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Port obligatoire de masque : Après l’utile, le nuisible, Pierre Dossa alerte !

Le masque n’est utile que lorsqu’il sert, dans le contexte actuel de crise sanitaire, à se prémunir contre le Covid-19. Souillé et jeté dans la nature, il devient un « indicateur de pollution environnementale et de menace pour la santé des populations », alerte Pierre Dossa, environnementaliste.

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON

BI : En tant qu’un jeune sensibilisateur par approche IEC et CESP en environnement, les masques fabriqués avec des tissus respectent-ils les règles d’hygiène sanitaire et comment la population gère leurs masques souillés selon vous ?

Pierre DOSSA : Le port des masques lavables et réutilisables à base de tissu, ne respecte pas les règles d’hygiène. Une situation qui a des conséquences sur la santé. On observe plusieurs types de masque dans les circulations, des masques fabriqués avec de différents tissus tels que les tissus en coton, linon, polyéther et autres. Une fois souillés, les masques deviennent vite embarrassants et représente alors un objet dont il faut se décharger au plus vite. Malheureusement, les poubelles ne sont pas toujours à portée de bras et jeter son masque souillé dans la nature notamment sur les trottoirs, caniveaux, chaussées, espaces publics et dans les rues non revêtues devient alors une solution de facilité. Un acte déplorable auquel s’ajoute aussi le phénomène de dédouanement de responsabilité : Si les autres le font c’est que ça ne doit pas être si grave que ça. De toute façon, les agents de propreté de la société de gestion des déchets solides ménagers et de salubrité seront là pour nettoyer. Une manière de penser dévastatrice qui nourrit le cercle vicieux de la pollution car plus un lieu est sale et moins les individus en prennent soin. Les usagers jettent les masques souillés dans la nature en boycottant les risques de maladie que ces déchets peuvent créer à la population. Les trottoirs, chaussées, caniveaux et espaces publics sont devenus des récepteurs des cache-nez souillés.

Quelles sont les conséquences des masques souillés sur l’environnement ?

Le rejet des masques souillés pose un problème environnemental très préoccupant. Les usagers jettent de manière sauvage les masques souillés sur les trottoirs, chaussées, espaces publics et dans les caniveaux d’eau pluviale. Les masques souillés une fois jetés dans la nature, ils se retrouvent, soit emportés par le vent, soit par le biais du ruissellement des eaux pluviales dans les caniveaux, cours d’eau et dans les maisons en dépression. Chaque jour, la production des masques souillés augmente. Sa pollution se fait déjà ressentir dans les rues, sur les trottoirs, les conséquences seraient terribles non seulement pour les infrastructures routières, mais aussi pour la population : pollution des ouvrages, contamination des sols et des eaux, incidents, développement de germes pathogènes, émergence de maladies, risques d’épidémie. Les cache-nez que nous jetons dans la nature infligent des dégâts à nos ouvrages d’assainissement : insalubrité, pestilence, putréfaction. Autant d’effets négatifs pour l’environnement qui se répercuteront sur nous-mêmes et sur notre santé.

Est-ce que le non-respect de l’hygiène des masques est-il un risque pour la santé humaine ?

Les répercussions du non-respect de l’hygiène des cache-nez sur la santé sont énormes. Nous portons des masques pour se protéger de Covid-19, du monoxyde de carbone et autres. Si on a un malade en face de soi, le virus se dépose sur la face extérieure. Donc, en cas de manipulations multiples, il peut contaminer celui qui le porte. Concernant la face interne, nous rejetons énormément de virus et bactéries par la bouche et les narines. Nous créons ici un bon milieu de culture bactérienne, source d’une nouvelle contamination. Les bactéries de la sphère digestive peuvent ainsi contaminer la sphère respiratoire.

 

 

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