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Me François Kèkè Adjignon au sujet des prochaines législatives

« Il fallait que je m’engage aux côtés du président Talon »

Bénin Intelligent: Bonjour monsieur Kèkè, vous n’êtes pas trop connu dans l’arène politique pourtant vous portez l’ADN d’une  emblématique figure politique du Bénin. Présentez-vous aux lecteurs de Bénin Intelligent. 

Me François Kèkè : On m’appelle KEKE ADJIGNON Atèlè François, ancien avocat au barreau de Bruxelles et actuellement avocat au Barreau du Bénin. Et, comme vous venez de le mentionner, je porte l’ADN politique de Feu le bâtonnier Joseph Adjignon Kèkè, mon père. Je ne suis pas très connu au Bénin surtout au plan politique parce que j’ai passé le clair de ma vie à l’étranger, notamment en Belgique où j’ai fait et terminé mes études de droit. Premier avocat béninois au barreau de Bruxelles où j’ai exercé pendant une quinzaine d’année comme avocat d’affaires. C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai fait signer au Bénin des accords pétrolier et minier à cause notamment de mon introduction dans le secteur des mines. Ensuite sur insistance de mon père, je suis rentré au pays. Je suis discret et c’est aussi certainement l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas très connu.

Bien avant votre retour au Bénin et même après, vous vous êtes illustré à travers de nombreuses actions sociales. Citez-nous quelques unes de ces actions. 

Sans vouloir être prétentieux, je puis affirmer que je n’ai pas attendu d’entrer en politique avant de poser des actes concrets aussi bien dans ma commune Avrankou que sur le plan national. Je ne citerai pour exemple que: mon apport à la construction d’un module de trois classes au Ceg1 d’Avrankou, j’ai équipé le centre saint Camille d’Avrankou de plusieurs latrines, carrelé leur salle, mis des grillages. J’ai offert des tables-bancs à plusieurs écoles et équipé plusieurs bibliothèques de nos universités et institutions du Bénin en documents de droits. Le sort des plus démunis de notre société m’a toujours interpellé. C’est pour cette raison que j’ai fait les actions que je viens d’évoquer. Je peux encore donner comme exemple le don de matériel médical à tous les centres de santé de la Commune d’Avrankou. La liste n’est pas exhaustive.

Monsieur François Kèkè pourquoi alors la politique ?

Je ne saurai répondre à cette question sans saluer la mémoire de deux hommes qui me sont chers: mon feu père Joseph Adjignon Kèkè et Ananias Abimbola, le père de mon frère ami, Jean-Michel Abimbola. Je me rappelle d’une phrase décisive que mon père a prononcée un jour, à son ami Abimbola: “Arrête de faire la politique et tu seras fait”. C’est aujourd’hui que je mesure toute la portée de ce propos. Vous savez, quand je me réfère à ce que j’ai pu faire en tant que simple citoyen, je suis convaincu qu’en entrant en politique à la lumière des propos de mon feu père cités plus haut, je changerai positivement les choses. La seconde raison est que les jeunes d’Avrankou dans un élan de fierté envers ma personne, m’ont demandé d’entrer en politique. Des hommes politiques m’ont également rassuré que c’est le moment. La troisième raison est que le gouvernement du président Patrice Talon m’a séduit par sa rigueur et sa méthode. Je vous ai dit que j’ai fait l’Europe et là bas, c’est la rigueur. Quand ils décident de faire des réformes, ils les font, les mettent en pratique et les pays avancent. Patrice Talon a un modèle de gouvernance rigoureuse, bien pensée qui tranche nettement avec l’improvisation qui a toujours caractérisé la gestion de l’ancien régime. Je me retrouve donc parfaitement dans la dynamique en place et j’ai donc décidé de l’accompagner. Par ailleurs j’ai été plusieurs fois victimes des coups bas de certains hommes politiques qui n’hésitent pas à vous mettre les bâtons dans les roues. Vous savez, quand vous voyez la situation de ce pays, la situation de la Commune d’Avrankou, vous ne pouvez pas rester insensible. Il fallait et il faut donc que je m’engage aux côtés du du président Talon.

Pourquoi avoir choisi de militer au sein du bloc républicain ?

