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Mikayel Nicoel : Le bulldozer au féminin

Depuis quelques années, une révolution s’observe dans l’artisanat. Des hommes exercent des métiers “destinés” aux femmes et vice-versa. C’est le cas de Nicole, conductrice d’engins lourds bulldozer et pelle hydraulique. Dans cette interview, elle nous parle d’elle et de son métier.

Propos recueillis par Odette Savi

 

Bénin Int : Présentez-vous à nos lecteurs

Mikayel : Je m’appelle Mikayel A. Nicole, j’ai 28 ans. Née de père conducteur de poids lourds et mère commerçante. Nous sommes quatre enfants, deux garçons et deux filles. Presque eux tous sont dans le domaine de génie civile. Je suis la seule qui ai emprunté la voie de mon père. Je suis conductrice d’engins lourds bulldozer et pelle hydraulique.

Pourquoi avoir choisi un métier qui purement masculin ?

Je suis une fille de caractère. Pour moi ça reste un métier d’homme. Je l’aime pour la polyvalence, il n’y a pas de routine.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancez dans ce secteur ?

Depuis mon bas-âge j’aime exercer le métier d’homme. Un jour ma maman m’avait envoyé chez mon frère qui est contrôleur sur un chantier, arrivée j’ai vue des engins qui sont en train de casser les maisons. Je suis tombée amoureuse des machines. A mon retour à la maison j’ai dit à ma mère que j’ai trouvé ce que je vais faire après mon BAC.

Quelle était la réaction de vos parents quand vous aviez voulu exercer ce métier ?

Ce n’était pas une surprise pour mes parents.

Dans quel lycée aviez-vous fait votre formation ?

C’est un centre de formation au Togo.

Vous travaillez pour quelle entreprise à présent ?

Je travaille à présent dans SCACU.

Quelles sont les difficultés que vous aviez rencontré au début ?

Au début j’ai eu quelques mauvaises expériences mais la passion a pris le dessus.

Quand les hommes vous voient travailler, quelle est souvent leur réaction ?

Au boulot c’est une fierté pour eux qu’une femme exerce le même travail qu’eux, les passants s’étonnent, me félicitent et m’encouragent.

Dans votre lieu de formation, vous étiez combien de femmes ?

A la formation j’étais la seule femme.

Avez-vous déjà été harcelée sexuellement ?

Non je n’ai jamais été harcelée sexuellement.

Quel est votre situation matrimoniale ?

Je suis célibataire

Qu’avez-vous à dire à ceux qui pensent qu’il y a des travaux que les femmes ne devraient pas faire ?

La dignité n’a pas de prix. Je conseillerais et j’encourage les jeunes filles à se battre dignement et à s’intéresser aux métiers que l’on pense « réservés aux hommes ». On voit beaucoup de filles maintenant dans les bus mais pas dans les engins de BTP. C’est très dur physiquement, éprouvant et parfois difficilement compatible avec une vie de famille. Mais c’est un choix, qui nécessite des sacrifices. J’essaye de rester naturelle, je laisse mon côté féminin à la maison. Après quand on a des enfants, ça peut être compliqué. J’y réfléchis bien sûr. Mais je ne crois pas que c’est le métier le plus difficile. Nous savons tous que ce genre de travail, lorsqu’une femme l’exerce, elle le fait avec tout son dévouement et même souvent mieux que les hommes. Ce travail doit être connu de tous et même des jeunes hommes, car il y a du travail dans ce domaine.

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