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Microfinance et autonomisation de la femme : Le Congo à l’école du Bénin

La ministre congolaise chargée de la promotion de la Femme, de l’intégration de la femme au développement est en visite de travail au Bénin depuis quelques jours. Ines Néfer Bertille Ingani est venue s’imprégner de l’expérience du Bénin en matière de microfinance et surtout de l’autonomisation économique de la femme.

Par Raymond FALADE

La première journée de travail de la ministre Ines Néfer Bertille Ingani a été marquée par plusieurs activités. Dans la matinée du lundi 22 novembre, elle a été reçue en audience par son homologue béninois, Véronique Tognifodé. La délégation est ensuite descendue sur le terrain pour apprécier ce qui se fait au Bénin en matière d’autonomisation économique de la femme. « Nous remercions madame la ministre des Affaires sociales et de la microfinance qui a accepté de nous recevoir. L’objectif de notre visite au Bénin, c’est d’abord le partage d’expériences, notamment. Nous sommes venus nous enquérir de votre expérience en matière de microfinance. Votre population est composée d’un peu plus de 52% de femmes. En tant que ministre de la promotion de la Femme et de l’intégration de la femme au développement, mon rôle est de mettre dans ma gibecière, toutes les possibilités pour améliorer les conditions de la femme mais aussi et surtout, l’autonomisation économique de la femme en république du Congo », a déclaré Ines Néfer Bertille Ingani à sa sortie d’audience.
La république du Congo a ratifié des conventions avec l’Onu tendant à améliorer l’autonomisation de la femme. A travers cette visite, Néfer Bertille Ingani entend s’inspirer de ce qui se fait au Bénin afin de l’implémenter dans son pays. Il s’agit des caisses féminines qui n’ont pas eu vraiment d’impacts. « C’est pourquoi le gouvernement de la république du Congo a mis en place le Fonds d’appui aux activités génératrices de revenus qui est encore en cours d’adoption au niveau du Conseil des ministres. Pour cela, il fallait que nous nous assurions des mécanismes que nous allons mettre en place pour la réussite de ce Fonds d’appui qui a déjà des promesses avec des partenaires multilatéraux », a-t-elle expliqué.
Après cette audience, les deux ministres se sont rendues au siège du Fonds national de la microfinance (Fnm) où Inès Néfer Bertille Ingani a visité les installations qui permettent le fonctionnement technique des opérations du microcrédit Alafia. Cap a été mis ensuite sur le marché Vêdoko où les femmes bénéficiaires du microcrédit Alafia ont témoigné des facilités dont elles bénéficient dans le processus d’octroi du microcrédit Alafia.

Au siège du Système financier décentralisé (Sfd) dénommé Alidé, l’un des partenaires du Fnm dans la mise en œuvre du microcrédit Alafia, il a été présenté à la délégation congolaise le mécanisme du faire-faire et surtout du suivi au niveau des Sfd pour avoir des taux très satisfaisants de remboursement. « Pour cette première partie, ce que nous pouvons retenir de ces descentes, c’est surtout l’aspect organisation. Les verrous ont été mis de telle sorte que les bénéficiaires de microcrédits ne puissent pas dérailler. L’aspect psychologie, l’aspect social, l’aspect formation…tout est mis en place pour que tout marche bien », a salué l’hôte de Véronique Tognifodé.
Dans la même journée du lundi 22 novembre, la délégation congolaise a eu une séance de travail sous la direction de la ministre des Affaires sociales et de la microfinance en présence des membres du cabinet et de la présidente de l’Institut national de la femme (Inf) Claudine Prudencio. Au cours de la séance, la délégation s’est imprégnée des récentes lois votées par le Bénin et en attente de promulgation pour la protection de la femme et la santé sexuelle et reproductive. Mais avant, un exposé a été fait par Véronique Tognifodé et sa suite, sur le fonctionnement et les performances du Fonds d’appui à la solidarité nationale (Fasn).

Visite du centre Songhaï et d’un groupement de femmes à Allada

La délégation congolaise a poursuivi mardi 23 novembre, sa visite de travail au Bénin. En compagnie du ministre des Affaires sociales et de la microfinance Véronique Tognifodé, elle a visité un groupement de femmes qui s’investit dans la production et la transformation de l’ananas à Atogon dans la commune d’Allada. Objectif, s’imprégner de leur mode de fonctionnement et surtout leurs rapports avec les structures de l’État dans le développement de leurs activités. Après cette étape, Ines Néfer Bertille Ingani et sa délégation se sont rendues au centre Songhaï à Porto-Novo, pour vivre leur expérience et constater l’implication des femmes dans les activités. « Ce que l’on peut retenir pour cette tournée, c’est tout simplement la volonté de développer l’Afrique. Tous, on est dans le même continent, dans la même maison. Mais, comme on dit, chacun à sa chambre. Nous sommes à Porto-Novo et nous avons vu vraiment ce qu’on appelle la volonté de produire, la volonté de transformer, la volonté de vendre et surtout la fierté des produits du terroir », s’est-elle réjoui. Pour la ministre congolaise « l’agriculture, l’élevage doivent être des raisons, des vecteurs, des leviers pour le développement de l’Afrique ». Elle a salué les efforts du Bénin pour la promotion et l’autonomisation des femmes. « En ma qualité de ministre à la tête d’une délégation en visite au Bénin, nous ne pouvons que retenir des grandes choses ; prendre des contacts et pouvoir regarder dans quelle mesure nous pouvons avoir besoin de quelques éléments au niveau de notre pays. Nous avons aussi visité Allada et vu un peu la transformation, la production et la vente des produits dérivés de l’ananas, des femmes qui sont en coopérative. Et sincèrement, nous sommes épatés et nous encourageons beaucoup la femme béninoise à continuer ainsi. Nous sommes aussi très contents parce qu’on remarque quand même que les chefs, les directeurs dans ces centres utilisent beaucoup la main d’œuvre féminine. Apprendre beaucoup de choses à la femme : c’est ce qu’on devait faire partout. Le développement de l’Afrique ne se fera que par l’Afrique. Les initiatives prises au Bénin sont exemplaires. C’est tout ce que je peux dire. Parce que là, nous avons des faits. C’est à dire que nous avons touché du doigts les faits, les actes et les actions que nous entendions de loin. Vraiment, je suis très contente d’avoir visité le système intégré de Songhaï. C’est pour nous, un grand honneur, une fierté. Félicitation aux autorités qui ne ménagent aucun effort pour créer les conditions de l’emploi pour les jeunes et des femmes » a-t-elle conclu.

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