’est le principe de la vie. Donc chaque jour que je me lève, je prie mon Dieu afin qu’il me donne mon pain quotidien à travers la musique que je fais, et il m’exauce. Je vous ai dit plus haut que je suis ingénieur de son et réalisateur vidéo. Donc à part la musique, je fais la musique et je vis pleinement de ça.

Un conseil aux nouveaux talents ?

Le conseil que j’ai à donner aux nouveaux talents est qu’il faut que chacun cherche son originalité. Chaque artiste a un don que Dieu lui a donné. Avant, je faisais le Rap, je faisais de l’hip hop, de la trap musique et tout. Alors, je me suis assis un jour et j’ai dit mais voilà que je fais du Rap et autres mais ça ne marche pas, quel est alors mon don ? C’est à partir de cette question que j’ai réalisé que je devais impacter le monde à travers les conseils, les messages forts. J’ai essayé et cela a marché. En bref, chaque artiste doit connaître son style et à partir de là, le succès va commencer par frapper à leur porte. Je leur souhaite beaucoup de courage parce que le chemin n’est pas facile, mais avec détermination et prière, le Seigneur agira auto auto.

Ton mot de la fin

Je remercie l’Éternel des Armées qui m’a gratifié de tout ça, je dis merci également à tous mes fans, merci à tous ceux qui m’ont soutenu jusque-là. Je remercie toutes les presses nationales et internationales, tous ceux qui ont cru en moi et ceux qui n’ont pas cru en moi parce qu’ils m’ont permis d’être à ce niveau. Et je profite pour vous dire que le Clip « Vovowê » est fin prêt et sera disponible d’ici-là.

 

 

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