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Patrimoine Vodùn : Le gouvernement fidèle à son ambition de valorisation

Le Vodùn était à l’honneur au Bénin hier, dimanche 10 janvier. C’est la seule journée chômée, fériée et payée, dédiée aux religions endogènes alors que celles importées en ont une kyrielle. L’institution de ce qui est communément connu sous l’expression “fête des religions endogènes” date de 1992. Le président Nicéphore Soglo était au pouvoir. Normal donc que l’opinion publique lui en attribue (à tort) la paternité. Ce que corrige Daagbo Hounon Hounan II tout en trouvant en cette date la réparation d’une longue injustice faites aux religions du terroir. « Il faut dire que pendant des siècles, les missionnaires n’ont pas pu dire la vérité aux gens et il a fallu le premier Symposium national sur le culte Vodun tenu du 28 mai au 4 juin 1991 pour dire « plus jamais l’appellation ‘’fétiche’’ ». A partir de là, l’une des résolutions portait sur l’institution de la journée du Vodun le 10 janvier de chaque année. Beaucoup se plaisent à dire que c’est le Président Soglo qui l’a créée, ce n’est pas vrai. Ce sont plutôt les dignitaires Vodunon eux-mêmes qui ont pris cette décision, laquelle a été accompagnée par le Gouvernement. Évidemment, Soglo était au pouvoir en ce moment-là. Je répète bien que ce n’est pas le Président Soglo qui a créé la fête nationale du Vodun. Ce sont les dignitaires Vodunnon rassemblés du 28 mai au 4 juin 1991 à la Maison de la culture de Ouidah qui avaient pris cette résolution et la demande a été envoyée au Gouvernement et a fait un ping-pong entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale pendant près de cinq ans avant d’être adoptée. »

Covid-19

D’habitude, chaque 10 janvier voit les Vodùn et Vodùnsi s’exhiber hors des couvents. Parades, animations culturelles, procession, libations et prières. Toute chose qui draine du monde de curieux et de touristes. Mais l’édition 2021 a eu un visage particulier. La crise sanitaire du coronavirus obligeant, le gouvernement a retenu, après une série de réflexions, une célébration en  “mode sobre”. Des chants rituels et les tam-tams sacrés ont donc résonné dans les couvents des Vodùn Sakpata, Hêviosso, Tohossou, Dan, Kocou, Ninsouhoué…

Côté officiel, le lancement symbolique des festivités a été fait par le ministre du tourisme, des arts et de la Culture depuis la Porte du Non-Retour à Ouidah en présence des certains dignitaires dont le pontife Daagbo Hounon Hounan. « Malheureusement, la pandémie de Covid-19 qui sévit actuellement n’a pas permis au gouvernement d’autoriser l’organisation de l’édition de cette année dans les formats habituels. Les précautions qu’imposent la lutte contre ce virus n’ont pas permis à ce lieu de recevoir le grand monde qu’il draine à l’accoutumée. En effet, autant nous devons célébrer notre patrimoine culturel, autant nous devons protéger le patrimoine humain que nous constituons. C’est pourquoi je voudrais profiter de cette tribune pour demander aux instances religieuses traditionnelles de faire une grande part au respect des mesures barrières de prévention contre cette maladie qui défie l’humanité entière lors des diverses cérémonies et processions. L’occasion est utile pour vous de prier pour débarrasser l’humanité de ce fléau qui nous nargue et nous fragilise à l’échelle planétaire », a lancé Jean-Michel Abimbola.

Valorisation

Avec le Vodùn le Bénin se révèle un « magnifique musée à ciel ouvert, fruit de la relation de nos ancêtres avec le temps, l’univers et le surnaturel ! ». En effet, « De l’est à l’ouest, du nord au sud du Bénin, se dressent et se laissent contempler gratuitement des sites et monuments liés à des pratiques religieuses traditionnelles. » L’ambition du gouvernement de le révéler, le ministre l’a réitérée dans son allocution. « Un tel trésor mérite d’être mis en patrimoine puis en tourisme », a-t-il réaffirmé. L’engagement de sa valorisation se traduit déjà par plusieurs projets dont la « Route des couvents » « qui sera bientôt inauguré pour le bonheur des visiteurs de tous horizons » et les réflexions « pour la mise en place du Musée Vodoun/Orisha à Porto-Novo ». Ce qui fait conclure à Abimbola que « la mise en patrimoine des religions endogènes est au cœur des réflexions du gouvernement sur la création d’une industrie touristique dans notre pays. Cette dynamique positive devra induire, comme on peut s’y attendre, plus de ferveur dans l’organisation de la fête du 10 janvier ».

Par Sènankpon DOSSOU

 

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