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Opinion du Dr. Oswald Padonou/ ”Le Bénin, un pays à risques ? Je ne crois pas.”

Ce post pour dire non au Béninbashing dans les médias français et internationaux.

Après avoir perdu Fiacre Gbédji, l’excellent guide des deux français enlevés et retrouvés, nous n’allons pas croiser les bras à écouter les « Experts » nous dire n’importe quoi.

Chers amis, le Bénin mon pays, reste un pays sûr !

Voici pourquoi…

  1. Le parc de la Pendjari (que j’ai visite au moins trois fois) est une réserve naturelle, un espace continu entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger (si l’on prolonge avec le parc W).

Compte tenu de la situation au sud du Burkina, il y a des infiltrations de jihadistes dans le parc mais l’Armée béninoise ratisse la zone régulièrement et les Rangers de African Parks (une ONG sud-africaine qui gère le parc) sont assez professionnels.

  1. Une fois enlevés, les deux français ont été emmenés dans le nord du Burkina. L’opération des Forces spéciales françaises a eu lieu à près de 600 km des limites du parc. Cela renseigne sur la mobilité des jihadistes mais aussi sur le fait qu’ils savent bien qu’ils ne peuvent pas rester sur le territoire béninois sans être rapidement repérés et neutralisés.
  2. Le guide béninois des deux touristes a été tué probablement parce qu’il n’a pas coopéré avec les criminels. Au Bénin, nous sommes attachés à des valeurs humaines solides et nous sommes prêts à tout donner à nos amis qui nous font le plaisir de visiter notre pays. L’étranger est ROI chez moi !
  3. Tentons quelques comparaisons statistiques à présent. Au taux d’homicide volontaire par exemple, le Bénin est 85ème au plan mondial loin devant la France qui est au 171ème rang sur 224 pays classés (source : office des Nations unies contre la drogue et le crime). Ça veut dire qu’en France, on n’a plus de chance d’être tué par un être humain qu’au Bénin. Même si au Bénin, on a plus de chances de mourir par maladie ou accident.

Deuxième comparaison. En France, il y a 20.000 personnes fichiés « S » c’est-à-dire des personnes potentiellement dangereuses dont 12.000 qui sont clairement radicalisés (chiffres de février 2018). Sur 66 millions d’habitants, on a un ratio de 1 personne très dangereuse pour 3300 habitants. C’est beaucoup !

Parole de spécialiste en l’absence de chiffres précis, si on utilise les mêmes critères pour classer ces personnes dangereuses au Bénin, on sera très très en deçà de ce chiffre.

Et avec les 239 morts (au moins) de terrorisme que la France a enregistré sur son territoire depuis 2015, le pays s’emploie à montrer qu’il est encore sûr (à raison) et personne ne va à Paris, la peur au ventre. Pourquoi donc continuer à stigmatiser le Bénin, sans raison valable ?

  1. Deux poids, deux mesures. Après les attentats de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire (2016) qui ont enregistré 19 morts dont 4 Français, cette zone touristique n’a pas été classée en zone rouge par le quai d’Orsay. Pourquoi donc la Pendjari devrait l’être ?

Nous avons du plaisir à aller en France et nous voulons dire aux Français qu’ils peuvent continuer à se sentir tranquilles partout au Bénin.

Le Bénin, reste malgré les menaces et malgré un contexte régional préoccupant, un pays sûr !

Merci à tous, Paix à l’âme de Fiacre et à celles des deux soldats français tués au cours de l’assaut mené au Burkina Faso contre les ravisseurs.

Dr. Oswald PADONOU

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