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Pierre Gbètodé Dossa à propos de la qualité de l’eau d’ici 2055 : « Il est nécessaire d’anticiper et de s’adapter au changement climatique »

Les changements climatiques influent négativement aussi bien sur la qualité que sur la quantité de l’eau. Que faire vu la place de cette ressource dans la survie de l’Homme ? L’environnementaliste Pierre Gbètodé Dossa préconise l’anticipation et l’adaptation.

Propos recueillis par S. B. AGBON

« Le droit à l’eau consiste en un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau salubre et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun. Une quantité adéquate d’eau salubre est nécessaire pour prévenir la mortalité due à la déshydratation et pour réduire le risque de transmission de maladies d’origine hydrique ainsi que pour la consommation, la cuisine et l’hygiène personnelle et domestique. Chaque citoyen doit pouvoir bénéficier d’informations relatives à son environnement, notamment sur l’eau, pour mieux comprendre son implication dans la gestion de la ressource en eau.

La répartition de la ressource en eau douce sur terre n’est pas homogène, cela au sein même du pays. Aujourd’hui, un tiers de la population béninoise vit dans une situation de stress hydrique, avec moins de 1200 mètres cubes d’eau douce disponibles par habitant et par an. En effet, pour pouvoir répondre quasiment aux besoins en eau de la population à l’horizon 2055, il est nécessaire d’anticiper et de s’adapter au changement climatique. A cet effet, chaque citoyen doit contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (Ges). Je dirai personnellement que la réduction des émissions des Ges n’est pas la seule solution pour faire face au changement climatique. Adapter les territoires est également un défi majeur. Les deux mesures sont indispensables et complémentaires.

Je définis le concept d’adaptation comme l’ajustement des systèmes naturels et humains en réponse à des stimuli climatiques ou à leurs effets, afin d’atténuer les effets néfastes ou d’exploiter des opportunités bénéfiques. De façon générale, il faut noter que si les mesures ne sont pas prises pour faire face à ce phénomène, le changement climatique entraînera une hausse des températures des cours d’eau, fleuves, lacs et océans, une augmentation de l’évaporation et une modification du régime des précipitations. De ce fait, les risques concernant la ressource en eau sont : la réduction des débits hydrologiques, l’aggravation de la mauvaise qualité de l’eau. Pour les milieux aquatiques on assistera à la réduction des zones humides et de leur biodiversité et des impacts sur les espèces et leurs activités (alimentation, respiration, déplacement, reproduction). Avoir une ressource en moins grande quantité et de plus mauvaise qualité aura pour conséquence d’accentuer les conflits et problématiques entre les différents usages liés à l’eau (environnementaux, domestiques, agricoles et industriels). »

 

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