Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Ouvrage « 10 janvier : et après…›› : Les réalités endogènes sous des traits positifs

Ouvrage « 10 janvier : et après…›› : Les réalités endogènes sous des traits positifs

« 10 janvier : et après ? Le Vodùn dans un monde en mutation ». C’est le titre de l’ouvrage écrit par une dizaine de contributeurs sous la Direction du docteur (Maître de Conférences) Coovi Raymond Assogba. Il a été lancé, vendredi 9 juillet à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), par Moufoutaou Adjeran, représentant du recteur en présence d’un public diversifié.

Par Raymond FALADE

L’idée de cette brochure est née à l’occasion de la dernière édition de la conférence à panels « Le 10 janvier : et après ? ». Initiée par le sociologue-anthropologue Raymond Assogba, elle se tient chaque année à la veille de cette fête annuelle des religions endogènes. L’ouvrage lancé vendredi dernier est une compilation des textes des différentes communications savourées le 9 janvier 2021. Paru aux Editions LASODYLA-REYO, l’œuvre longue de 102 pages est subdivisée en trois parties. La première renferme les dix « Communications », la seconde intitulée ‘’Approfondissement’’ présente les recommandations de la dernière conférence à panels dont l’une est la création de la « Faculté des sciences du sacré africain » qui comprendra un Département des Vodùn, un Département de la Boologie, un Département des sciences du Fâ, un Département des Sciences endogènes de la Santé, et un autre Département des Savoirs africains ». La troisième et dernière partie est une note sur les auteurs. « 10 janvier : et après ? Le Vodùn dans un monde en mutation » a fait l’objet d’un dépôt légal n°1278 du 8 janvier 2021 du 1er trimestre à la Bibliothèque nationale, Isbn 978-99982-0-699-1. Il est préfacé par Dr Théophile G. Kodjo Sonou, président-fondateur de l’Institut universitaire panafricain (Iup) de Porto-Novo.
A propos du fond, cet ouvrage plonge le lecteur dans les réalités endogènes, plus précisément Vodùn. Pendant longtemps, en effet, les Béninois en ont gardé de mauvais clichés. Ainsi, il est considéré comme du fétichisme, de la négation de Dieu, le berceau de l’idolâtrie. A travers cet ouvrage, l’auteur et les contributeurs s’attèlent donc à déconstruire ces préjugés négatifs et à montrer une autre facette, une autre réalité du Vodùn. Il suffit juste d’adapter et de placer Vodùn dans son contexte pour mieux comprendre ce qu’il est. Ce qu’a fait à sa prise de parole, le professeur Raymond Assogba. Il le définit comme « la patience de l’effort d’acquérir la Gnose ou la connaissance des « Nu » ou choses secrètes, c’est-à-dire ce que l’Occident appelle la « science » ; ainsi dit, il ressort d’une allégorie qu’il a racontée trois signifiants pour définir Vodùn : les Hoxo ou gémeaux, Na ou la Vierge, et Tohosu, le Verseau ou le Cancer. Il conclut que c’est d’une géométrie qu’il s’agit : la philosophie, la démographie, et la géographie ».

Diversité des acteurs, la force de l’ouvrage

 

