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Soutenance de thèse de N’yanwèi Espérance Obonte : La part des pratiques arabo-islamiques dans l’échec scolaire à Djougou

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Religion et éducation. N’yanwèi Espérance Obonte, de la 17ème promotion de docteurs du Laboratoire d’analyse et de recherche, Religions, espaces et développement (Larred), a soutenu mardi 25 octobre sa thèse de doctorat. Sujet : « Parcours scolaire et pratiques religieuses arabo-islamiques des enfants à Djougou ». Le jury international a salué son travail, lui a décerné la mention Très honorable avec félicitations et l’a élevée au grade de docteure de l’Université d’Abomey-Calavi en Sociologie-anthropologie.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

La thèse de N’yanwèi Espérance Obonte analyse l’influence des pratiques religieuses islamiques sur les enfants en situation de classe à Djougou, dans un système éducatif de laïcité du service public.

« Il ressort des résultats que l’échec scolaire des élèves dans les établissements primaires et confessionnels musulmans à Djougou se caractérise d’une part par des taux de redoublement et d’abandons plus élevés, de réussite à l’examen national du Cep plus faibles par rapport aux établissements confessionnels catholiques et, d’autre part, des pesanteurs sociologiques et religieuses, en particulier les pratiques et croyances islamiques qui conditionnent le vécu quotidien des élèves dans un environnement dominé par l’enseignement coranique », écrit-elle.

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La première formation pour un acteur social musulman à Djougou, restitue l’impétrante, c’est la formation religieuse islamique. Dans cette ville majoritairement peuplée de musulmans, note N’yanwèi Espérance Obonte, ce qui importe prioritairement pour les acteurs sociaux « c’est d’abord viser le paradis, affermir sa foi, craindre Dieu ».

Ainsi, « les pratiques religieuses arabo-islamiques occupent majoritairement les apprenants musulmans des écoles publiques à Djougou qu’ils ne disposent plus de temps nécessaire pour leur performance scolaire, de nombreuses logiques (économique, existentielle et religieuse) déterminent le manque de suivi de l’itinéraire scolaire des apprenants de leur responsabilisation précoce, le problème de la récurrente difficulté d’adaptation des curricula scolaires aux besoins des acteurs sociaux musulmans ».

Elle tire la conclusion, sur la base des données recueillies et traitées, que l’approche et les pratiques islamiques de socialisation des enfants à Djougou constituent un frein à leur parcours scolaire.

 

Inadaptée

 

Obonte montre également que l’école (laïque) du service public ne comble pas les attentes des acteurs sociaux musulmans. « L’acteur social musulman à Djougou voudrait que son enfant puisse s’autonomiser le plus rapidement possible ».L’école étrangère que pratique la plupart des pays francophones d’Afrique, est trop théorique, a appuyé le directeur de thèse.

« L’école étrangère telle que nous l’avons vécue, telle que nous la vivons, elle sert à quoi ? Lorsque vous mettez quelqu’un dans le système de l’école étrangère, il passe parfois neuf ans, dix ans et il est incapable de changer une ampoule, il est incapable de connaître la moindre plante qui guérit… », a déploré le professeur Amouzouvi.

« A contrario, ajoute-t-il, lorsque vous mettez quelqu’un au couvent chez nous [il est dignitaire du vodun Sakpata, ndlr], il fait trois ans, à sa sortie il maitrise les premières plantes qui guérissent les premières blessures, qui arrêtent l’écoulement du sang. Il connait ça. (Si c’est une femme) elle sait gérer le foyer, faire le commerce. Elle sort complet», illustre-t-il.

La grande problématique au cœur de la thèse de N’yanwèi Espérance Obonte se dégage donc de cette comparaison : Faut-il continuer avec l’école étrangère ou faut-il nous adapter ?

Le travail de N’yanwèi Espérance Obonte est nature mixte et de type descriptif et analytique. Elle a rencontré dans ce cadre, plusieurs catégories d’acteurs sociaux, à savoir les apprenants, déscolarisés ou non, les enseignants, conseillers pédagogiques, chef de région pédagogique, imams, parents d’élèves, maîtres coraniques et autorités religieuses et politico-administratives. Soit, au total, 317 informateurs approchés.

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La désormais docteure en sociologie de l’éducation soutient que « L’école est une entreprise qui demande l’implication de tous les acteurs dans son organisation pour parvenir à former tout l’homme, en lui donnant une culture qui tienne compte de sa dignité ».

Ainsi, la question de l’échec scolaire est une préoccupation permanente des acteurs de l’éducation. Et « en connaître les fondements pédagogiques et sociologiques est utile pour l’avancement de la connaissance ».

Composé de quatre membres, le jury a été présidé par le professeur Sidonie Clarisse Hedible, avec comme rapporteur le professeur Dodji Amouzouvi et les professeurs Cyprien Aholou et Pitaloumani Gnakou Ali, examinateurs.

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