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Mort de George Floyd : Des cris de justice lors de ses obsèques au Texas

Quinze jours après son meurtre par un policier blanc, le Noir américain de 46 ans, Georges Floyd a été inhumé mardi 8 juin à Houston. L’événement a drainé une foule immense venue lui rendre hommage dans un contexte où les manifestations réclamant justice ne retombent toujours pas.

Par Sêmèvo B. AGBON

Les funérailles de celui dont la mort tragique a ravivé la colère anti-raciale a été très solennelle et nationale. Une foule compacte de militants y a assisté à l’Eglise Fountain of praise dans la métropole texane. Plusieurs élus (démocrates) et personnalités (artistes) ont également pris part à la cérémonie.

Généralement dans les interventions, les participants ont insisté que justice soit rendue et des réformes profondes pour mettre fin aux affres du racismes en Amérique. Que Floyd ne soit pas mort en vain, a souhaité par exemple Sheila Jackson, représentante démocrate de la circonscription de Houston au Congrès. Le sort du défunt, pense-t-elle, ressemble à une mission sur Terre : celle de mettre fin à la brutalité policière, aux mauvais traitements envers les personnes de couleur et de mettre en lumière le manque de justice qui accable la communauté noire. Il avait comme mandat de « faire se lever les gens et qu’ils ne rassoient pas tant qu’ils n’auraient pas obtenu justice », a-t-elle soutenu. « Son crime était qu’il était né noir », a fustigé de son côté Al green, représentant démocrate du Texas.

« Nous voulons que justice soit rendue », a lancé le révérend Remus Wright. Dans une vidéo diffusée au cours de la cérémonie, Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama et candidat à la présidentielle de cette année s’est joint aux participants pour réclamer justice. « L’heure de la justice raciale » est venue aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Nous ne pouvons plus nous détourner du racisme qui blesse notre âme ».

Dans son sermon prononcé lors du dernier hommage, le révérend Sharpton, figure de la défense des droits civiques aux États-Unis, a été très critique envers le président Trump. Il a dénoncé la « négligence intentionnelle » de la part des autorités qui laissent les Noirs mourir. « Ce n’est pas juste une tragédie, c’est un crime », croit-il. Et de dénoncer que la loi ne soit pas la même pour le Noir et le Blanc dans un même pays. « Tant que la vie d’un noir et d’un blanc n’aura pas la même valeur, on continuera de rester dans la même situation ». « On veut que la loi s’applique de façon égale à tous », a-t-il martelé. « Quand tu mets ton genou sur le cou de quelqu’un, ce n’est pas normal… Tu dois être rempli de venin pour pouvoir tenir tout ton poids sur l’autre pour le maintenir en place aussi longtemps…Quelle genre de mentalité est-ce ? Comment se fait-il que cela se répète ? », s’est-il interrogé.

Trump à la barre

Le président Trump a été très critiqué pour ses mots durs envers les manifestants. Il avait notamment menacé de déployer l’armée pour contenir la foule réclamant justice. « Le président a parlé d’appeler les militaires en renfort… Mais il n’a pas eu un mot pour les 8 minutes et 46 secondes de ce meurtre policier », a dénoncé le pasteur Al Sharpton. Il a dénoncé la « méchanceté dans les hautes sphères », allusion faite aux tirs des policiers contre les manifestants qui ont envahi la Maison Blanche. Pour mémoire, ce jour-là, pour permettre à Trump de se rendre à l’église des présidents non loin du Palais, les des forces de l’ordre de Washington avaient tiré sur les manifestants pour les disperser.

Georges Floyd repose désormais au cimetière Houston Memorial Gardens, à Pearland, à 15 kilomètres de Houston. Il a été inhumé près de sa mère Larcenia décédée en 2018, qu’il a imploré lorsqu’il agonisait sous le genou de son bourreau, le policier Derek Chauvin. Ce dernier a comparu le lundi 8 juin depuis la prison où il est détenu par vidéo. Une caution libératoire d’un million de dollars a été fixée par la juge Jeannice Reding. Mais il comparu de nouveau le 29 juin. Partout dans le monde, des manifestations monstrueuses se sont déroulées pour condamner son acte et par-delà, la brutalité policière et le racisme contre les Noirs.

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