« 10 janvier : et après ? Le Vodùn dans un monde en mutation » est le résultat de « l’humilité du chercheur » à travailler avec toutes les couches de la société, qu’il s’agisse des intellectuels ou non. Ce qui l’a amené, dit-il, à approcher « un ouvrier Victor Gognon, soudeur pour produire l’article « La créativité du rêve pour entreprendre », pages 63 à 67. Aussi s’est-il usé de son humilité « pour reconnaître dans les paroles du Fa de Dah Kpéyi, le savoir sur les besoins en pays vodùn : « Les besoins fondamentaux pour le développement en pays vodùn : la parole de O’Fâ pour corriger l’échelle des besoins de Maslow Abraham », pages 42 à 48. C’est toujours par le recours à l’humilité mais aussi par la méthode de la proximité, du dialogue, ajoute-il, que le journaliste Sêmèvo Bonaventure Agbon a puisé la motivation de trois textes : d’abord, « Historique du « 10 janvier » : dissonance et unanimité », pages 28 à 33 ; ensuite, « Phénoménologie du chrétien face au vécu des Hoxo ou Jumeaux », pages 53 à 62 ; et enfin, « Dénigrement des Jôwamon par les personnalités africaines : le cas illustré de l’auteur parlementaire Louis Vlavonou », pages 82 à 94. Ouverture d’esprit et besoin d’écouter sont les deux qualités utilisées par Coovi Raymond Assogba « pour convaincre son collègue Henri Sohougan qui a abordé l’« Environnement social du Vodùn et ses fonctions », pages 34 à 41 ; deux étudiants ont commencé leur essai scriptural : d’abord, Corneille da Silva qui a co-signé le premier article avec Sêmèvo Bonaventure Agbon « Historique du 10 janvier : dissonance et unanimité » ; et Zavier F. Kintossou Goï, « Vitalité par la consommation du manioc », pages 49 à52. Représentant du recteur de l’Uac et éditeur-présentateur, le Dr Adjeran a relevé que « le plus intéressant, c’est la diversité des acteurs ayant participé à la réalisation de cet ouvrage ».
« Fierté de voir aboutir cette compilation de communications », c’est le sentiment qui a animé Sêmèvo Bonaventure Agbon, journaliste et auteur de trois textes dans cet ouvrage. Il a précisé que l’objectif est d’inviter les Béninois à ne « pas se contenter de ressasser à longueur de journée les discours péjoratifs tenus par des missionnaires qui étaient chargés de remplacer nos valeurs, nos religions par les leurs ». Il est important, conseille-t-il, que l’on prenne du recul pour « approcher nos propres réalités avec calme et fierté afin de voir les aspects à conserver et les aspects à dépasser ». A ce titre, il faut souligner que cette œuvre de l’esprit coordonnée par le docteur (MC) Raymond Coovi Assogba est l’aboutissement de l’une de ses nombreuses actions pour amener les Béninois à retrouver leurs identité et valeurs propre. Depuis trois ans, précisément le 10 janvier de chaque année, il convoque les sachants des réalités endogènes pour essayer de déconstruire des clichés sur les réalités endogènes. Ce à quoi il s’évertue de plus à travers la science de la Boologie enseignée à l’Uac et qu’il a héritée de son maître, feu professeur Cossi Jean-Marie Apovo, l’inventeur.
Dépasser le cadre du scientifico-scientifique
Le présentateur de l’œuvre, Dr. Moufoutaou Adjéran observe à juste titre que l’auteur explique dans l’ouvrage que la célébration de la fête du 10 janvier est une bonne chose mais il faut aller au-delà d’une simple festivité. « Pour ce faire, l’une des recommandations du symposium organisé, à cet effet, le 09 janvier 2021 à l’Université d’Abomey-Calavi, est de dépasser le cadre exigeant et tracassant du scientifico-scientifique dont se délectent, nous, intellectuels ou universitaires amoureux de la science. Mieux, dans une approche phénoménologique, c’est de s’approprier du discours et pratiques intelligibles des acteurs sociaux initiés qui se déploient dans les dynamiques internes aux confins de l’endogénéité. C’est dans cette veine que le présent ouvrage (autour duquel nous sommes réunis cet après-midi) a été conçu. Il a recueilli des textes intéressants sous les empreintes des têtes couronnées des Jᴐwamᴐ, de nos apprenants dont les questionnements de recherche s’inscrivent dans la boologie, sans oublier également leurs aînés, docteurs et professeurs », a renchéri Dr Aimé Sènon, président du comité d’organisation.
Un colloque est projeté en 2022 et se penchera sur « la rencontre de la science avec la raison du Fâ », une nouvelle découverte.

Laisser un commentaire

Top