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Politique ivoirienne : Gbagbo crée le Ppa-CI et relance le chantier du panafricanisme

Laurent Gbagbo a tourné définitivement la page du Fpi (Front populaire ivoirien). L’ancien président revenu au bercail après son acquittement par la Cpi, a créé une nouvelle formation politique dénommée Parti des peuples africains (Ppa) de Côte d’Ivoire. Le congrès constitutif s’est tenu les 16-17 octobre au Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan. Dans l’esprit des organisateurs, l’événement se veut un nouveau départ non seulement pour la Côte d’Ivoire mais surtout pour l’Afrique. Dans son speech à l’occasion, l’ancien président relâché après dix ans de procès à la Haye, a livré une véritable ode au panafricanisme. « Le Panafricanisme n’est pas un slogan, c’est une réalité », a-t-il lancé. Ce rêve politique du père de l’indépendance du Ghana, Kwamé N’Krumah demeure crucial. En effet, a-t-il soutenu, pour peser sur la scène internationale, il faut s’unir. Sinon, dit-il, « Quand vous avez une certaine taille, petite …vous ne vous bandez pas les muscles pour vous promener devant les gens. Parce que quand vous passez, les gens rient ». Il a illustré sa position par la situation des Etats-Unis, la Chine, la Russie…qui sont capables d’orienter la politique mondiale. « 𝗠𝗲𝘀 frères, 𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-É𝘁𝗮𝘁𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 ç𝗮, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲 là 𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁 𝗹’𝗶𝗱é𝗲 𝗱𝘂 𝗣𝗮𝗻𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲 ». L’Afrique doit donc songer à mettre ensemble la force de ses petits Etats fragiles afin d’avoir un poids respectable voire redoutable.