Je dirai que mon adhésion au bloc républicain est d’abord génétique. En effet mon feu père Joseph Adjignon Kèkè et Anani Abimbola ont créé le Rassemblement National pour la démocratie, le premier parti politique né au lendemain de la conférence nationale. Comme vous le savez, l’honorable Jean Michel Abimbola a maintenu le parti en vie après le décès de nos géniteurs respectifs.  C’était donc dans l’ordre normal des choses que je me retrouve au Rnd bien entendu après avoir longuement discuté avec le président Jean-Michel Abimbola qui a su me rassurer et faire définitivement taire mes hésitations. Aujourd’hui le Rnd s’est dissout dans le Bloc républicain. Naturellement donc je suis non seulement militant du Bloc Républicain mais membre fondateur. Mais au-delà de cette motivation d’ordre héréditaire, il y a que le bloc républicain épouse une idée libérale. Or je suis foncièrement convaincu que le développement d’un pays passe par le libéralisme et ce libéralisme là, je le retrouve dans les idéaux de mon parti et retrouvant donc ce libéralisme, je retrouve les idées du développement que je voudrais tant pour ce pays. En effet, j’ai pu voir ailleurs ce que le libéralisme a fait pour d’autres pays, j’ai touché du doigt le changement qualitatif que l’esprit entrepreneurial a apporté à ces nations et je rêve de ces prouesses pour mon pays. Vous comprenez donc que mon choix d’adhérer au bloc républicain est surtout un choix de conviction.

Bientôt la campagne électorale pour les législatives d’avril 2019, quels acquis des 3 ans de Patrice Talon, irez-vous défendre sur le terrain ?

Je voudrais d’abord préciser que les prochaines échéances électorales sont les législatives; autrement, des élections régionales voire locales. Et donc il ressort que l’objectif ultime de la campagne électorale n’est pas à priori d’aller faire étalage des réalisations du président Patrice Talon qui sont, soit dit en passant, visibles et concrètes sur le terrain. L’enjeu des législatives fait que les électeurs votent d’abord pour ceux qu’ils connaissent, leur frère, celui qu’ils ont vu à leur côté. Je pense que c’est un paramètre dont il faut tenir compte. Les électeurs ne voteront pas le 28 avril prochain directement pour ou contre le président Patrice Talon. Mais puisque vous voulez savoir les acquis du président Talon que nous irons défendre, je vous dirai qu’ils sont innombrables mais je m’appesantirai  juste sur quelques uns: la lutte implacable contre la corruption. Monsieur le journaliste, était-il normal dans un pays que des fortunes se fassent du jour au lendemain sans qu’on ne s’interroge? Était-il normal que quelqu’un rentre en politique sans avoir 10 millions sur son compte et en ressort milliardaire? Était-il normal d’encourager les concours frauduleux? A toutes ces interrogations, je réponds invariablement non. Aujourd’hui vous quittez Cotonou pour Avrankou, aucun policier ne vous arrête; aujourd’hui vous allez au Cnhu, les spécialistes sont là pour recevoir, le projet asphaltage est tangible dans plusieurs villes du Bénin notamment dans ma commune Avrankou; les cantines scolaires sont lancées pour offrir à nos enfants ne serait-ce qu’un repas par jour. Aujourd’hui nous vivons dans un Bénin plus sécurisé car les braquages sont devenus rares grâce à la réforme de la police républicaine. La liste est longue et pourtant des gens clament que Patrice Talon ne fait rien. Il est donc de notre devoir, nous potentiels candidats aux prochaines législatives de faire toucher du doigt, ces réalités à la bonne dame du village pendant la campagne électorale qui s’annonce.

En votre qualité d’homme de droit, à la lumière de quels articles du code électorale pouvez-vous vous défendre face aux allégations de l’opposition faisant état de ce que les deux blocs de la mouvance seraient déjà en campagne ?

