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Patrimoine : L’Épa réunit les acteurs autour des enjeux liés aux transformations urbaines 

Un séminaire de sensibilisation et de renforcement des capacités des décideurs et acteurs municipaux sur le patrimoine urbain se tient à Abomey du lundi 8 au mercredi 10 août. Initié par l’École du patrimoine africain (Epa) à travers le Centre de compétences en gestion urbaine des villes patrimoniales du Bénin (2Cgu), il s’inscrit dans la perspective d’apporter un appui-conseil aux municipalités face aux transformations urbaines qui menacent l’intégrité de leurs patrimoines.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Participent à ce séminaire, des acteurs venus de quatre villes chargées d’histoire comme Nikki, Natitingou, Abomey et Porto-Novo. Les transformations qu’elles connaissent -poussée démographique, plans d’aménagement peu soucieux de la protection des biens patrimoniaux et la modernisation – menace le patrimoine dont regorgent ces communes.

La coordonnatrice du 2Cgu, Dr Lamatou Daouda l’a constaté lors de ses travaux de thèse en ce qui concerne les sites rituels de la Gaani. « Ces sites qui sont implantés dans l’agglomération urbaine sont pris d’assaut par les mêmes populations bien qu’elles connaissent leurs valeurs.

La croissance démographique fait que les habitants autour de ces sites grignotent au jour le jour l’espace et finissent par compresser l’environnement du site. Or pour une valorisation du site on a besoin d’une zone tampon autour tout au moins », a-t-elle alerté.

 

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Pendant trois jours, le séminaire aborde les problématiques engendrées par les transformations urbaines et qui impactent l’intégrité et la préservation des « témoins historiques » des villes patrimoniales (sites culturels, lieux de mémoire, monuments, architectures, temples).

Il permettra de remédier au manque de connaissances et d’informations sur les enjeux urbains appliqués aux contextes africains.

À cet effet, le séminaire offre surtout un moment d’échanges entre acteurs municipaux et chercheurs formés dans le cadre du projet Ares. Les premiers sont appelés à partager leurs expériences sur la gestion des biens patrimoniaux dans leur commune respective.

Ils seront, au sortir du séminaire, informés et outillés sur les clés de préservation, valorisation du patrimoine culturel et sur les dispositions d’aménagement du territoire. Les seconds, membres du 2Cgu présentent les résultats de leurs recherchent à travers des communications scientifiques.

Barpougouni Mardjoua a planché en premier sur l’ « Importance des recherches archéologiques préventives et de sauvetage au Bénin ». Il a noté également que « Les grands travaux en cours aujourd’hui menacent les patrimoines archéologiques ». Ces derniers qui existent presque partout et n’attendent qu’à être exhumés.

Il a rappelé le cas, en 1998, des cachettes souterraines d’Agongouinto (Bohicon). Il a fallu qu’un engin lourd s’y enfonce lors des travaux de construction de voie, pour qu’une archéologie de sauvetage soit entreprise. Le site mis au jour et valorisé avait attiré de nombreux touristes, a-t-il relevé.

Patrimoine. Séminaire Abomey protection du patrimoine urbain
Dr Toko Imorou Ismaïla présente le Centre de compétences en gestion 2Cgu

Jéronime Zanmassou et Lamatou Daoudou présentent aussi les thématiques respectives « Initiative du paysage urbain historique : opportunités et défis dans une dynamique territoriale » et « Contraintes spatiales et protection des sites patrimoniaux au Bénin ».

Les professeurs Hubert Gbaguidi, enseignant à l’Université nationale des sciences, techniques, ingénierie et mathématiques (Unstim) d’Abomey et Ousséni Arouna vont aguerrir, quant à eux, les participants sur l’« Élaboration d’un instrument pour la durabilité du patrimoine immobilier dans un contexte de mutations spatiales dans la commune de Nikki ».

Le 2Cgu se positionne

À travers ce séminaire, le 2cgu voudrait se faire connaître, se positionner comme un appui-conseil, une aide à la prise de décision. « In fine le Centre pourra être un point d’ancrage pour régler les problèmes surtout liés à la conservation et la valorisation de nos patrimoines », a indiqué Dr Ismaïla Toko Imorou, coordonnateur sud du projet Ares 2016 ayant débouché sur la création du 2cgu.

« À la fin de ce projet et des différentes formations qui ont conduit à l’obtention des grades de docteur, il faut repartir sur le terrain et rencontrer les décideurs, notamment les acteurs municipaux, leur présenter que désormais il y a un centre de compétence disponible à leur écoute, avec lequel ils peuvent collaborer. Donc c’est pour lancer ce réseautage et collaboration entre chercheurs et décideurs. C’est à partir de ces collaborations qu’on peut espérer mieux solutionner les problématiques qui se posent sur le terrain », a renchéri Dr Lamatou Daouda.

Le 2Cgu est animé par des docteurs formés le projet Ares 2016.

« À la fin du projet il était retenu que les doctorants qui sont devenus des docteurs animeront ce centre de compétence, Centre qui est en quelque sorte un laboratoire, puisqu’il est créé à l’Uac mais hébergé par l’École du patrimoine africain (Epa).»‚ explique Dr Toko Imorou.

«Donc ce centre est en quelque sorte un laboratoire qui va appuyer nos différentes municipalités, un centre d’outil d’aide à la prise de décisions sur les questions patrimoniales, sur les questions liées à l’urbanisme et sur un certain nombre de question qui a trait aux patrimoines, à l’histoire de nos communes, de nos municipalités (…)

Tout cela pour booster non seulement le développement de nos localités mais aussi pour attirer l’attention des décideurs mais aussi de tous les acteurs de la société sur l’importance de la conservation de nos patrimoines », poursuit Ismaïla Toko Imorou.

Déjà des doléances

Des représentants des villes invités ont exprimé des préoccupations sur lesquelles leurs communes demandent l’appui du Centre de compétences.

 

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La capitale politique, souhaite par exemple une étude de faisabilité pour la réhabilitation de la mosquée centrale de Porto-Novo, une autre sur le patrimoine afrobrésilien et l’avenir des Places vodun non prises en compte par le projet « Eclosion urbaine ».

Natitingou souhaite qu’on développe avec elle, une stratégie pour la réhabilitation de la route de résistance de Kaba.

Nikki a, quant à elle énuméré trois attentes : accompagnement pour la gestion du nouveau palais en cours de construction et d’une arène, accompagnement dans la mise en valeur du projet « Mise en route » touristique de la ville de Nikki et, enfin, le développement d’une stratégie pour faire du patrimoine culturel de Niki un pôle de développement socioéconomique.

« Ensemble nous allons discuter pour avoir des solutions idoines adaptées aux réalités du terrain », a promis Jéronime Azanmassou au nom du 2Cgu.

 

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« Nous pensons que ce séminaire va nous permettre de valoriser davantage nos patrimoines et faire de nos différentes communes un attrait touristique qui va permettre de booster la mobilisation des ressources », espère Gbêboussa Boni, premier adjoint au maire de Nikki.

Un cadre de collaboration entre les communes et les membres du 2Cgu sera créé à l’issue du séminaire.

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