EXTRAIT DES PROPOS DE LAURENT GBAGBO

« Les gens s’interrogent sur le Panafricanisme dont je parle. Mais c’est Kwame Nkrumah qui a écrit, « L’Afrique doit s’unir ». Mais faut remarquer que c’est Kwame N’Krumah, ancien élève et étudiant aux USA qui a écrit « L’Afrique doit s’unir ». Regardez un peu les USA. Regardez les USA, ça fait deux siècles qu’ils sont indépendants. Ils ont lutté dur pour leur indépendance. Au départ, ils étaient 13 États, ça ne vous dit rien ? Mais ça c’est la CEDEAO déjà. C’est déjà la CEDEAO. Mais ils ont estimé que ce n’est pas assez. Ils se sont battus après la guerre de sécession, ils ont aggloméré tous les États qui, en Amérique, se formaient, aujourd’hui ils sont à 51 États. Autant que l’Afrique ! Est-ce que ça ne vous dit rien ? Regardez un peu le monde et voyez quels sont les puissants. Les puissants sont les grands de taille. La Chine, les USA, la Russie, le Canada, ce sont les pays qui sont « Balèzes ». Mais nous, chacun veut être Président dans son village. On a un petit tronçon de pays, et on est Président là et on est content. Mais ça ne nous donne pas l’indépendance et la puissance. Je suis allé en visite en Chine, j’étais arrêté à côté du Président chinois. Ils ont joué l’hymne nationale de Côte d’Ivoire puis chinois. Mais quelles étaient mes pensées à l’heure ? Je dis « on me blague ». Parce qu’apparemment, je ne suis rien par rapport à lui. Il faut que les Africains pensent ça. Il faut qu’ils sachent ça.
𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝘁𝘂 𝘃𝗮𝘀 à l’Elysée 𝗲𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝘁𝘂 𝗺𝗼𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘀𝗰𝗮𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀, 𝗹𝗲 président 𝗙𝗿𝗮𝗻ça𝗶𝘀 𝗱𝗲𝘀𝗰𝗲𝗻𝗱 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘀𝗰𝗮𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲 𝗲𝘀𝘁 là à 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝗲, 𝗲𝘁 𝘁𝘂 𝗹𝗮 𝘀𝗮𝗹𝘂𝗲𝘀, 𝘁𝘂 𝘁𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱 (𝗥𝗶𝗿𝗲) 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗾𝘂𝗶 𝘁’𝗮𝗰𝗰𝘂𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝘁𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱 ? 𝗘𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 réalité 𝘁𝗲 considère 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘂𝗻 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱 ? 𝗟𝗮 réalité 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝗯𝗹𝗲𝘀, 𝗹𝗮 réalité 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲. 𝗠𝗲𝘀 frères, 𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-É𝘁𝗮𝘁𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 ç𝗮, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲 là 𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁 𝗹’𝗶𝗱é𝗲 𝗱𝘂 𝗣𝗮𝗻𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲 (𝗮𝗽𝗽𝗹𝗮𝘂𝗱𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀).
Ce n’est pas la peine de chercher des théories. Il faut regarder les faits. Je ne vais pas citer des pays pour ne pas être en porte-à-faux diplomatique. Mais ce n’est pas vrai. Les pays dont en parle un peu en Afrique qui ont une petite puissance économique, c’est le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte. Des pays qui sont grands un peu par rapport à nous autres. Mais nous là, on a le Cacao, nous sommes les 1ers producteurs de Cacao, mais on se promène partout. San-Pedro est le premier port cacaoyer du monde, et puis après ? (rires). Vous savez ce qui a fait le problème entre Felix Houphouët Boigny et la banque mondiale, à la fin de la vie de FHB ? Il a tenté de bloquer le Cacao pour faire monter les coûts. Quand la Banque Mondiale a vu ça, elle a diversifié en Malaisie, elle a donné de l’argent pour développer l’industrie cacaoyère là-bas. Ils ont les moyens. Et même l’Europe qui a colonisé la plupart des pays africains, se trouve être petite. Chaque pays d’Europe se trouve être petit aujourd’hui. Donc dès la fin de la deuxième guerre mondiale, il ya un processus qui a commencé et les européens sont en train de se regrouper. Ils ont déjà créé une monnaie commune et ils avancent. Ce processus va aboutir à la création d’un État plus tard. Et cet État va au moins rivaliser les USA, la Russie, la Chine. Les USA, la Russie, la Chine, l’Europe, voici les blocs qui se positionnent. Et nous, pendant, nous répétons l’hymne national, faisons flotter le drapeau sur le toit de la maison et puis on est là. Non, non, et Non. Il faut ouvrir les yeux.
Aujourd’hui, il y a l’Afrique et l’Amérique Latine qui sont encore fragmentés. C’est pourquoi, il faut que les États africains s’unissent, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜 𝗳𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 𝗮𝘂𝘅 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘂𝗻𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀. 𝗜𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝘆𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗳𝗲𝗿𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲. Il y en a, j’ai écouté quelqu’un dire que Gbagbo quand il était là, il n’a rien fait ? Mais si ! J’ai commencé et on m’a fait la guerre. La guerre était une réalité. Je suis le premier Président de Côte d’Ivoire qui a fait élire un ivoirien à la tête de L’OUA. Parce que je croyais à l’organisation panafricaine. Et le SG DE L’OUA, Essy Amara, un diplomate chevronné a été le 1er Secrétaire Général de L’OUA. J’ai travaillé pour que la Commission Cacao qui était à Londres vienne à Abidjan. Danon Djédjé était Ministre de l’agriculture. Et puis la guerre est arrivée. Je n’avais plus d’autres soucis que de mettre fin à la guerre. Pendant 10 ans, la guerre, pendant 10 ans je n’avais plus de Gouvernement. C’est de l’extérieur qu’on me dictait, des gens qui sont gentils, qui sont capables, qui sont compétents et biens mais ce n’était pas mes premiers Ministres à moi. Dans la première phase, en 2000, celui que j’ai nommé c’était Affi N’guessan, dans la deuxième phase c’était AKE N’gbo. Mais lui, il ne s’est même pas installé au bureau que la guerre est venue.

Le Panafricanisme n’est pas un slogan, c’est une réalité. Quand vous avez une certaine taille, petite et que vous n’avez que le Cacao à proposer, vous ne vous bandez pas les muscles pour vous promener devant les gens. Parce que quand vous passez, les gens rient. On joue votre hymne mais les gens sourient. C’est pourquoi, quand j’étais Chef d’Etat, je ne demandais jamais d’aller en visite officielle dans un pays développé. Quand tu demandais, on pensait que tu allais venir demander quelque chose, donc j’allais où on m’invitait. Je suis allé en France trois fois, en Italie, en Chine, c’est parce qu’on m’a invité. Quand tu es à la tête d’un petit pays, qui est forcément pays pauvre, quand tu appelles l’Ambassadeur pour dire que tu veuille aller en visite officielle dans son pays, les gens croient que tu veux aller demander quelque chose. Non il faut se débrouiller ! C’est pourquoi nous avons fait le budget sécurisé, c’est à dire ce qu’on gagne, c’est ce qu’on mange, pour parler comme à Yopougon chez nous. À l’époque nous dépensions 100 milliards par mois pour les salaires des fonctionnaires et les autres dépenses de l’Etat. Mais on avait ce qu’il nous fallait pour faire face aux dépenses de l’Etat. Et je me faisais un orgueil de faire les dépenses incontournables de l’Etat sur ce que nous gagnons. J’ai commencé à construire Yamoussoukro, mais en le faisant, le Palais de L’Assemblée Nationale devait être livré en 2012, on m’a arrêté en 2011 et c’est toujours là-bas. Mais ce que je veux dire, sur ça, je n’ai pas emprunté 1 FCFA. C’est notre capitale et c’est ce qu’on me reproche. »

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