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Partenariat Adfat et Ojupa-Afrique : 9 tradithérapeutes honorés pour servir de modèle

L’Association des dignitaires de Fâ et des tradi-thérapeutes (Adfat) et l’Organisation des jeunes pour l’unité et la paix en Afrique (Ojupa-Afrique) ont décoré, samedi 22 février 2020, neuf dignitaires de la médecine traditionnelle de l’arrondissement de Sèhouè, commune de Toffo. A travers ce geste honorifique, les deux organisations veulent redorer le blason de cette médecine, et décourager les faux pratiquants.

Par Sêmèvo B. AGBON

Les neuf personnes honorées n’ont pas été choisies au hasard ni sur la base de copinage. Elles sont toutes détentrices d’un trône et connues dans leurs milieux. Le moins expérimenté parmi elles a au moins 10 ans d’exercice de la médecine naturelle. Une longue expérience donc au service du bien-être humain. Ce qui ne leur est pas souvent reconnue comme il le faut. « Les tradithérapeutes œuvrent vraiment pour la paix mais ils sont les plus négligés. On ne leur reconnaît pas leur valeur. Les populations les considèrent souvent comme des gens qui ont appris les vertus de la feuille et qui l’instrumentalisent au profit de leur ventre uniquement », a déploré Jeannot Hungbo, président de l’Organisation des jeunes pour l’unité et la paix en Afrique (Ojupa-Afrique). Ce qui ne devrait pas être le cas, a-t-il insisté, arguant que ces personnes incarnent une médecine identitaire indispensable. « Qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui sans la feuille ? Quand tu bois, c’est la feuille ; quand tu manges, c’est aussi la feuille. Tout sort de la feuille, tout est produit par la terre. Donc ceux qui ont appris ce métier, il faut le leur reconnaître. C’est pourquoi nous sommes venus honorer neuf parmi eux à Sèhouè », a-t-il déclaré.

Vêtus de leurs ornements traditionnels, sourire aux lèvres, ils étaient tous contents de tenir dans leurs mains, devant population et amis, les trophées et attestations dont ils ont été gratifiés. De quoi souhaiter, avec l’un des bénéficiaires, Issa alias ‘’Serviteur d’Afrique’’ que ce ne soit pas la dernière fois. D’autres impétrants y voient une reconnaissance tant attendue. « Je suis vraiment débordé de joie, car ça a été une aubaine pour nous qui avons été distingués à Sèhouè par cette Ong internationale et l’Adfat. Ce qui élève notre arrondissement au rang des milieux réputés pour la médecine traditionnelle », a confié Missihoundé, prêtre de la divinité Mamy Sica. Même sentiment de joie chez Kpakpa Angelo alias Zowadan Mankpétô. « J’ai 22 ans de pratique. J’ai déjà sillonné le Cameroun, la Guinée et le Gabon grâce à la médecine traditionnelle », a-t-il témoigné. « L’excellence paie toujours. Quand tu exerces bien ton métier et qu’on ne te le reconnaît pas, c’est démotivant. Donc cette distinction est un encouragement », a indiqué Dovenou Spartacus, dit Dah Kiniho-Akpa qui a 13 ans de pratique.

 

Photo de famille des bénéficiaires avec la population

Après l’étape de Sèhouè, ce sera prochainement le tour des 10 autres arrondissements de Toffo pour le même exercice de distinction. Avec le même message à l’endroit des bénéficiaires, à savoir : « Un encouragement à persévérer et un appel à se conduire dignement pour ne pas jeter de discrédit sur cette médecine et les valeurs endogènes », a indiqué Dah Glèlè Milonon II, président de l’Adfat.

Guerre déclarée aux ‘’brebis galeuses’’ et partenariat

Loin d’une simple décoration, c’est la guerre que l’Adfat et son partenaire, l’Ojupa-Afrique entend ainsi déclarer aux tradithérapeutes autoproclamés. « Beaucoup s’autoproclament traditérapeutes alors qu’ils ne savent rien faire. Mais ils vont se décourager bientôt parce que l’Adfat et l’Ojupa vont travailler de sorte que ceux-là se reconnaissent défaillants et laissent la place aux vrais pratiquants. Nous allons travailler pour enlever les mauvaises herbes des bonnes », a rassuré Jeannot Hungbo.

Il faut aussi noter que cette cérémonie de distinction marque le début du partenariat entre l’Ojupa-Afrique et l’Adfat. Une collaboration que Dah Glèlè Milonon II souhaite fructueuse au grand bonheur des populations. « Pas de distinction aucune. Nous sommes portés par le développement du Bénin. Donc que tout le monde s’associe à nous », a-t-il exhorté. « Avec l’Adfat nous voulons beaucoup travailler pour l’évolution de la feuille en Afrique et la jeunesse. Ojupa aide aussi les malades, les nécessiteux, les orphelins… ce sont des enfants de la communauté qui ont besoin de soutien pour devenir des hommes pour demain. Voilà pourquoi nous voulons travailler ensemble pour le développement », a renchéri Dah Bokossa Hedévi, membre du bureau de l’Ojupa-Afrique. Cette dernière est une association qui œuvre pour la paix. Elle est basée à Cotonou, avec des représentants ailleurs en Afrique voire au-delà.

 

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