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Nouvelles réformes sur la décentralisation : « Le maire demeure la première autorité politico-administrative de la commune »‚ Akotègnon

Le ministre de la Décentralisation et de la gouvernance locale Raphaël Akotègnon a entamé, jeudi 25 novembre, une tournée d’échanges et d’explication dans les départements du Bénin. Cette démarche de l’autorité ministérielle s’inscrit dans le cadre de la stratégie à mettre en œuvre pour permettre aux différents acteurs, en l’occurrence les conseils communaux d’être informés des réformes initiées par le gouvernement pour améliorer et dépolitiser l’administration communale.

Par Raymond FALADE

Cette initiative vise également à échanger sur la vie des communes à travers diverses thématiques, telles que le fonctionnement de l’Administration communale, la sécurité transfrontalière, la transhumance, la mobilisation des ressources propres des communes, l’État civil, la gestion des marchés publics, la gestion des ressources humaines, le montage des dossiers techniques de projets et l’entretien du patrimoine communal.
La première étape de cette tournée a conduit le ministre Raphaël Akotègnon et son équipe dans le département de l’Alibori notamment dans les communes de Banikoara, Ségbana et Kandi. De Banikoara à Kandi en passant par Ségbana, les échanges se sont déroulés dans une ambiance conviviale. Avec les différents conseils communaux, des réflexions profondes ont été faites par l’autorité ministérielle et sa délégation sur les conditions de travail des agents de la tutelle. Occasion pour le ministre de revenir sur la pertinence et les différents aspects de la loi n°2021-14 du 21 octobre 2021 portant Code de l’Administration territoriale en République du Bénin. A ce titre, le ministre a souligné que conformément aux dispositions de cette loi, la réforme entrera en vigueur dès le début de l’année 2022.
Face aux rumeurs faisant état de ce que ladite réforme est initiée pour déposséder les maires de leurs compétences, le ministre a rassuré les conseils communaux. « Contrairement aux idées répandues dans l’opinion publique, la réforme est initiée pour renforcer et dépolitiser l’administration communale. Les communes conservent la plénitude de leurs compétences. Le maire demeure la première autorité politico-administrative de la commune. Il est renforcé dans sa position par l’instauration d’un nouvel organe dénommé le conseil de supervision composé du maire, des adjoints aux maires et des présidents de commissions permanentes, désormais au nombre de quatre dans toutes les communes. Cet organe présidé par le maire adopte les documents budgétaires et de planification du développement local avant leur soumission au conseil communal pour validation. Un secrétaire exécutif sera nommé par arrêté du maire après tirage au sort dans le fichier national des principales fonctions administratives de mairie » a-t-il indiqué. Cette réforme selon Raphaël Akotègnon, vise de façon spécifique à assurer l’efficacité du pilotage et de la gestion de l’administration communale, réduire les interférences politiques dans la gestion administrative et des ressources communales et donner plus de visibilité aux actions publiques de développement dans les communes.
Les difficultés des communes sillonnées
Ces séances d’échanges avec les conseils communaux ont permis également au ministre de s’enquérir de leurs difficultés et de recueillir leurs préoccupations qui freinent l’élan du développement des communes sillonnées. Il s’agit entre autres de la vulnérabilité sécuritaire des communes du département, les besoins de renforcement infrastructurel notamment l’électrification, l’approvisionnement d’eau potable en milieu rural, le déficit de centres de santé et du plateau technique qui y va avec, le désenclavement des communes, nécessitant l’accélération du programme d’asphaltage dans le département, les difficultés liées à la mise en œuvre des nouvelles dispositions des textes réorganisant l’État civil en république du Bénin, le défaut de maillage des communes par les fournisseurs de service de communication, l’insuffisance de commissariat d’arrondissement et des effectifs des forces de sécurité publique dans les communes, l’insuffisance de ressources humaines qualifiées dans les communes, la vulnérabilité de la frontière béninoise avec le voisin de l’Est, la recrudescence des problèmes fonciers, la persistance de la transhumance transfrontalière et du nomadisme persistant sources de conflits et d’insécurités, l’absence de locaux adéquat pour abriter les bureaux d’arrondissement dans bien de communes, les difficultés liées à la gestion des carrières de sable, les conflits de limites entre les unités administratives, difficiles conditions de travail des enseignants dans les zones déshéritées. Autant de préoccupations qui n’ont pas laissé indifférent le ministre Raphaël Akotègnon. « Les dispositions envisagées et les recommandations formulées pour résorber les problèmes qui ressortent de nos échanges, feront l’objet d’un plan d’actions de mise en œuvre dont le suivi sera fait de façon très proche par mes services techniques compétents, notamment la préfecture et la direction des collectivités territoriale, sous ma responsabilité personnelle », a rassuré l’autorité.
Après l’Alibori, le ministre a poursuivi sa tournée dans le département du Borgou pour le même exercice.

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