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Patrimoine Vodoun/ Divinité ‘’Confo’’ : protectrice et purificatrice

La divinité Confo que se disputent Béninois et Togolais fait l’objet de beaucoup de polémiques. Mais au-delà de toutes supputations, existent des vérités irréversibles qui font d’elle une divinité de prospérité.

Par Fidélia A. AHANDESSI

La divinité Confo a son origine chez les bouddhistes de l’Inde. Elle a transité par plusieurs pays dont le Ghana et le Togo avant d’atterrir au Bénin. Esprit de l’air ou du vent, les Togolais l’ont appelé « Mami », selon Hounnongan Agbohoundhi, maître de ladite divinité. Elle est matérialisée soit par un serpent ou une déesse portant à son cou un serpent. Ce serpent, confie-t-il, n’a rien à voir avec le serpent littéral (physique). Il s’agit plutôt d’un reptile-esprit au plan mystique qui, lorsqu’il veut se révéler à l’homme, prend la forme humaine, précisément une femme mi-humaine mi-poisson. Cette forme d’apparition qui justifie l’interdiction pour les adeptes de Confo (les Confosi) de manger le carpe rouge (cica cica en fon et en mina) et la baleine. « Cet interdit existe pour les Confosi depuis la nuit des temps », indique le Hounnongan Agbohoundhi, par ailleurs spécialiste des cérémonies d’initiation à la divinité Confo. « Confo est la mère de toute vie humaine et animale. Étant l’air, donc l’oxygène sans lequel ne peut personne vivre, c’est lui qui se transmet dans la vie humaine comme animale dès la naissance », renseigne Maître Agbohoundji. Il ne peut avoir, en effet, une vie si l’oxygène n’entre dans les poumons à la naissance. Et c’est cela Confo. Tous les êtres humains et les animaux passent donc par Confo avant de naître, a-t-il justifié.

Aussi, Confo joue le rôle d’intermédiaire entre Dieu est les Hommes. En tant que vent, cette divinité porte les prières à Dieu pour qu’il les exauce. Confo est donc le transit par lequel l’être humain communique avec Dieu, l’Être suprême, soutient Maître Agbohoundji.

Initiation

Pour devenir Confosi (adepte), le futur initié est interné au couvent pendant quarante et un (41) jours afin de subir les dits rituels et cérémonies. Après ces cérémonies, l’initié est informé des totems qu’il devra respecter. Le Confosi ne doit jamais vouloir du mal à son prochain. Tel est son premier totem. Autrement, la divinité le punit sévèrement. Aux rumeurs selon lesquelles les « Mamissi » ou « Confosi » sont d’office des fortunés, le Hounnongan objecte que « la richesse matérielle n’est pas forcément la récompense que donne Confo. Le fait est que lors des cérémonies qu’on leur fait au couvent, les initiés sont purifiés de tous péchés qu’ils ont commis depuis leur naissance, de même que leurs péchés ancestraux. Ils sont lavés de tout envoûtement passé et reçoivent protection contre les futurs. Ces rituels et cérémonies leur lèvent tous les obstacles sur leur vie terrestre et nettoie leur étoile. Ainsi, si l’initié était destiné à être riche sur terre et qu’il avait été envoûté avant d’être conduit au couvent, il devient une nouvelle personne après ces cérémonies et peut en plus de la protection puissante de Confo entrer en possession de son étoile et devenir riche dans la proportion que Dieu lui aurait donnée. Le cas contraire, ce n’est pas la divinité qui lui donne de richesse matérielle. Néanmoins il a sa protection infaillible ».

Autre interdit, l’initié au Vodoun Confo ne doit pas tenir des rapports sexuels les jeudi et vendredi. Dans la tradition béninoise en effet, jeudi étant considéré comme un jour saint où il est préférable que l’adepte jeûne et soumet à sa divinité des doléances. Vendredi quant à lui est appelé « Koffizan » c’est-à-dire « jour de Koffi », jour où les initiés choisissent de se réjouir.

Selon le maître Agbohoundji, la divinité Confo n’a pas de couleur particulière mais elle utilise le rouge. En dehors du rouge, son adepte peut mettre toutes les couleurs en l’occurrence le blanc ou le bleu.

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