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Polémiques autour du parrainage : Talon tranche au profit de l’Opposition

La récente intervention du président Patrice Talon dans Jeune Afrique dissipe définitivement la polémique autour du parrainage et lève le flou quant au sort des candidats de l’opposition.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Si jusque-là les critiques n’ont pas dénié sa pertinence, le parrainage pour 2021 a tout de même inspiré suspicion et crainte. En cause, le contexte et surtout la nature des élus actuellement habiletés à porter les candidats. Comme l’a relevé la société civile qui exige sa suppression, sur les 160 députés/maires parrains, 154 (soit 96,25%) appartiennent à la majorité présidentielle. « Les circonstances ont fait que ceux qui doivent donner ces signatures sont pratiquement tous d’un même bord et cela risque de ne pas révéler la diversité », critique justement Joël Atayi-Guèdègbé, politologue et membre de la société civile. Dès lors, ces parrains quasi ‘’mouvanciers’’ peuvent-ils accorder leurs signatures à des candidats de l’opposition qui n’a pour le moment, que 6 parrains-maires (Fcbe) ? Telle est la grande équation dont les inconnus ont cristallisé contestations et polémiques.

Redouté comme possible moyen d’exclusion dans les mains de la mouvance, deux tendances s’étaient affronté au sujet du parrainage que le Bénin expérimente, la première fois de son histoire électorale, lors de la présidentielle de 2021. Approche libérale contre approche rigoriste. La première est celle du gouvernement. Ce dernier, pour rassurer les inquiets et convaincre qu’il n’y a pas péril nécessitant la suppression du parrainage, a soutenu, à travers son porte-parole Alain Orounla, que les élus-parrains étaient libres d’accorder leurs signatures aux candidats de leur choix. « Tout élu est libre d’accorder son parrainage à tel ou tel candidat », avait-il déclaré. Et de soutenir que « Le parrainage est un filtre démocratique qui permet de mettre de côté les candidatures pléthoriques et fantaisistes ». Cette position, est le souhait des contestataires. « Si les gens sont effectivement libres de donner leurs signatures à qui ils veulent comme le dit le mi­nistre Orounla, le problème ne se pose pas », conclut Atayi-Guèdègbé. Mais…dit-il « ne nous leurrons pas. Dans la réalité c’est la position défendue par le président Vlavonou qui va se réaliser. » Tirant expérience de l’indiscipline au sein des formations politiques lors de l’élection des maires de la 4e mandature de la décentralisation, ce dernier avait prôné, en effet, une approche rigoriste. « Un député ne devrait pas de son propre choix ou bien un maire de son propre choix aller parrainer un candidat sans l’avis de son parti ». Il s’est justifié par l’esprit même de la réforme du système partisan qui voudrait désormais que « le parti… doit être fort et non l’individu ».

Face à cette cacophonie, la troisième voix longtemps guettée a enfin résonné. Patrice Talon, surnommé père des partis jumeaux Union progressiste et Bloc républicain, a situé ses enfants (élus). Interrogé par le magazine Jeune Afrique sur le risque d’un scrutin à candidat unique en 2021 du fait du parrainage, il a réaffirmé la position défendue par Alain Orounla. « Il y aura compétition », a-t-il réagi. « Les maires et les députés joueront leur rôle pour parrainer les candidats de leur choix, lesquels ne relèveront pas tous de la majorité. Ils ne seront peut-être pas trente-cinq ou quarante comme autrefois, mais il y en aura plusieurs, et entre eux la bataille sera rude. Rassurez-vous, la démocratie béninoise est toujours bien vivace ». Contrairement donc à l’avis de la Deuxième personnalité du pays, la majorité écrasante de parrains partisans de la Rupture ne seront pas enchaînés. Opposition et société civile sont donc rassurées et nul ne verra encore dans le parrainage une menace d’exclusion.

 

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