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Travaux publics et patrimoine culturel : L’Inmaac outille des professionnels de la construction et de l’aménagement du territoire

Inmaac protection du Patrimoine culturel.

Protection du Patrimoine culturel lors des travaux publics. Une quinzaine de professionnels de la construction et de l’aménagement du territoire ont reçu, mercredi 15 juin à l’Université d’Abomey-Calavi, des attestations de participation. La cérémonie sanctionne le cours technique intitulé « Patrimoine en lumière » qu’ils ont suivi du 7 au 15 juin dans le cadre du projet éponyme initié par l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac) et financé par l’ambassade de France au Bénin à travers le Fonds de solidarité pour les projets innovants (Fspi).

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Un constat amer a conduit l’Inmaac à associer les professionnels de la construction et de l’aménagement du territoire au projet « Patrimoine en lumière ». Ce sont eux qui, en effet, « se retrouvent sur le terrain à gérer, à travailler le patrimoine lorsqu’ils font leurs travaux. Nous avons constaté que la méconnaissance du patrimoine culturel par ces acteurs importants cause beaucoup de dégâts irréversibles », a déploré Blandine Agbaka, enseignante à l’Inmaac et coordonnatrice du projet.

Inmaac -Remise d'attestation/ protection du Patrimoine culturel
Le directeur de l’Inmaac remettant une attestation à un participant

Cette activité du projet les outille donc à l’identification du patrimoine archéologique et immobilier et sa valorisation dans le plan d’aménagement et d’urbanisme du territoire. « C’était pour les sensibiliser à la fragilité du patrimoine culturel qui parfois est mis en danger par les grands travaux qui se réalisent dans notre pays. L’idée, c’est de les en informer, de discuter avec eux pour pouvoir trouver les moyens de sauver ces patrimoines lorsque des travaux sont entrepris et qu’ils sont aux commandes », a renchéri le professeur Didier Houenoudé, directeur de l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac).

 

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Les participants sont de profils divers : architecte, ingénieur génie civil, expert-géomètre et géographe aménagiste du territoire. Onze au total, ils ont bénéficié de quinze modules de formation qui ont pris en compte les réalités pratiques du patrimoine au niveau des villes comme Abomey, Ouidah et Porto-Novo.

Communications et échanges, c’est suivant cette méthodologie que les modules ont été exécutés. Il s’agit entre autres de « Approche conceptuelle du patrimoine culturel » ; « Typologie et enjeu du patrimoine culturel » ; « Typologie des institutions muséales » ; « Introduction à l’archéologie préventive » ; « Sites archéologiques et travaux publics au Bénin » ; « Cadre administratif et législatif du patrimoine au Bénin » ; et « Travaux publics et valorisation des sites patrimoniaux : cas d’Agongouinto ».

Tout ne s’arrête pas à la remise d’attestation de participation. « Nous les suivrons à distance et je pense qu’ils sont nos partenaires privilégiés sur les projets qui touchent au patrimoine afin qu’ils puissent à leur tour le diffuser dans leur entourage et avec leurs collègues », a précisé Didier Houenoudé, directeur de l’Inmaac.

À cet effet, l’administration et les professionnels vont se mettre dans un réseau. La phase d’après-formation intéresse également les bénéficiaires du cours technique, a indiqué l’architecte Richard Missinhoun, porte-parole des bénéficiaires. Fiers des connaissances reçues, ils tiennent à impacter « sur la vie de tous les jours pour que les objectifs de la formation soient atteints » et « qu’on ressente de réel changement », a-t-il insisté.

« Nous avons commencé par mettre en place un forum, nous allons continuer à échanger entre nous, à réfléchir à l’élaboration d’un projet. Je pense que chacun doit apporter son flambeau et faire de cette expérience quelque chose de bénéfique en vue de l’atteinte des objectifs fixés », a rassuré Richard Missinhoun.

Par sa voix, les participants se sont engagés à prendre dorénavant en compte le patrimoine culturel dans la construction de l’identité du territoire.

Éduquer

Le projet « Patrimoine en lumière » dans sa globalité, vise à «améliorer la visibilité du patrimoine culturel dans l’enseignement supérieur; impacter la jeunesse béninoise et la rendre sensible au patrimoine culturel », a rappelé la coordonnatrice, Blandine Agbaka.

Il intervient dans un contexte où « Depuis quelques années le gouvernement du Bénin a fait le choix du tourisme comme moteur de développement du pays », a appuyé le représentant du bras financier du projet, Salomon Okiri, assistant en maitrise d’ouvrage sur le projet.

L’ambassade de France, a-t-il relevé, contribue à cette dynamique à travers une coopération patrimoniale et muséale qui se traduit sur le terrain par des actions concrètes.

« L’une de ces actions, c’est le projet « Sites et musées pour le développement des territoires » (Smdt). L’objectif essentiel c’est de travailler à l’éducation sur la question du patrimoine ; l’éducation surtout en milieu académique parce que la logique est claire que les jeunes dans tous les domaines, c’est l’avenir de notre pays. Il faut que nous puissions nous assurer que ceux qui vont travailler au développement de notre pays sont investis eux-mêmes de la question du patrimoine ; car un peuple qui ne s’approprie pas son patrimoine ne peut pas aller très loin. Pour s’en assurer il faut que les plus jeunes soient sensibilisés, éduqués sur la question du patrimoine. C’est pourquoi le projet porté par l’Inmaac est vraiment capital parce qu’il s’inscrit dans le cadre de l’université, cadre de la formation par excellence ».

De profil ingénieur lui-même et ancien directeur général de l’Agence nationale d’aménagement du territoire, Salomon Okiri perçoit mieux la pertinence de former au patrimoine culturel les professionnels de la construction et de l’aménagement du territoire.

 

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« Les ingénieurs, … nous avons nos objectifs en tête, nos calculs, le bâtiment à ériger. Et parfois ces questions [du patrimoine culturel, ndlr] nous semblent secondaires. Or c’est important de faire ce que nous voulons faire en ayant en vue la question du patrimoine. On peut faire en conservant le patrimoine, en le valorisant davantage ». Ailleurs, « Les gens avancent en conservant le patrimoine qui devient un pôle d’attraction et de développement des territoires », a illustré Salomon Okiri.

Inmaac
La coordonnatrice du projet‚ prof. Blandine Agbaka remet à un bénéficiaire son attestation

La suite du projet, ce sera l’organisation d’une pièce de théâtre « conçue par les étudiants de l’Inmaac et qui va sensibiliser au patrimoine » et la « nuit du conte » : « des contes pensés par les étudiants de l’Inmaac sous la supervision de conteurs professionnels et qui, également, prennent pour base le patrimoine culturel », a annoncé le directeur de l’Inmaac, Didier Houénoudé. En septembre 2021, des photographies et tableaux réalisés par des étudiants de l’Inmaac a fait l’objet d’une exposition dans le cadre du projet.

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