Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Navigation au Bénin : Des eaux de l’enfer ?

Navigation au Bénin : Des eaux de l’enfer ?

Le weekend écoulé a été sombre pour le Bénin. Pour cause, 4 décès ont été enregistrés, vendredi 24 juillet dernier, suite au chavirement d’une barque à Akpakpa qui contenait 12 personnes. D’importantes pertes matérielles ont été également signalées. Une triste actualité qui montre que la sécurité de la navigation reste un défi de taille au Bénin. En effet, depuis l’année dernière, les dégâts similaires aussi bien matériels que humains sont de plus en plus lourds. Pour mémoire, en 2019 des accidents fluviaux notamment à Gourou-Béri dans la commune de Karimama, mercredi 13 février 2019 ont fait quelques 40 morts.

Le gouvernement n’a pas manqué de faire du sujet une préoccupation importante. Depuis l’année dernière des conseils et mesures sont imposées pour la sécurité des personnes et des biens dans les eaux intérieures.  Lors du conseil des ministres du mercredi 20 février 2019, il avait été décidé de la mise en place d’un détachement de police fluviale au niveau des embarcadères ; la formation des conducteurs des engins fluviaux ; l’obligation de faire respecter la charge utile de chaque barque ; l’obligation pour les conducteurs de doter chaque passager d’un gilet de sauvetage ; la réalisation d’un manifeste de passagers à présenter avant chaque départ ; et le renforcement de la réglementation sur le transport fluvial. Récemment, face à la période des fortes pluies avec pour corollaire la montée vertigineuse des eaux, le ministre des Transport Hervé Hêhomey a signé un communiqué à l’endroit des populations des localités riveraines notamment les conducteurs d’embarcations (piroguiers et barquiers). C’était le lundi 13 juillet. Il a exhorté ces deniers à éviter la navigation en période et en zone critiques et à risque ; la mise en circulation des embarcations dont la flottabilité et la stabilité ne sont pas suffisantes ; à éviter la surcharge ; et à porter les gilets de sauvetage pour tout déplacement.

Que s’est-il alors passé pour que malgré ces batteries de mesures et pire, moins de deux semaines après les récents conseils, 4 décès surviennent dans un accident fluvial ? La politique de prévention du gouvernement est-elle inefficace ou ce sont plutôt les populations qui font à leur tête, foulant au pied les consignes de sécurité ? Il est temps de situer les responsabilités pour mettre fin à ces tristes événements qui endeuillent les familles et toute la nation.

Par Sêmèvo B. AGBON

Laisser un commentaire

Top