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Ministre Benjamin Hounkpatin : «Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement»

Avec le vote‚ jeudi 21 octobre nuit de la loi modificative de la loi n°2003-04 sur la santé sexuelle et de la reproduction‚ les députés de la 8ème législature ont procédé à l’élargissement des conditions de réalisation de l’interruption volontaire de la grossesse au Bénin. Le gouvernement porteur du projet‚ jure que le but est de protéger les femmes. Dans son discours lors des débats en prélude au vote‚ le ministre de la Santé a peint la réalité des faits qui y obligent. La «situation actuelle est déplorable et dramatique et le Gouvernement doit prendre ses responsabilités»‚ a-t-il déclaré. Il a évoqué une «mortalité maternelle élevée et stationnaire depuis pratiquement une trentaine d’années à environ 400 décès pour 100 000 naissances vivantes malgré les interventions de santé publique menées depuis toutes ces années»‚ citant des enquêtes démographiques et de santé. «Ces études révèlent également une précocité des rapports sexuels chez les femmes. Avant l’âge de 18 ans, 59% des filles ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Cette précocité des rapports sexuels associée à l’absence ou à l’irrégularité de l’utilisation d’une méthode contraceptive sont à l’origine de grossesses précoces et non-désirées qui se soldent par des avortements clandestins réalisés pour la plupart dans des conditions sanitaires inadéquates et non sécurisées.» Ainsi‚ «Les décès maternels qui résultent des complications de ces avortements clandestins et non sécurisés représentent un cinquième 1/5ème des décès maternels enregistrés au Bénin. Nous sommes tous conscients que ces dernières années, le nombre de filles victimes de grossesses précoces dans les écoles et collèges augmente avec son corolaire de déperdition scolaire. Contraintes de cacher leur état, sans espoir de trouver une personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection, la majorité d’entre elles finit par recourir à un avortement clandestin non sécurisé.»‚ a-t-il argumenté.
La loi 2003-04, a-t-il relevé‚ n’a guère empêché les avortements clandestins qui continuent dans les cabinets, les cliniques et les centres de santé, parfois à la demande des parents. «Le crash d’un avion de quelque capacité que ce soit aurait plongé tout le pays dans un émoi à nul autre pareil. Et pourtant, chaque année c’est au moins 200 de nos filles, épouses et sœurs représentant la capacité d’accueil d’un airbus 330, qui meurent dans ces drames en silence. C’est ce cauchemar qu’il convient de faire cesser. L’intime conviction du Gouvernement est que l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame.»‚ a soutenu Hounkpatin.
A ceux qui redoutent que cette loi ne constitue un blanc-seing donné aux femmes pour avorter de façon anarchique‚ le ministre se veut rassurant. Il a promis‚ lors du point de presse suite au vote‚ que le gouvernement renforcement chez les filles‚ l’éducation à la sexualité. Le Gouvernement s’attèlera‚ a-t-il indiqué‚ à poursuivre le travail sur le renforcement de la prévention des grossesses non désirées à travers l’éducation de base, les efforts de communication sur la sexualité, la disponibilité et la promotion des services de contraception, la promotion de l’éducation sexuelle intégrée dans les collèges et les universités, et les efforts pour la parenté responsable.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

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