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Micro-trottoir : A Cotonou, ce que les Béninois pensent de l’exposition publique des cercueils

L’exposition de cercueils aux abords des voies est une pratique vécue à Cotonou. Il y a d’un côté ceux qui ont du mal à le supporter et de l’autre, ceux qui disent apprendre à s’y habituer.  

Propos recueillis par Raymond FALADE

 

Anonyme

Normalement, le cercueil ne devrait pas être exposé au bord de la voie. Il y devrait avoir des endroits précis où l’on peut aller s’en procurer en cas de besoin parce que c’est un truc qu’on ne doit pas exposer. Nous sommes venus dans le monde, le jour que nous allons repartir, nous ne le savons pas. Si c’est possible, on peut construire un marché spécialement pour ce genre de marchandises et seuls les menuisiers seront dans le coin.

 

Mathias Koukpo

Depuis des années, c’est comme cela que ça se passe. Quand moi j’étais encore plus jeune, ça m’effrayait. C’est-à-dire, quand je vois le cercueil, ça me fait peur. J’ai peur parce que je me disais que les gens sont dedans. Mais aujourd’hui, cela ne me dit plus rien parce que c’est devenu une habitude pour les Béninois d’exposer les cercueils partout dans le pays. Parfois, on le met sur la tête pour se promener dans la ville et autres. Mais quand mes enfants voient cela, ils ont peur.

 

Hervé Glèlè Agbindinoukoun

Aujourd’hui, chacun a son domaine. Le menuisier va toujours fabriquer son cercueil et l’exposer aux abords de la voie. Vous savez, tous les jours on enregistre de nouvelles naissances et de la même manière, on enregistre des cas de décès. C’est vrai, nous n’allons pas souhaiter qu’il y ait des morts mais c’est le travail que d’autres ont appris et c’est cela qui leur permet de manger. Mais il ne faut pas que cela soit en désordre. Ils peuvent louer des boutiques pour mieux gérer leurs stocks. Il ne faut pas que cela court les rues comme nous le voyons là. On ne peut pas leur refuser d’en fabriquer puisque qu’on en aura toujours besoin.

 

Sosthène Amouzoun  

Exposer les cercueils aux abords des rues ne me dit rien. D’ailleurs, leur objectif c’est de joindre les deux bouts. Pour manque de moyens, ils exposent leurs effets au bord de la voie. Si cela frappe à l’œil aujourd’hui, c’est parce que parfois cela se fait avec l’occupation anarchique des espaces publics. Donc, c’est au gouvernement de prendre des dispositions et de chercher des voies et moyens pour soulager ceux qui sont du domaine en leur dotant des moyens bien efficaces pour l’exposition ou en les ralliant aux agences de pompes funèbres.

Dans les villages par exemple, quand il y a un décès, il suffit d’aller réveiller le menuisier et il vous confectionne le cercueil. Mais en ville, il faut les mettre ensemble et trouver des moyens pour gérer cela.

Aussi l’exposition des cercueils aux abords des voies est une stratégie commerciale pour les fabricants. Nul ne peut refuser la stratégie politique de vente et de marketing de chacun. Donc c’est l’un des aspects dont il faut tenir compte avant toute réforme à ce sujet.

 

François

Moi j’ai peur quand je vois les cercueils. Parfois, quand je roule à vive allure et que sur la voie, je tombe sur ces ‘’marchandises’’ je ralentis un peu et je cours moins pour aller là où je vais.

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