Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Nonxwé : L’ Empereur Togbo enterre une mère vivante

Nonxwé : L’ Empereur Togbo enterre une mère vivante

Samedi 19 février, c’est la date choisie par l’Empereur Togbo Kpomalégni Avimadjènon du culte Tokanwè d’Agbokpa et ses frères pour honorer la 12ème fois consécutive leur mère Félodie Mègbé. La cérémonie, riche en couleur, s’est déroulée en présence d’invités et amis.

Par Barnabé KINTOHOU (Coll)

15 heures 20 minutes. Démarrage du cortège de la maison familiale Mègbé. La mère à l’honneur est vertue tout comme ses enfants du pagne ”léssi” blanc choisi pour la circonstance. A bord du corbillard avec ses enfants tout comme une levée du corps à la morgue, une caravane s’est éclatée dans la ville. Du point de départ, maison Mègbé, le cortège composé de divers tam-tams, fanfare, Caléta, Egun-gun, Zangbéto etc. a échoué sur le site du culte Tokanwè à Agbokpa.
Tour à tour, les différents groupes ont égayé l’assistance en présence de Maman Mègbé. Les fossoyeurs déambulaient munis de pioches et dabas, leurs outils de travail. Les invités ont aussi eu droit à des tableaux culturels. Des artistes, plus de 5 ont presté. Après cette étape le culte dit par l’Empereur, place à la réception des invités.

Mais pourquoi l’Empereur organise t-il des cérémonies funèbres à une mère en vie?  ‹‹J’ai toujours dit que la boisson versée sur la tombe en offrande à un mort ne rentre pas dans la tombe.››, a-t-il répondu. Pour lui, il faut célébrer sa mère de son vivant. Cela, en reconnaissance aux différentes difficultés éprouvées par sa mère depuis sa conception jusqu’à l’âge adulte. ‹‹Les gens jouent “avizinli” pour leur mère décédée, moi par contre je joue “Gbézinli” à la mienne. Il n’y a aucune vie au pays de l’au-delà.››, confia Togbo Kpomalégni. ‹‹Comme moi, on peut célébrer sa mère de son vivant mais pas de la même manière que je le fais en respectant presque tous les rites traditionnels liés à la mort. Toutes choses ont de code.››, nuance-t-il. Selon l’Empereur Togbo, il ne faut jamais délaisser sa mère, qu’elle soit pauvre ou sorcière, c’est elle qui t’a donné la vie.
Pour la mère Félodie Mègbé, c’est une grande joie de voir de son vivant ce qui se passera à sa mort. ‹‹ Moi j’ai juste fait un peu pour mes parents mais mon fils en a fait plus. Ma prière, la nature lui payera tout ce qu’il me fait. ››, a-t-elle prié avant de poursuivre qu’elle n’a pas peur de la mort.  ‹‹Quand l’heure sonnera je partirai.›› a-t-elle conclu.

Laisser un commentaire

Top