Vous savez, l’opposition est dans son rôle. Mais, je trouve que leurs allégations ne sont pas fondées. Le Bénin a des textes et ce n’est qu’à la lumière de ces textes qu’on saura si les activités des deux grands blocs de la mouvance peuvent être considérées comme une campagne électorale précoce. Voyons d’abord ce que c’est que la campagne électorale. L’article 48 du code électoral dit: “la campagne électorale est l’ensemble des opérations de propagande précédant une élection et visant à amener les électeurs à soutenir les candidats en compétition. Elle est obligatoire pour tout candidat à une élection.” Alors, sommes-nous déjà en campagne? Je réponds non, sauf à mal interpréter les textes ou à vouloir tronquer leur sens. En droit j’ai appris que lorsqu’un texte est clair, il ne faut pas sous prétexte d’en pénétrer la lettre, en éluder l’esprit. Ce que les blocs de la mouvance font aujourd’hui sur le terrain, c’est l’animation de la vie publique et politique ce qui au demeurant est légal. L’article 48 alinéa 2 dit expressément: “avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, les partis politiques continuent conformément à la constitution et à la charte des partis politiques, d’animer la vie publique et d’assurer l’information des citoyens sur le pluralisme démocratique.” Jusqu’à preuve du contraire, c’est ce que nous faisons. Mieux, il était important pour nos blocs d’intensifier l’animation de la vie publique d’autant plus que nous venions de sortir de nos congrès constitutifs respectifs; congrès qui ont consacré la naissance officielle de nouveaux partis politiques d’envergure nationale. Quand un enfant naît, n’est-il pas un devoir de le présenter aux membres de la famille, leur dire le nom du nouveau-né? Nous venons de naître et nous faisons connaître au peuple béninois qui nous sommes, ce que nous prônons et demandons son adhésion. C’est ce que nous faisons sur le terrain: de la restitution et rien d’autre.

Le bloc républicain dont vous êtes membre et l’Union Progressiste sont les deux grands partis plus proches du chef de l’état. La campagne électorale entre ces deux forces se fera-t-elle par zone d’influence où assistera-t-on à un combat sans merci entre les deux blocs frères ?

Je ne suis pas dans le secret des dieux. Je ne suis pas dans le bureau politique et donc je ne maîtrise pas encore la stratégie de campagne qui sera mise en oeuvre. Mais je répondrai à votre question, à la lumière de deux dictons de chez moi que j’essaierai de traduire en français. le premier dit: avant de ramasser par exemple des fruits pour votre frère, ramassez les vôtres d’abord. Le deuxième peut être traduit ainsi: « si tu ne vends pas tes arachides, tu ne vendras pas celles de ton frère ». Donc la campagne électorale va se dérouler conformément à ces deux dictons. Certes elle sera conviviale, mais les républicains diront en quoi ils sont meilleurs et je suis convaincu qu’ils sont meilleurs.

Un mot sur les tractations en vue des positionnements sur les listes au sein du bloc républicain. 

Je vais invariablement vous donner la même réponse. Je ne suis pas dans le secret des dieux.

Monsieur François Atèlé Kèkè sera-t-il candidat ?

Monsieur le journaliste, on est candidat à partir de quand? N’est-ce pas à partir de la confection des listes? Et puisque les listes ne sont pas encore confectionnées, je vous réponds que je ne suis pas encore candidat.

Et pensez-vous avoir l’étoffe, l’influence politique et l’ancrage nécessaires pour être positionné ?

D’abord, il n’existe personne qui vienne en politique sans ambition élective. Mieux, je vous disais il y a un instant que les électeurs votent d’abord pour ceux qu’ils connaissent. Et sans vouloir me vanter, je n’ai pas attendu d’être politicien avant d’investir mes ressources dans la construction d’infrastructures et autres oeuvres sociales au profit des populations d’Avrankou et environs ainsi qu’au plan national. Je n’ai pas attendu pour poser de véritables actes de développement. En dehors de ça, je viens de vous dire que je suis rentré en politique pour ne pas voir se répéter les pratiques que j’ai connues quand je voulais poser des actes à portée sociale ou de développement. Je rentre en politique pour oeuvrer à l’amélioration des conditions de vie de nos citoyens. Je rentre en politique pour apporter l’expérience que j’ai acquise à l’étranger à mon pays. Je rentre en politique pour améliorer les conditions de vie des justiciables béninois. Au vue donc de mes réalisations, au vue de ma proximité avec les populations de ma localité, au vue de mon expérience professionnelle et au vue de mes convictions politiques. Toutefois, le dernier mot revient au bureau politique car deux personnes ne sauraient occuper un même siège.

Votre mot de fin.

Mon mot de fin est un souhait: il faut qu’au soir du 28 avril, mon parti, le bloc républicain soit le premier parti représenté à l’assemblée nationale.

Propos recueillis par Laurent KOKOU

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