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Père Hubert Kèdowidé : « Le temps de carême permet … de lutter contre le mal ».

Le « mercredi des Cendres » commémoré ce 17 février, marque le début du carême chez les fidèles catholiques du monde entier. Ainsi s’ouvre quarante jours de prières et de privation. Le Père Hubert Kedowidé, directeur diocésain de la communication de l’Archidiocèse de Cotonou parle dans cette interview exclusive, de la signification ‘’des centres’’ et prodigue quelques dispositions à prendre pendant ce temps de pénitence.

Propos recueillis par Sabirath AWO (Stag.)

 

Bénin Intelligent : Que comprendre par le « mercredi des Centres » ?

Père Hubert Kedowidé : Le mercredi des Cendres marque le début du temps de carême dans l’Église Catholique. Si dans l’Ancien Testament ils ont introduit dans le rituel, les cendres c’est parce que les cendres ont une double combinaison du négatif et du positif. Le négatif dans le sens où lorsque le feu ravage tout, il ne reste plus que la cendre. La cendre est donc la conséquence de ce qui reste de tout ce qui est détruit. Le côté positif, c’est que la cendre est le terreau, source de fertilité. Elle représente donc l’état de mort de quelque chose qui existait et est en même temps source de résurrection de quelque chose qui va maintenant renaitre. Lorsqu’on choisit la cendre pour l’être humain, cela signifie que le péché l’a défiguré, il n’est plus à l’image et à la ressemblance de Dieu parce que le péché l’a complètement détruit. Il se reconnaît dans cet anéantissement opéré par le mal et en même temps, il prend la décision de la conversion qui est source de fertilité nouvelle. Lorsque nous commençons par le mercredi des cendres ou le temps de carême qui est un temps de pénitence, nous recevons la cendre parce que nous reconnaissons notre fragilité, le rien que nous sommes pour espérer dans la miséricorde du Seigneur, une renaissance. Lorsqu’on reçoit la cendre, on confesse qu’on est néant devant le Seigneur et on implore sa miséricorde pour  redevenir son enfant bien aimé.

C’est quoi le temps de carême ?

Le temps de carême permet à tous les chrétiens de lutter contre le mal. Au fond, il s’agit d’une mobilisation générale et la vie de l’homme est une lutte permanente contre le mal.

De façon spécifique, le temps de carême, c’est le temps qui nous rappelle  que le Christ est venu mourir  en notre lieu et place pour nous redonner la vie.  C’est un temps de reconquête de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine,  de l’unité sur la division.

Combien de jours dure cette période ?

Le temps de carême qui commence par le mercredi des cendres va finir donc  par la célébration de la Pâques qui est le lieu de notre rédemption et de notre résurrection. Ce temps va durer pratiquement cinq semaines ou 40 jours sans compter les dimanches pendant lesquels le fidèle catholique va faire pénitence. Ce temps commence le mercredi des cendres et fini le mercredi de la Semaine Sainte, c’est-à-dire la dernière semaine qui précède la célébration de la Pâques. Lorsque nous partons du mercredi des cendres jusqu’à la Pâques, on peut compter autour de 47 jours, mais le temps de pénitence dure 40 jours. C’est-à-dire que le fidèle catholique fait pénitence tous les jours sauf le dimanche qui est toujours le jour de la résurrection. Le jeudi saint, le vendredi saint et le samedi saint sont appelés le début du triduum pascal.  D’ailleurs lorsqu’on pose la cendre sur ton front, le père dit : « Souviens-toi que tu es poussière et tu retourneras poussière » ou encore « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle de Jésus-Christ ». J’aime plus cette dernière formule parce que ça nous appelle à une nouvelle alliance, à un nouvel engagement ou encore une nouvelle entente avec le Seigneur.

Que représentent ces 40 jours pour l’Église Catholique ?

Ce temps rappelle les 40 années que le peuple d’Israël a passé dans le désert pour entrer dans la Terre promise et aussi les 40 jours passés au désert par le Christ  pour être victorieux du tentateur.

Que doit faire le fidèle catholique pendant la période du jeûne ?

De la même manière que le Christ a mené le combat spirituel de demeurer fidèle à son père, les chrétiens sont appelés à mener ce combat.  Ce combat passe essentiellement par trois choses à savoir le jeûne, la prière et l’aumône. Le jeûne est le fait de se priver de tous les plaisirs pour permettre au corps de ne pas être assujetti aux choses terrestres. Il faudrait que le corps puisse montrer que l’Homme ne vit pas seulement de pain, mais de la parole de Dieu. C’est Dieu qui nous fait exister et on travaille pour que notre existence ne soit pas à la remorque  des choses qui passent. Ensuite, la prière est de vivre en intimité avec le Seigneur et être dans le Seigneur, car pour être fort, il faut l’être grâce à celui qui nous fortifie. Nous ne sommes que des instruments de Dieu et il faut demeurer dans l’intimité de Dieu pour être alimenté par lui. La plus belle prière, c’est l’écoute de Dieu, ce qui nous permet d’élever nos voix d’espérance et de désespoir vers le Seigneur. Il faut en ce temps prier pour nous-mêmes, pour nos familles et pour nos ennemis afin de les transformer en amis, car seul le Seigneur est capable de transformer les cœurs de pierre en cœur de chair. Enfin, le partage qui est la charité, l’amour. Tout peut passer sauf l’amour, sauf le don de nous-mêmes  aux autres. Le temps de carême est le temps de la rencontre des plus pauvres, des démunis, des malades. C’est le temps où, nous nous privons de quelque chose pour que les autres puissent bénéficier de notre charité fraternelle. Même lorsqu’on n’est pas chrétien, on peut être sensible à cela.  Même si on ne croit pas en Dieu, ce que nous promet le temps de carême peut inviter tous, croyant et non-croyant à s’exercer au jeûne, car il permet au corps de ne pas distraire l’esprit, d’alléger son corps et de s’élever dans le Seigneur. Après ce temps de carême, nous avons ce que l’on appelle le triduum pascal qui amène à la nuit du samedi où nous laissons exploser le cri de la victoire sur la mort en chantant la résurrection du Christ.

Merci Père.

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