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Paiement de dettes aux travailleurs : Toboula rappelle à Yayi ses inepties

Comme à ses habitudes, l’ancien président Boni Yayi a encore attaqué son successeur, Patrice Talon. Cette fois-ci, au sujet des dettes héritées d’avant son avènement, et pour lesquelles le chantre de la Rupture a annoncé que sur un total global de 173 milliards Fcfa dus aux travailleurs et retraités avant 2016, 87 milliards Fcfa ont été effectivement payés, soit plus de 50% de niveau de paiement. « Je suis alors surpris d’apprendre que mon régime a laissé une telle dette à l’endroit de ces travailleurs, cheville ouvrière de la République, qui ont été la cible majeure de mon action à la tête du pays », a nié Yayi dans un post sur sa page Facebook. Et la réplique ne vient pas du gouvernement. Syndicaliste pendant les 10 ans de règne du docteur en Economie, Modeste Toboula n’a pas tardé à réagir. Il confirme entre autres que Boni Yayi a effectivement laissé autant de dettes.

 

Toboula : « son régime avait bel et bien laissé des dettes »

Bonjour chers tous.

J’étais syndicaliste sous la Gouvernance Yayi. En prenant seulement les dettes issues de la revalorisation du point indiciaire de 25 pour cent au profit des travailleurs du ministère des finances à la suite de l’affaire Dangnivo ce qui nous avait conduit à la création de la Coalition des Organisations Syndicales de de l’Administration Publique (COSYNAP) dont j’étais membre fondateur et secrétaire administratif, je peux affirmer que son régime avait bel et bien laissé des dettes.

Mieux, il y avait une grande injustice dans l’octroi des primes de motivation allant d’un ministère à un autre. Nous avons en son temps réclamé l’harmonisation des primes au sein de l’administration publique.

Les incidences financières découlant de cette revalorisation ont été planifiées pour être apurées en fin de mandat en 2016 mais malheureusement elles n’ont pas été apurées.

Le reversement opéré en son temps a gonflé l’effectif de la fonction publique et à l’époque, bien que faisant parti des cadres reversés, nous avons fustigé la tournure politique extrême de ce dossier et nous nous sommes battu en vain pour freiner l’élan du Gouvernement à cette époque au risque même de créer des inimitiés avec nos camarades travailleurs car nous avions exigé qu’au moins un test soit organisé au profit des agents pour jauger un peu de leur niveau avant le reversement mais hélas.

C’est un devoir de vérité. Dieu bénisse notre pays. Éphésiens 4-25

Modeste Toboula

 

 

La réaction de Bini Yayi

Je viens de prendre connaissance de la publication du Président Talon et je souhaiterais apporter ma modeste contribution.

Je voudrais demander au Seigneur de toucher son cœur pour qu’il se rapproche de ses concitoyens pour leur dire exactement ce qu’il a fait.

Je prie pour que le Président TALON fasse la volonté du peuple. Qu’il puisse créer les conditions de paix, de stabilité, de sécurité pour tous, tout en garantissant l’État de droit, la démocratie, le respect des droits de l’homme, les libertés fondamentales, la liberté de presse et d’expression. Nous attendons de lui qu’il puisse mettre en place cet environnement pour permettre l’épanouissement de tous les citoyens pour faire de notre pays un havre de paix et une destination attractive pour tous les citoyens du monde.

Je rêve d’un Bénin de transformation radicale sur le plan politique, économique et sociale pour le bonheur de tous et non celui d’un clan.

En ma qualité d’ancien Président du Bénin, prédécesseur immédiat du Président Talon, sur la base des informations qui m’avaient été communiquées par les ministères de tutelle d’alors, je ne me reconnais pas sur une quelconque dette ou arriérés validés en Conseil des ministres à l’endroit des travailleurs. Si ceci se confirmait, les engagements pris de manière consensuelle avec les travailleurs sont soumis aux principes de la continuité de l’État. Ce qui a conduit, et le Président Talon le sait, mon régime à apurer les arriérés salariaux de 180 milliards laissés par les régimes précédents à celui de 2006 au nom de la continuité de l’État. Mieux je rends grâce à Dieu, le Père Céleste d’avoir accompagné nos efforts pour améliorer sensiblement leurs conditions de travail et garantir leur sécurité pour un futur radieux, les travailleurs le savent et les enseignants en particulier de la Maternelle jusqu’au Supérieur.

Je suis alors surpris d’apprendre que mon régime a laissé une telle dette à l’endroit de ces travailleurs, cheville ouvrière de la République, qui ont été la cible majeure de mon action à la tête du pays (conditions salariales, primes, pensions, retraites, motivations, formations, contenus pédagogiques, infrastructures scolaires, universitaires et sanitaires, sécurité humaine etc.).

Je suis d’autant plus surpris que dans sa déclaration le Président n’a pas fait allusion au sort réservé aux nombreux travailleurs victimes des licenciements abusifs dans la fonction publique et l’administration depuis 2016 et surtout dans le corps des enseignants, piliers et âmes de notre pays. Nul besoin aussi de faire référence à la loi sur l’embauche qui a eu comme principale conséquence de précariser l’emploi des travailleurs de notre pays.

Je souhaite que le Président Talon se rapproche de Dieu pour que le plan de développement et de paix que le Tout Puissant des Cieux et de la Terre a réservé au peuple Béninois du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest se réalise à travers sa gouvernance dans tous les compartiments.

Bonne chance au Président Talon en cette période sensible où le peuple Béninois doit exercer librement sa souveraineté au cours du prochain scrutin Présidentiel souhaité inclusif, équitable et transparent. Ce sera la seule manière démocratique de savoir l’appréciation du peuple sur ce qu’il a fait à la tête de notre nation au cours des cinq dernières années.

Comme j’ai eu à le faire par le passé à la veille des Législatives exclusives, en ma qualité de son ainé dans la fonction Suprême, je lui recommande de tirer leçon des perturbations graves liées aux dernières Législatives et Communales exclusives pour qu’enfin le Peuple béninois jouisse de son droit inaliénable à choisir librement le citoyen qualifié pour présider nos destinées au cours des cinq prochaines années. Ceci suppose alors la suppression des barrières et verrous de tout genre, porteurs de germes d’exclusion car ils sont sources de destruction de toute nation.

Puisse DIEU, Tout Puissant, bénir notre Patrie commune et notre vivre ensemble.

Thomas BONI YAYI

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